Mustapha Tlili « qui avait porté haut l’étendard de son pays...

Mustapha Tlili « qui avait porté haut l’étendard de son pays dans les forums internationaux »

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C’est en ces termes que le Président de la République a décrit ce tunisien qui vient de s’éteindre à Tunis à l’âge de quatre-vingts ans après une longue lutte contre la maladie. Le Président a vu juste, car si les quelques moyens d’information tunisiens qui ont rapporté l’information sur son décès ont signalé à juste titre son œuvre littéraire et journalistique, l’aspect lié à sa présence sur le plan international n’a pas été suffisamment mis en évidence. En effet, Mustapha Tlili était parmi les premiers tunisiens à accéder à la fonction publique internationale quand celle-ci était grande ouverte à nos compétences qui ont rayonné dans de nombreux secteurs d’activité aux Nations Unies et en dehors.

Mustapha Tlili, après des études en Tunisie et en France, est entré dans le monde de la diplomatie multilatérale à la fin des années 60 d’abord par le biais d’un diplôme de l’Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche puis par l’accès à l’Organisation des Nations Unies à New York où il a gravi les échelons pour devenir haut responsable du Département de l’Information de l’Organisation. Il y a mis sa plume et ses convictions humanistes au service des causes justes, en particulier la cause palestinienne, sans jamais oublier sa vocation d’écrivain à laquelle il consacrait une bonne partie de son temps produisant coup sur coup ses romans les mieux connus, tels « la rage aux tripes », « la « montagne du lion » ou encore « un après-midi dans le désert », pour lequel il a obtenu le Comar d’or.

Les spécialistes disent que cette œuvre est marquée par le souvenir de son pays natal, la Tunisie, dont il se sentait déraciné, et plus généralement par la culture arabo- maghrébine dont il était imprégné. Cette appartenance tuniso-arabo-maghrébine s’est aussi révélée dans son comportement dans l’organisation internationale où sa « tunisianité » et son attachement à ses origines arabes et maghrébines n’ont jamais fait défaut. Et, le démocrate qu’il était, souffrant pendant les « années de plomb » de ce qu’il considérait comme une atteinte aux droits de l’Homme de ses frères et sœurs du pays natal lointain, il n’hésitait pas, à chaque visite à New York d’un haut responsable tunisien d’alors, de manifester sa peine ,voire sa colère, ce qui lui a valu un certain nombre de désagréments. Sa fidélité à la Tunisie n’a toutefois jamais cessé de se manifester comme le démontrait le contact continu qu’il maintenait avec la Mission Permanente de Tunisie auprès des Nations Unies.

Après sa retraite du travail aux Nations Unies, Mustapha Tlili s’est rappelé ses débuts de journaliste à Jeune Afrique et s’est lancé dans une carrière d’éditorialiste au grand journal de Manhattan, « le New York Times », ainsi que dans une carrière de professeur universitaire où il a dirigé avec passion un centre d’études. Dans l’une et l’autre de ces deux nouvelles missions-encore une fois à vocation internationale- il a essayé de développer le dialogue entre l’est et l’ouest, entre l’occident et le monde arabo-musulman, un monde qu’il souhaitait voir débarrassé de ses pesanteurs et de tous les extrémismes pour rejoindre de plain-pied la modernité. Modernité qu’il se dit, avant de tirer sa révérence, optimiste de voir réapparaître en Tunisie post- révolution malgré les multiples difficultés.
Ainsi, jusqu’à la fin de ses jours Mustapha Tlili est resté ce soldat discret parti très tôt de son village natal de Fériana pour rejoindre le grand large avant de revenir à son sol d’origine…. qu’il n’a jamais abandonné.
Paix à son âme et que sa famille trouve ici les condoléances les plus attristées des diplomates tunisiens dont plusieurs l’ont côtoyé et ont eu à apprécier les hautes qualités intellectuelles et morales.

A.H

 

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