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Négociations au Yémen : L’ONU appelle à une trêve

Alors qu’il ne restait plus que 24 heures avant la fin prévue des négociations sur le Yémen, les médiateurs, sous l’égide des Nations Unies ont demandé mercredi, la conclusion d’une trêve entre les parties belligérantes. L’AFP, qui a relayé cette information, estime que cela constitue une étape cruciale pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire à la population.

Les médiateurs dépêchés sur place, recherchent une désescalade de la violence dans les deux principales villes en crise: Hudaida , ville portuaire sous contrôle des rebelles, essentielle à la fourniture de l’aide humanitaire et Taiz, troisième ville du Yémen mais également troisième théâtre des combats les plus intenses de la guerre.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, devait se rendre à Rimbo mercredi, pour entériner la table des négociations, ce jeudi.

Accord sur la réouverture de l’aéroport de Sanaa

Les deux parties ont convenu mercredi, de rouvrir l’aéroport de Sanaa, la capitale des Houthis, destiné aux vols intérieurs. Ils ont convenu que les vols internationaux se limiteraient à un aéroport contrôlé par le gouvernement pour des inspections, avant d’entrer ou de sortir de Sanaa.

Les deux parties doivent encore se mettre d’accord sur le fait que ces inspections aient lieu à l’aéroport d’Aden ou à celui de Sayun.

Malgré le fait que l’aéroport de Sanaa se situe en territoire houthi, son accès en est limité par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, qui contrôle l’espace aérien.

Des progrès jugés trop lents

Les représentants du gouvernement et des rebelles étaient ont émis une certaine réticence, lors des dernières négociations concernant l’aéroport de Hudaida, détenu par les rebelles, principale voie d’acheminement de 90% des importations de produits alimentaires et de près de 80% des livraisons d’aide.

Plusieurs projets de propositions ont été soumis aux deux délégations au cours de la semaine écoulée. Aucun n’a encore trouvé de consensus.

« Je pense qu’il y a des progrès, même si le processus demeure difficile et trop lent » a déclaré à l’AFP le représentant des rebelles Abdelmalik al Ajri, avant d’ajouter :  » D’un autre coté, nous sommes confrontés à l’intransigeance de l’autre camp».

Askar Zaeel, membre de la délégation gouvernementale, a déclaré que son camp resterait fidèle à la résolution 2216 du Conseil de la sécurité des Nations unies, qui demande aux Houthis de se retirer de toutes les zones saisies lors de la reprise de 2014, y compris Hudaida.

Conflit mortel

Le conflit au Yémen a fait près de 10 000 victimes, depuis que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a rejoint la guerre en 2015, estime l’Organisation mondiale de la santé, provoquant ce que l’ONU appelle «la pire crise humanitaire au monde».

En effet, les deux parties sont accusées de ne pas avoir protégé les civils. L’alliance dirigée par l’Arabie saoudite a même été mise sur une liste noire par l’ONU pour le meurtre et la mutilation d’enfants.

L’arrivée de Guterres sur la table des négociations intervient quelques heures après que son bureau ait déclaré avoir des preuves que les Houthis utilisaient des missiles fabriqués en Iran.

D’un autre coté, les monarchies du Golfe et les États-Unis accusent l’Iran de soutenir les rebelles houthis  et y voient une justification pour la campagne militaire qu’ils mènent au Yémen depuis 2015.

L’Iran soutient politiquement les rebelles mais nie leur avoir fourni des armes.

S.N

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