anti-migrants

Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Rome contre le décret anti-migrants de Salvini

Samedi 10 novembre, des milliers de personnes venues d’une cinquantaine de villes italiennes ont manifesté dans le centre de Rome pour dénoncer le décret anti-migrants défendu par le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini. Selon un membre de l’association Emergency, le cortège aurait pu être plus dense mais plusieurs bus ont été empêchés par la police italienne de poursuivre leur chemin.

Le Sénat italien avait voté mercredi la confiance au gouvernement sur ce décret-loi sur la sécurité, très controversé, qui réorganise le système d’accueil des demandeurs d’asile et la durée des permis de séjour.

« Combattons le fascisme », « Black lives matter », « Accueil pour tous, ouvrez les frontières »… beaucoup de slogans défendaient les droits des migrants. Les manifestants, militants de la gauche radicale ou du milieu associatif, ont défilé pour dire « non à Salvini et au racisme », a expliqué l’un des manifestants à l’AFP, Sergio Serraino, membre de l’association Emergency qui vient en aide aux migrants.

Réduction des durées des permis de séjour

L’approbation par le Sénat de ce décret-loi très controversé est une première étape avant un vote définitif à la Chambre des députés, prévu fin novembre. Le texte remplace en particulier les permis de séjour humanitaires, actuellement octroyés à 25 % des demandeurs d’asile et d’une durée de deux ans, par divers autres permis, comme celui relatif à « protection spéciale », d’une durée d’un an, ou aux « catastrophes naturelles dans le pays d’origine », d’une durée de six mois.

Il prévoit de mettre en place des procédures d’urgence afin de pouvoir expulser tout demandeur se montrant « dangereux ». Il réorganise aussi le système d’accueil des demandeurs d’asile, qui étaient encore 146 000 fin octobre : ces derniers seront regroupés dans de grands centres par mesure d’économie. Dans le volet sécurité, le texte généralise l’utilisation des pistolets à impulsion électrique et facilite l’évacuation des bâtiments occupés.

Depuis l’arrivée de Matteo Salvini au pouvoir, également chef de file du parti d’extrême-droite La Ligue, les mesures anti-migrants se multiplient en Italie. Dès le mois de juin, le ministre a décidé la fermeture des ports italiens aux navires humanitaires venant en aide aux embarcations de migrants. Début octobre, Domenico Lucano, maire de Riace, connu pour ses positions favorables à l’accueil des migrants, a été arrêté et accusé d’aide à l’immigration clandestine. Il est désormais interdit de séjour dans sa propre commune.

N.B., avec agences

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer