Mohamed Masmoudi, ministre des affaires étrangères (1970-74) et ambassadeur à Paris(1965-70) n’est...

Mohamed Masmoudi, ministre des affaires étrangères (1970-74) et ambassadeur à Paris(1965-70) n’est plus

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Mohamed Masmoudi ministre des affaires étrangères de 1970 à 1974 et ambassadeur de Tunisie à Paris (1965-70) s’est éteint lundi 7 novembre dans sa ville natale de Mahdia. Il avait 91 ans.
Grand militant du Néo Destour dont il était devenu membre du bureau politique en 1956, il participa en tant que membre des deux cabinets de Tahar Ben Ammar aux négociations tant sur l’autonomie interne que sur l’indépendance.
Compagnon « terrible » de Bourguiba, il était limogé une première fois de son poste de secrétaire d’Etat à l’information et au tourisme (1958-60) en raison de son rapprochement avec l’équipe du journal Action, devenu Afrique Action (puis Jeune Afrique dirigé par Béchir Ben Yahmed et dont le rédacteur en chef fut Mohamed Ben Smaïl) notamment pour sa position critique à propos du procès de Tahar Ben Ammar et du « pouvoir personnel » de Bourguiba.
Nommé le 13 février 1965 ambassadeur de Tunisie en France, il avait laissé des traces indélébiles de son passage jusque dans les meubles de l’ambassade et de la résidence de la rue Barbet de Jouy à Paris qu’il avait choisis avec soin. Interlocuteur privilégié du Général Charles De Gaulle, il assista à sa réélection en décembre 1965, aux événements de Mai 1968 qui avaient ébranlé le Véme république ainsi qu’au référendum du 27 avril 1969 qu’il avait perdu et conduit à démissionner.

Le 12 juin 1970 Mohamed Masmoudi était nommé ministre des affaires étrangères succédant à Habib Bourguiba Jr nommé ministre de la Justice. Dans ce département il avait donné toute la mesure son talent. Ainsi on lui doit la reconnaissance par la Tunisie de la République populaire de Chine ainsi que des relations plus équilibrées avec les pays de l’Est. Il se préoccupa d’établir des relations fortes avec les pays du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite et l’Etat des Emirats arabes unis qui venait de naître en 1971 sous la houlette de Cheik Zayed Ibn Nahyane.
C’est finalement le projet d’union avec la Libye dont l’accord avait été signé le 12 janvier 1974 par Bourguiba et Kadhafi dans un hôtel de Jerba qui allait lui coûter son poste. Considéré comme l’instigateur de cette union mort-née il était relevé de ses fonctions le 14 janvier 1974. Sollicité par le leader libyen pour représenter ce pays à l’ONU, il avait fini par décliner l’offre car Bourguiba avait menacé de lui retirer la nationalité tunisienne.
Ami avec de nombreux chefs d’Etat arabes, il avait vécu de nombreuses années à Abou Dhabi.
Doté d’une plume raffinée dans les deux langues, il laisse un ouvrage d’une grande qualité ‘les Arabes dans la tempête’ écrit en 1977. Il y écrit une longue lettre ouverte à Bourguiba.
Mohamed Masmoudi laisse le souvenir d’un homme affable, cultivé. Un diplomate-né.
En cette pénible circonstance, nous présentons nos condoléances attristées à sa veuve, à ses enfants et à tous ses proches.

Commentaire

  1. Allah Yarhmou si Mohamed Masmoudi. Mon dernier contact avec lui c’était quand Il m’avait téléphoné au mois de Mai 1996 pour me dire qu’il revenait de Tunis et que je devrais faire attention « al jama3 est décidée à me liquider physiquement ». Cela a failli se concrétiser le 14 Mars 1997 quand j’ai été agressé pr la seconde fois. Quelques mois plus tard j’ai reçu de lui une carte postale de la Mecque. Allah Yarhmou

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