Mohammed Shtayyeh
Mohammed Shtayyeh (AFP)

Qui est Mohammed Shtayyeh, le nouveau Premier ministre palestinien ?

Dans le cadre d’un remaniement effectué par le président palestinien Mahmoud Abbas, Mohammed Shtayyeh a été nommé Premier ministre ce dimanche. Il est un allié de longue date de M. Abbas et en matière de développement et sur la scène mondiale, le responsable a montré qu’il était « un acteur sur lequel il fallait compter », estime Middle East Eye.

Le choix d’un cadre du Fatah pour cette fonction ministérielle est considéré comme une tentative de se conformer aux volontés du mouvement, lequel n’était pas satisfait de son prédécesseur, Rami Hamdallah, et n’avait jamais accepté l’ancien Premier ministre Salam Fayyad avant lui, étant tous deux jugés incompatibles avec les positions du Fatah, relève Middle East Eye. Politicien modéré, il est un fervent partisan de la solution des deux Etats, à savoir la création d’un Etat palestinien indépendant aux côtés d’Israël. Il a été ministre à deux reprises dans des gouvernements palestiniens précédents et « a également joué un rôle majeur dans les initiatives de développement économique », ajoute France 24. Pour i24News, la décision de former un nouveau gouvernement « est largement perçue par les analystes comme un moyen supplémentaire pour Mahmoud Abbas d’isoler ses rivaux islamistes du Hamas, qui dirigent la bande de Gaza ».

Un riche parcours universitaire

Mohammed Ibrahim Shtayyeh est né en 1958 dans le village palestinien de Tel, près de la ville de Naplouse, et y a vécu jusqu’à son entrée à l’Université de Birzeit, non loin de Ramallah, où il a poursuivi des études d’économie. La poursuite de ses études l’a ensuite conduit à Brighton, en Angleterre, où il a décroché un doctorat en développement économique en 1989. Il a également travaillé brièvement comme journaliste pour le journal égyptien Al-Shaab, rapporte Middle East Eye.

En 1994, il s’implique indirectement dans la politique palestinienne en cofondant le Conseil économique palestinien pour le développement et la reconstruction (PECDAR), une institution qui établit les politiques de développement de l’Autorité palestinienne. Sous le dirigeant Yasser Arafat, ce nouveau Premier ministre a assumé des responsabilités administratives et financières au sein du PECDAR, qu’il a présidé par la suite. Il a également fondé l’Institut national des technologies de l’information (NIIT) dans le but de répondre aux besoins des Palestiniens en matière de développement économique, ainsi que l’Institut national d’administration (NIA), une institution qui forme les cadres de l’Autorité palestinienne.

Actif à l’étranger

« En mars 2002, Shtayyeh a contribué à la création du Club de Monaco, un groupe informel de personnalités ayant un poids politique et cherchant à développer les relations entre les pays de la Méditerranée orientale et à apporter une solution juste au conflit israélo-palestinien », précise encore Middle East Eye.

En décembre de la même année, le responsable est devenu membre de la World Innovation Foundation, qui met l’accent sur la coopération mondiale par le biais de la recherche scientifique et technologique.

Politique palestinienne

En ce qui concerne la politique palestinienne, Shtayyeh a été élu membre du Comité central du Fatah en 2009 et, en 2010, il a pris une part importante à la conduite des négociations avec Israël à Washington. Avant cela, en tant que secrétaire général de la Commission électorale palestinienne, il avait négocié avec Israël en vue des élections présidentielle et législatives de 1996, les premières depuis les accords d’Oslo de 1993.

Il a également conduit la délégation palestinienne lors de négociations multilatérales sur la coopération économique régionale (REDWG) autour de thèmes comme le commerce, les finances, les infrastructures et le tourisme au Moyen-Orient.

Et de 1993 à 2004, M. Shtayyeh a été membre du Comité directeur des comités techniques de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Jérusalem. Homme de lettres, il est également l’auteur d’une trentaine de livres en arabe et en anglais. En 1999, le président français Jacques Chirac l’a fait Chevalier de l’ordre national du Mérite.

N.B., avec Middle East Eye

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