Unicef

L’Unicef dénonce l’impact meurtrier des conflits au Yémen et en Syrie sur les enfants

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) a une nouvelle fois dénoncé lundi 13 août l’impact meurtrier des conflits au Yémen et en Syrie sur les enfants. « La cruauté contre les enfants continue. Est-ce que quelqu’un s’en soucie ? », s’interroge le directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Geert Cappelaere, dans un communiqué de presse. « Il y a trois jours, dans le nord du Yémen, 21 enfants ont été tués », a-t-il rappelé. En Syrie, « au cours des 36 dernières heures, 28 enfants ont été tués à Idlib et à l’ouest d’Alep », dans le nord du pays, a-t-il ajouté. « Parmi les nombreux morts, il y a une famille de sept personnes ». « Trois établissements de santé soutenus par l’Unicef ont été attaqués. Deux d’entre eux, qui fournissent une aide aux femmes et aux enfants, sont maintenant hors service », a dénoncé M. Geert Cappelaere. « La guerre contre les enfants en Syrie met au moins un million d’enfants en danger à Idlib ».

Au Yémen, deux millions d’enfants ne sont pas scolarisés

Le conflit en cours au Yémen a de profondes répercussions sur la vie des enfants, trois ans après l’entrée en guerre de la coalition menée par l’Arabie saoudite. L’Unicef s’alarme depuis lors de la situation scolaire et de la détérioration des conditions de vie des enfants dans le pays. D’après l’agence onusienne consacrée à l’amélioration de la condition des enfants, deux millions d’enfants yéménites ne sont pas scolarisés et plus de 2500 écoles n’accueillent plus les élèves. Les écoles de ce pays en proie à la guerre ont soit subi de graves dommages matériels soit été utilisées à des fins militaires ou comme abris pour les populations déplacées. Parmi les enfants déscolarisés, au moins 2400 auraient été recrutés comme combattants.

D’après les Nations unies, la population yéménite est fortement menacée par la faim, le choléra et la diphtérie, maladie contagieuse et infectieuse touchant le système nerveux, le cœur et les voies respiratoires.

5,3 millions d’enfants en Syrie ont besoin d’une aide vitale d’urgence

En Syrie, les enfants sont les principales victimes des conflits, s’alarme l’Unicef. « Depuis mars 2011, les enfants syriens vivent la plus grande crise humanitaire du monde, d’une telle ampleur qu’elle dépasse les frontières de la Syrie. Au fur et à mesure que le conflit s’enlise, le nombre de personnes ayant besoin d’une aide vitale augmente de manière considérable », dénonce l’Unicef.
Selon les estimations, 13,1 millions de personnes ont besoin d’une aide vitale d’urgence en Syrie, dont 5,3 millions d’enfants. « Les combattants en Syrie ont parfois délibérément visé les enfants. Dans la région de la Ghouta orientale, à l’est de Damas, l’état de siège et des bombardements quotidiens ont fait des centaines de victimes. Pour beaucoup de familles, l’impossibilité de quitter cette zone oblige à composer à chaque instant avec la mort et le chaos. Dans les deux premiers mois de 2018, 1000 enfants sont morts », déplore l’Unicef. Selon l’agence onusienne, l’année 2017 a été la plus meurtrière à ce jour à cause de l’usage d’armes explosives et d’attaques dans des zones où vivent des civils. Cette même année, les Nations unies ont dénombré 175 attaques contre des établissements scolaires ou hospitaliers. Près de 3,3 millions d’enfants sont exposés à des risques d’explosion et parmi ceux qui ont été blessés, « beaucoup demeureront handicapés à vie ».

L’Unicef rappelle que le conflit a des conséquences dramatiques sur la santé mentale et le bien-être des enfants. « Être victime ou assister à des actes de violence, vivre dans la peur et l’insécurité, manquer de nourriture, de soins médicaux, être séparé de sa famille, ne pas avoir de logement, être privé d’éducation… Tout cela a un impact sur les enfants et peut provoquer de graves traumatismes. Les enfants sont confrontés à des périodes d’anxiété profonde, à la solitude, au désespoir. Les adolescents sont placés face à un avenir sans espoir, ce qui les pousse à se renfermer dans des postures agressives ou peut les mener vers la dépression. »

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer