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Malgré le meurtre de Jamal Khashoggi, l’alliance des Etats-Unis avec Riyad restera « inébranlable »

Les Etats-Unis resteront un allié et un « partenaire fiable » de Riyad, même si Donald Trump n’exclut pas que le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, ait été mis au courant de l’assassinat de l’éditorialiste Jamal Khashoggi.

L’alliance entre Riyad et Washington restera “inébranlable” et “indéfectible”, a écrit Donald Trump dans un communiqué, malgré l’assassinat de l’opposant saoudien Jamal Khashoggi, dans lequel la presse turque, notamment, estime que l’héritier saoudien du trône est impliqué.

Le correspondant de RFI aux Etats-Unis, Eric de Salve, a ainsi expliqué, citant plusieurs médias américains, que « la CIA est convaincue que Mohammed Ben Salmane a directement commandité ce meurtre ». Pourtant, le président américain a manifestement décidé de ne pas trancher la question, dont la réponse est pourtant évidente aux yeux de beaucoup d’hommes politiques de son propre camp.

“Peut-être”, “peut-être pas”

« Il se pourrait bien que le prince héritier ait eu connaissance de ce tragique événement, a écrit Donald Trump dans le communiqué. Peut-être l’a-t-il été, peut-être pas ! » « Nous ne connaîtrons peut-être jamais tous les faits », a-t-il poursuivi. Il serait ainsi stupide, soutient le milliardaire républicain, d’annuler les contrats entre Riyad et Washington : 450 milliards de dollars d’investissements saoudiens aux Etats-Unis, rappelle-t-il, évoquant “une somme record”, dont 110 milliards de dépenses militaires. Par ailleurs, sur le plan sécuritaire, l’Arabie saoudite combat « le terrorisme islamique radical » et partage un ennemi commun avec Washington : l’Iran, poursuit Donald Trump.

Le camp républicain dans la tourmente

De nombreux parlementaires du Congrès américain ont pourtant réclamé la rupture des contrats d’armement signés avec Riyad après l’assassinat de M. Khashoggi. « L’absence de protestation de Donald Trump est dénoncée, y compris parmi ses plus fidèles soutiens comme l’influent Lindsay Graham », explique RFI. « Je comprends parfaitement que nous devions traiter avec de mauvais acteurs sur la scène internationale, a tweeté le sénateur républicain, mais quand nous perdons notre voix morale nous perdons notre plus grande force. »

« Je n’aurais jamais penser voir le jour où la Maison Blanche ressemblerait à une agence de relations publiques pour le prince héritier saoudien », a de son côté martelé l’homme d’affaires et membre du Parti républicain Bob Corker, également président du Comité des Affaires étrangères du Sénat.

Son collègue et sénateur du Kentucky Rand Paul n’a, lui non plus, pas hésité à railler le président américain : « Ce n’est plus l’Amérique d’abord, mais l’Arabie saoudite d’abord », a-t-il ironisé sur Twitter. Dans un précédent tweet, le sénateur républicain a estimé que les Etats-Unis devraient arrêter de fournir à l’Arabie saoudite des “armements sophistiqués”, ces derniers étant mis à profit par le royaume sunnite dans ses multiples campagnes de  “bombardement de civils”.

N.B.

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