Mouna Aouri, la tunisienne qui a fait face au machisme asiatique en...

Mouna Aouri, la tunisienne qui a fait face au machisme asiatique en créant sa propre entreprise prospère au cœur de Singapour

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Mouna Aouri, 42 ans, ingénieure civile de formation et mère de deux filles âgées de six et de quatre ans, n’est pas une femme ordinaire. Elle a réussi à percer au cœur de l’Asie, au Japon, au Singapour et bientôt au Vietnam, dans un environnement très compétitif et surtout dominé par le machisme.
En effet, elle est la fondatrice de Woomentum, une start-up florissante fondée en 2014, dont le but est de soutenir les femmes cheffes d’entreprises grâce à des expertises et du crowdfunding. Par ailleurs, elle refuse qu’on parle de son entreprise comme une initiative sociale, vue qu’elle n’en est pas une. Elle explique : « J’aurais pu facilement obtenir au moins 200 000 $ pour faire démarrer mon projet si je l’avais lancé comme entreprise sociale, me payer un salaire et avoir une situation confortable et avantageuse », a déclaré Mme Aouri. « Mais ce n’est pas une bonne chose pour les femmes. Cela sous-entend que les femmes sont moins nombreuses dans le domaine des affaires. »
Née et élevée en Tunisie, Mouna Aouri a déménagé à Singapour en 2011.
Sans-emploi pour la première fois, elle a réalisé les défis rencontrés par les femmes qui doivent jongler avec les attentes de leurs familles et leurs propres aspirations et ambitions professionnelles.
En 2014, Mme Aouri est parvenue à fondé Woomentum avec 100 000 $ de ses économies personnelles, faites essentiellement au Japon où elle a travaillé laborieusement durant cinq ans.
A propos de son projet, Elle le décrit comme une combinaison du site communautaire de questions-réponses Quora et du site de crowdfunding Kickstarter pour les femmes entrepreneurs qui les soutient et les guide à travers les différentes étapes de leurs projets.
Mme Aouri sera membre du panel The Future is Female le 8 avril 2017, organisé par The New Savvy, un site Web qui vise à améliorer l’éducation financière des femmes. Il s’agit d’une reconnaissance importante pour ses efforts dans ce domaine.
A propos de son expérience entre la Tunisie et plusieurs pays asiatiques, elle évoque des épisodes de son travail dans un environnement dominé par les hommes, à l’époque, elle n’a jamais imaginé d’aller aussi loin de ses ambitions.
En 1999, âgée alors de 24 ans, la jeune femme a fait sa maîtrise en ingénierie au Japon grâce à une bourse d’études et y a travaillé durant cinq ans. Elle a pris la direction d’une entreprise japonaise.
Elle rapporte: «Il y avait de la confusion à chaque fois que j’entre dans une réunion, ou quand je mets l’équipement et le casque. Ils me demandent:« Vous êtes ici pour prendre des notes?
Mme Aouri est retournée en Tunisie en 2006 essentiellement pour des raisons familiales. Elle manquait terriblement à ses proches.
En Tunisie, sa passion pour le business a continué et elle a ouvert sa propre société de conseil B2B pour les entreprises d’ingénierie japonaises et françaises. En 2010, elle a participé dans le lancement de la première plateforme technologique de portefeuille mobile en Tunisie.
Le printemps arabe a frappé et les vagues de protestations ont commencé, vivant près du palais présidentiel, où plusieurs manifestations ont eu lieu, elle pouvait entendre des «coups de feu dans le coin».
A ce moment, Mme Aouri, qui vient de donner naissance à son premier enfant, Fuyubi (beauté hivernale en japonais), et son mari ont pris la décision commune de quitter la Tunisie. Son mari, qui a fait son mastère à Singapour, y a trouvé un emploi, et le couple déménagé en avril 2011 avec la petite Fuyubi.
La deuxième fille de l’union, Suraya (du nom de son ami malais proche), est née à Singapour.
Ses deux premières années à Singapour ont été marquées par le chômage et l’absence de vision. Mme Aouri a déclaré: «Mon mari avait un plan, moi, non. Être mère certainement ajouté à mon identité, mais ca ne me définit pas entièrement. »
Elle ajoute : «J’aime mes enfants, mais je m’aime aussi, et parce que je les aime, je veux leur offrir le meilleur de moi-même et mon bien-être réside dans le fait de pouvoir changer, apprendre, être positif, aller de l’avant. » Pour la brillante femme, ce sont ces valeurs-là qu’elle voudrait transmettre à ses deux filles.
Et c’est ainsi que Woomentum a vu le jour. Jusqu’à présent, il y a eu quatre événements crowdfunding, soutenant 23 start-ups. Un nouveau sera lancé au Vietnam le mois prochain.
Son mot de la fin : «Je veux voir prospérer Woomentum et toute autre initiative qui aide les femmes jusqu’à ce qu’il n’y ait plus besoin que ces organismes existent. C’est le monde que j’imagine pour mes filles. »
N.B

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