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Quel message Khemaies Jhinaoui a-t-il apporté à Bruxelles lors du Conseil d’association entre la Tunisie et l’UE ?

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Le 11 mai 2017, le ministre tunisien des Affaires Etrangères, Khemaies Jhinaoui, était présent à Bruxelles lors du Conseil d’association entre la Tunisie et l’UE. Le ministre s’est confié au journal belge Le Soir, apportant des éclaircissements concernant son message à l’Union tout en expliquant les points de vue de la Tunisie en rapport avec certaines questions d’actualité.

Jhinaoui a affirmé l’estime et l’admiration de la Tunisie envers l’UE la considérant comme « un modèle de développement ». De même, il a indiqué que « nous nous félicitons de l’apport de l’UE dans le développement de nos institutions démocratiques ». Pour Jhinaoui, l’aide économique et le support européen à la transition démocratique tunisienne sont tout à fait louables et « appréciables ».Néanmoins, « il y a sans doute moyen de faire plus ! », d’où sa présence lors du Conseil d’association de Bruxelles visant principalement à convaincre la partie européenne de la nécessité de soutenir davantage la Tunisie, « seule rescapée du printemps arabe ».

Jhinaoui a par ailleurs fait part de ses opinions à propos de la transition tunisienne depuis 2011, le dernier discours de Béji Caid Essebsi, la crise économique et la loi de relative à la réconciliation.

Pour Jhinaoui, tout est lié. Il estime que la Tunisie a fait « des pas de géant » en ce qui concerne l’établissement d’institutions démocratiques stables. Toutefois, le double défi sécuritaire et économique a empêché les tunisiens et surtout les jeunes, de savourer à sa juste valeur le fruit de cet exploit unique dans la région. Le dernier discours de Béji Caid Essebsi vient rassurer les tunisiens sur ce double défi et la détermination de l’Etat à protéger les institutions économiques en confiant la tâche à l’armée. Cette mesure témoigne de la crainte du président que « le chaos social ne soit mis à profit par les terroristes ». Il est de ce fait nécessaire de tout mettre en œuvre pour relancer l’économie, notamment via la loi de la réconciliation économique, dont le parlement doit bientôt débattre. A propos de cette loi, Jhinaoui a expliqué que certains font intentionnellement « un amalgame » pour instrumentaliser le « dossier à des fins politiques ». Selon lui, « l’IVD fait son travail » et cette loi ne concerne nullement « Ben Ali ni les politiques qui le soutenaient ».

Concernant la Libye, Jhinaoui a rappelé les efforts de la Tunisie et sa contribution « à stabiliser » ce pays voisin. Il a de même rappelé l’initiative du président Béji Caid Essebsi, avec l’Algérie et l’Egypte, « en vue de favoriser un règlement pacifique des différends entre les protagonistes libyens ». Pour le ministre tunisien, il faut prendre en compte « l’importance géostratégique » de la Libye et l’impact direct de l’évolution de la situation dans ce pays pétrolier sur la Tunisie, sa sécurité et son économie.

Pour revenir à la question des liens tuniso-européens, Khemaies Jhinaoui a renouvelé son invitation à l’UE d’appuyer davantage le pays, ajoutant que « le prix à payer par nos partenaires en cas d’échec serait infiniment plus cher que l’aide dont nous avons besoin pour nous en sortir ».

N.B

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