Merkel au Caire et à Tunis : quels sujets seraient-ils abordés ?

Merkel au Caire et à Tunis : quels sujets seraient-ils abordés ?

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Dernièrement, les rapports entre la chancelière allemande et les présidents nord-africains se sont nettement intensifiés. Même si Angela Merkel a annulé sa visite pour l’Algérie (à cause de l’état de santé du président Bouteflika), elle continue sa course dans la région avec la rencontre d’Abdel-Fattah Al-Sissi en Egypte et Béji Caied Essebsi en Tunisie.
En effet, suite à sa rencontre avec le président égyptien au Caire le 2 mars 2017, la chancelière allemande s’est envolée vers Tunis pour y rencontrer aujourd’hui le 3 mars le président Béji Caied Essebsi.
Par ailleurs, les sujets abordés ici et là ne semblent pas nouveaux, ils pourraient cependant être évoqués de manière différente. En effet, le souci de l’Allemagne et par extension de l’Europe entière est de pouvoir compter sur les pays nord africain dans les efforts de la stabilisation de la Libye. Vaste pays à la population réduite et aux ressources énormes, la Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime Kadhafi en 2011, avec plusieurs pouvoirs mis en place et qui n’arrivent tout simplement pas à s’entendre.
L’Allemagne désire par la stabilisation de la Libye non seulement mettre fin au flux migratoire important qui part en direction de l’Italie depuis les côtes libyennes mais aussi de pouvoir éventuellement investir dans ce pays demandeur en tous et qui pourrait avec ses richesses constituer un nouveau marché prospère.
La chancelière qui vise un quatrième mandat doit alors faire ses preuves pour convaincre les électeurs de la choisir de nouveau. Après avoir accueilli plus d’un million de refugiés majoritairement syriens, une décision largement critiquée, Merkel compte se racheter en tentant de trouver des solutions efficaces au problème d trafic des humains et de la migration clandestine. Les chiffres pour cette année ne sont pas du tout rassurant, puisque près de 13 400 personnes sont arrivés illégalement en Italie en janvier et en février, enregistrant une augmentation de 50 à 70% en comparaison à 2015 et 2016.
Suite à l’accord UE-Ankara en 2016, qui a permis de fermer la route migratoire du Balkan, Angela Merkel est donc à la recherche de signer un second accord au nord de l’Afrique, cette fois avec plusieurs partis, afin de mettre fin au flux des migrants.
Pour arriver à ce faire, il est indispensable de conférer une contrepartie de taille pour ses pays souffrant du chômage et du ralentissement du développement de leurs économies encore fragiles.
Pour la Tunisie, c’est l’occasion où jamais de relancer l’investissement tout en jouant un rôle important dans la région, notamment en tant que médiateur entre les dirigeants libyens en conflit. En effet, malgré les soucis diplomatiques créés depuis l’affaire Anis Amri (où l’Allemagne a accusé les autorités tunisiennes d’avoir ralenti son rapatriement), la Tunisie reste l’un des meilleurs alliés de l’UE au nord de l’Afrique, grâce à sa transition démocratique et son évolution en matière des droits de l’homme. L’ambassadeur allemand en Tunisie Andreas Reinicke, a estimé que les relations entre Berlin et Tunis « se sont améliorés dernièrement et vont encore s’améliorer ».
Pour l’Egypte, l’affaire est encore plus complexe à cause des obstacles énormes qui entravent le travail des ONG et des fondations allemandes engagées dans de développement durable des ressources humaines. D’ailleurs, la porte-parole de la chancelière Ulrike Demmer, l’a signalé en ces termes : « Vous savez que le gouvernement dans ses relations avec les gouvernements étrangers accorde beaucoup d’importance aux droits humains et au respect de l’Etat de droit ».
Notons enfin que Merkel devrait faire un discours au parlement tunisien dans lequel elle évoquera les progrès de la Tunisie en matière de gouvernance et des droits civiques.

 

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