Mohamed Charif : Mon livre « Réflexion d’un élève insoumis : Ma...

Mohamed Charif : Mon livre « Réflexion d’un élève insoumis : Ma contribution à la réforme de l’éducation » est ma revanche !

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Mohamed Mehdi Cherif, 19 ans, est un jeune tunisien qui a passé une année sabbatique juste après le bac pour se consacrer à l’activité associative et l’analyse du système scolaire tunisien. Résultat, il sort un livre institué « Réflexion d’un élève insoumis : Ma contribution à la réforme de l’éducation » qui détaille sa vision de l’éducation en Tunisie et ses idées pour l’améliorer.
Récemment, il était l’invité d’Express FM, où il a apporté des précisions sur son livre, et le choix du thème éducatif.

Il a déclaré : « J’ai eu mon bac l’année dernière au lycée international de Carthage (ISC), et j’ai décidé de consacrer l’année d’après à la société civile et au travail associatif, j’ai collaboré avec plusieurs associations et j’ai voulu lancer plusieurs projets, qui n’ont (rire) malheureusement pas abouti… puis je me suis focalisé sur l’éducation, je suis passionné par la réforme de l’éducation et j’ai fait ce livre ».

En réponse à la question, « quel était le déclic qui vous a incité à vous lancer dans cette réflexion », Mohamed a répondu : « J’ai vécu 10 ans à l’étranger et une fois en Tunisie j’ai poursuivi dans le système français… le système français ne m’a pas convenu, je me suis toujours senti un peu limité et je n’ai pas trouvé le système français extraordinaire. »

Mohamed explique que l’un de ses amis lui a expliqué à quel point il était privilégié d’être dans le système français en comparaison avec le public, c’était le déclic. Ça a engagé Mohamed en tant qu’élève dans une enquête et une analyse de 12 mois sur la question.
« Sur le plan pratique, j’ai collaboré avec plusieurs personnes via mon travail au sein de la société civile dont beaucoup intéressées par la question de la réforme de l’éducation, je cite « Wallahwecan »… et « Forum Tunisie Alternatives », dans le département Education. J’ai pu travailler avec énormément d’experts, des professeurs et des élèves de toute la Tunisie. »

En janvier 2017, avec le Forum, Mohamed a organisé l’évènement « Les élèves : une force de proposition » qui a réuni plus de 70 élèves dans des débats de deux jours autour de la question de la réforme.
« On était supposé faire parvenir un rapport au Ministère de l’Education, chose qui n’a pas eu lieu… (Mon livre), c’est une revanche contre cet échec dû à plusieurs facteurs… »

Mohamed, à demi-mot, fait allusion à un manque de collaboration de la part du Ministère, qui est septique à ce que pourrait proposer de jeunes élèves de moins de 19 ans.

Concernant le Livre, de 150 pages, il est composé de 19 chapitres et d’une conclusion, s’inspirant fortement des débats de janvier. Parmi les chapitres, on trouve : Soutien scolaire et cours particuliers, Responsabilisation et discipline, Architecture et matériel des écoles, Les influences internationales, et Ma vision : l’Education pour l’accomplissement de soi.

Mohamed explique qu’au sein de l’école, l’élève vit une rupture avec le monde extérieur, avec l’absence de vie culturelle et artistique, l’incapacité de s’informer sur la nouveauté et l’inexistence d’une continuité entre l’espace de l’école et celui du monde.
Selon lui, dans chacun des chapitres, il y a deux axes. Le premier est consacré à faire l’état des lieux du système et le second tend à proposer des solutions concrètes. De manière générale, Mohamed a mis l’accent sur la nécessité de l’ouverture de l’école à la vie réelle, associative, culturelle et sportive. Il a appelé à une interaction entre le monde de l’école et celui de la société civile via des collaborations, des spectacles, des débats et des clubs animés au sein de l’institution éducative.

Dans le chapitre VII, « Former les élites intellectuelles : alternative au pilote et au bac math », Mohamed critique la vision globale de la notion de réussite scolaire et professionnelle, qu’il a qualifiée de « limitée ». Celle-ci considère la médicine et l’ingéniorat comme étant les seules voies d’accomplissement pour un futur garanti. Cela crée un sentiment d’infériorité chez les autres élèves aux aspirations différentes et la solution d’après lui devrait être dans « la suppression des écoles pilotes et la création d’une école unique », uniforme, qui tiendra compte des différents talents des élèves.

De surcroît, Mohamed a tenté de cerner la question de la réforme dans sa globalité, évoquant même l’influence de l’espace et de l’architecture de l’institution sur la psychologie de l’élève et ses capacités cognitives.

Enfin, Mohamed a consacré le chapitre XVII, « Physiologie, neuropsychologie et éducation », à l’étude d’aspects plus subtils de l’éducation. Dans le chapitre suivant, il évoque la question des personnes aux besoins spécifiques et ceux qui souffrent de problèmes comme la dyslexie et l’autisme. Il a appelé à leur intégration pour faire face à « l’handicap social » qui empêche les élèves particuliers de s’épanouir et de révéler leurs points forts dans certaines matières.

N.B

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