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hassan Salamé, le chef de la Mission des Nations unies en Libye (Manul), à Tripoli le 20 mars 2019 /afp.com - Mahmud TURKIA.

Les Nations Unies tiendront une conférence en avril pour éviter une confrontation militaire en Libye

«Les Nations Unies tiendront une conférence en Libye en avril afin de discuter des élections comme moyen de sortir du conflit qui dure depuis près de huit ans dans le pays », a déclaré mercredi, un envoyé américain selon une dépêche de Reuters. Cette décision demeure néanmoins, tributaire de la présence de factions puissantes à ta table des négociations.

L’organisation mondiale s’efforce de sauver près de deux ans de médiation afin de préparer la Libye aux élections et de mettre fin à sa scission en deux administrations rivales : Une reconnue à Tripoli et une version parallèle située à l’est.

La même source stipule que l’initiative a été accompagnée  par des divisions politiques et, plus récemment, par la perspective d’un affrontement militaire. Khalifa Haftar, un commandant militaire contrôlant l’est, soutenu par l’Égypte et les Émirats arabes unis, a pris le contrôle du sud de la Libye en conquérant un territoire appartenait autrefois à Tripoli.

Ses partisans ont décrit la médiation comme une perte de temps, n’autorisant que les islamistes à l’inviter à se déplacer à Tripoli, siège du Premier ministre Fayez al-Serraj, qui n’a aucune force.

Pour tenter de reprendre l’initiative, Ghassan Salame, émissaire américain, a déclaré qu’une conférence nationale se tiendra dans la ville de Ghadames, du 14 au 16 avril, dans le sud-ouest du pays.

« Si l’occasion présentée par la Conférence nationale n’est pas saisie, nous ne serons confrontés qu’à deux options possibles: une impasse prolongée ou un conflit », a-t-il déclaré au Conseil de sécurité des Nations Unies, avant d’ajouter : « Cette impasse pourrait également conduire à un conflit ».

En novembre, Salame avait dévoilé l’idée de préparer le terrain pour les élections. Un plan initial pour organiser un vote le 10 décembre s’était déjà révélé irréaliste, vu le manque de compréhension entre les rivaux.

Mais il a fait face à la résistance de l’est et les tensions se sont de nouveau manifestées mercredi quand il a accusé l’Armée nationale libyenne (LNA) de Haftar d’avoir commis des représailles lors des combats qui ont eu lieu le mois dernier contre la ville de Murzuq, dans le sud du pays.

« Par vengeance, Quatre-vingt-dix maisons auraient été incendiées par des forces tribales placées sous le commandement de la LNA », a-t-il déclaré dans ce sens.

Haftar n’a pas dit s’il voulait marcher sur Tripoli. Mais il a laissé des troupes en faction dans le centre de la Libye pour faire pression sur Serraj en vue d’un partage du pouvoir qui ferait de lui le commandant officiel de l’armée, ont indiqué des diplomates.

« La réalité est que la faction la plus puissante … le camp de l’Est libyen dirigé par le maréchal Haftar suit une logique militaire », a déclaré Jalel Harchaoui, un analyste libyen. « Pour l’homme fort, les forums diplomatiques ne sont qu’un espace où les perdants sont invités à accepter sa dominance ».

Haftar et Serraj s’étaient rencontrés ce mois-ci pour discuter d’un accord de partage du pouvoir. La réunion a été accueillie par les Nations Unies, mais celle-ci s’est déroulée aux Émirats arabes unis, soulignant le rôle du plus gros commanditaire étranger de Haftar.

S.N

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