Abdelfattah Mourou, candidat d'Ennahdha à l'élection présidentielle 2019. Photo : AFP

Abdelfattah Mourou en campagne électorale à Sousse

Abdelfattah Mourou, candidat d’Ennahdha aux élections présidentielles anticipées, s’est rendu jeudi à Sousse dans le cadre de sa campagne électorale. Il a nié avoir eu connaissance de négociations qui auraient été menées au sein de son mouvement pour inciter les candidats Hamadi Jebali, Moncef Marzouki et Seif Eddine Makhlouf à se retirer de la course en faveur du candidat d’Ennahdha.

Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a appelé jeudi, dans une interview à Karama FM, les candidats Hammadi Jebali, Moncef Marzouki et Seifeddine Makhlouf à se retirer de la course à Carthage en faveur de la candidature d’Abdelfattah Mourou.

#الانتخابات_الرئاسية_2019_الكرامة_اف_امرئيس حركة النهضة راشد الغنوشي ضيف بوابة قرطاج في اطار الحملة الانتخابية لمرشح الحركة عبد الفتاح مورو للانتخابات الرئاسية السابقة لاوانها.المدة : 40 دقيقة

Publiée par Karama FM sur Jeudi 12 septembre 2019

« MM. Makhlouf et Jebali séduisent potentiellement la même base [électorale] que Mourou, raison pour laquelle leurs candidatures pourraient être préjudiciables à Ennahdha et à la révolution, a assuré Ghannouchi. « D’autant qu’ils ne disposent pas de soutiens puissants » pouvant les mener à la victoire, a-t-il ajouté. » « Je leur souhaite à tous de réussir dans cette course à la présidence et ils méritent tous de devenir des chefs d’Etat, a-t-il nuancé. « Mais en toute fraternité à leur égard, je me permets de leur dire qu’il serait souhaitable, raisonnable qu’ils se retirent » de cette compétition.

Pour l’heure, Seifeddine Makhlouf et Moncef Marzouki ont assuré ne pas avoir l’intention de retirer leurs candidatures de l’élection présidentielle, selon la radio Mosaïque FM.

En campagne électorale à Sousse, Mourou présente son programme

Lors de son déplacement à Sousse, Abdelfattah Mourou a déclaré que l’exercice de la présidence n’aurait aucun sens « sans la lutte contre la corruption » et une confrontation forte avec « ceux qui veulent remettre en question les acquis de la révolution ». Le candidat d’Ennahdha a souligné que le dédommagement des martyrs de la révolution et la nécessité de promouvoir une politique de redistribution des richesses sont au cœur de la révolution.

Il a assuré que le Président de la République, grâce à ses prérogatives constitutionnelles, peut et doit « s’attaquer aux problèmes de sécurité » en proposant des initiatives visant à « éradiquer la criminalité ». Le chef de l’Etat doit aussi veiller à ce que la loi soit appliquée avec « la rigueur requise », a affirmé le candidat d’Ennahdha.

Régime parlementaire

Dans un entretien à Middle East Eye, M. Mourou s’est dit favorable à la mise en place d’une commission qui pourrait étudier « ce qui ne marche pas dans les institutions du pays ». Cela ne deviendra « l’affaire des politiciens qu’en cas de vote, mais pour décider, il faut que les constitutionnalistes soient là ». En effet, si M. Mourou ne veut pas, lui, en tant que président de la République, changer la constitution, il préconise de « donner la possibilité aux constitutionnalistes de faire une étude exhaustive de l’application de la Constitution ces cinq dernières années ». Pour lui, le « grand dilemme », c’est que le pouvoir exécutif se trouve entre les mains de deux personnes : le président de la République et le président du gouvernement, « ce qui est très mauvais ». « Il faut limiter le plus tôt possible les prérogatives des deux présidences en faveur du renforcement d’un régime parlementaire », a-t-il affirmé.

Diplomatie équilibrée

En campagne électorale à Sousse, le candidat d’Ennahdha a souligné lors d’une réunion dans cette ville que sa ligne politique visait surtout à « permettre à la Tunisie d’évoluer dans son environnement naturel », en s’ouvrant davantage aux « cinq pays d’Afrique du Nord ». Cette diplomatie centrée sur l’Afrique ne doit toutefois pas empêcher la Tunisie d’enrichir ses « relations historiques » avec l’Europe. Toutefois, celles-ci doivent être expurgées de toute forme d’« hégemonie » et évoluer sur un « pied d’égalité ».

Unité nationale

Abdelfattah Mourou a également appelé à l’unité nationale, soulignant que le Président élu devait être « libre des attaches des factions partisanes dès le début de son mandat ». Le chef de l’Etat doit selon lui « se concentrer sur le renforcement de la sécurité et de la stabilité et attirer les investissements ».

Dans le même entretien à Middle East Eye, le candidat, en répondant à une question sur l’égalité dans l’héritage, a indiqué que « les pays démocrates […] laissent la possibilité aux gens de choisir. Prenez par exemple, les Mormons aux Etats-Unis : c’est une secte qui applique au sein d’un pays bien défini ses propres lois sur le plan de la famille. Il faut laisser la liberté du choix, c’est l’essence même de la démocratie ».

N.B.

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