Moncef Kartas

Les Nations Unies réitèrent leur appel à libérer Moncef Kartas

Le Coordonnateur résident des Nations Unies en Tunisie, M. Diego Zorrilla, a appelé jeudi, les autorités tunisiennes à «libérer l’enquêteur de l’ONU Moncef Kartas et à lui restituer tous les équipements techniques qui étaient en sa possession au moment de son arrestation» selon un communiqué de presse.

En marge de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, le responsable onusien a estimé que l’arrestation de M. Kartas a été effectuée « de manière illégale », compte tenu de son statut d’expert mandaté par le secrétaire général des Nations Unies pour effectuer un travail dans le cadre du panel des experts du comité du Conseil de sécurité des Nations unies créé par la résolution 1973 sur la Libye en 2011.

« M. Kartas a été choisi pour un troisième mandat au sein du comité onusien. Sa nationalité tunisienne n’a aucun rapport avec son arrestation, d’autant plus qu’il était en mission officielle de l’ONU« , a ajouté M. Zorilla.

Une pétition avait déjà signée par 107 personnes issues d’organisations internationales et d’ONG, demandant la libération immédiate de Moncef Kartas, détenu par les autorités tunisiennes depuis le 26 mars 2019.

Les signataires de ladite pétition considèrent la détention de Kartas comme «illégale», vu qu’il bénéficie de l’immunité en vertu de la Convention de l’ONU sur les privilèges et immunités.

Stéphane Dujarric porte-parole du secrétaire général de l’ONU,  avait déclaré le 12 avril dernier, que «l’arrestation et la détention par les autorités tunisiennes d’un membre du groupe d’experts du comité des sanctions contre la Libye, alors qu’il s’acquittait de ses fonctions officielles, suscite de vives inquiétudes».

M.Dujarric  estimait encore que «le maintien en détention de l’enquêteur par les autorités viole les privilèges et immunités dont il bénéficie et qui lui sont accordés dans l’intérêt des Nations Unies».

Sofiene Selliti, porte-parole du Pôle judiciaire de lutte antiterroriste, avait souligné dans une déclaration datée du 11 avril, que l’expert onusien soupçonné d’espionnage « ne pouvait pas bénéficier de l’immunité dans la mesure où l’affaire dont il avait fait l’objet concernait des intérêts personnels ».

En vertu de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies approuvée par l’Assemblée générale de l’ONU le 13 février 1946, avait-t-il précisé « les privilèges et immunités sont accordés aux fonctionnaires uniquement dans l’intérêt des Nations Unies et non à leur avantage personnel ».

Pour rappel, deux mandats d’arrêt avaient été émis par un juge d’instruction du tribunal antiterroriste à l’encontre de l’expert de sécurité des Nations unies Moncef Kartas et d’une autre personne de nationalité tunisienne. Ces arrestations étaient basées sur une affaire portant sur «la collecte de renseignements et données relatifs à la lutte contre le terrorisme et à leur divulgation dans des circonstances autres que celles autorisées par la loi».

Selon le ministère de l’Intérieur, l’arrestation a permis de saisir, chez les deux personnes, des documents confidentiels contenant des renseignements et des données sensibles touchant à la sécurité nationale.

S.N

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