réfugiés syriens
Des réfugiés syriens dans le camp inondé de Delhamiyeh, au Liban, le 17 janvier 2019 © AFP, JOSEPH EID

Neige, pluie et vent : un hiver extrêmement dur pour les réfugiés syriens au Liban

Pluies torrentielles et tempêtes de neige ont transformé la plaine de la Bekaa au Liban en une redoutable étendue marécageuse et pour le moins inhospitalière pour les dizaines de milliers de réfugiés Syriens qui y sont installés depuis des années.

« C’est le pire des hivers », lâche à l’AFP Thaer Ibrahim Mohammed, muni d’un keffieh rouge et blanc sur le visage pour le protéger du froid, dans un des nombreux camps de réfugiés informels installés de manière éparse dans la Bekaa, dans l’est du Liban.

Deux tempêtes successives ont touché le pays de plein fouet en l’espace de quelques jours seulement, la dernière ayant déversé pendant plusieurs jours des pluies diluviennes et de la neige. Le fleuve Litani a débordé et inondé la vallée qui se trouve entre les massifs du Liban et de l’Anti-Liban. « On a passé toute la nuit à sortir l’eau de la tente, mais ça continuait à s’infiltrer », déplore M. Mohammed, dans le camp de réfugiés « Camp 040 ».

Comme lui, après avoir tenté de réparer leurs tentes endommagées par l’eau et le vent, les familles du camp ont dû faire face à de nouvelles intempéries et aux ravages causés par la neige et les inondations. Les abris du « Camp 040 », près du village de Delhamiyeh, témoignent de la misère qui continue de s’abattre sur eux. « Les bâches en plastique des tentes érigées sur des dalles de ciment protègent mal du vent et du gel », explique ainsi l’AFP. Son état précaire pourrait faire croire qu’il vient à peine d’être installé, mais en réalité, certains de ses résidents sont issus des premières grandes vagues de réfugiés ayant fui le conflit syrien, qui a débuté en 2011.

Aide insuffisante

Abou Ahmad, originaire de la province de Homs en Syrie, en est à son septième hiver. Pour lui, l’aide apportée aux réfugiés ne suffit pas. « Cette année, il y avait beaucoup de pluie. Mais les organisations humanitaires ont réduit leur aide », regrette-t-il, « debout sur une brique faisant office de pierre de gué au milieu d’une mare de boue », décrit l’AFP.

« Regardez par vous-même. Vous pensez que ces bâches nous permettent de rester au chaud ou d’empêcher les infiltrations d’eau ?, se plaint-il avec lassitude. Ils ne nous ont rien donné. Pas de nouvelles bâches, pas de bois, rien », dénonce le jeune homme. Chassés par la guerre qui ravage leur pays, environ 1,5 millions de Syriens se sont installés au Liban selon des statistiques officielles et plus de la moitié des réfugiés vivent d’après les Nations unies dans une « extrême pauvreté ».

Près de 24 000 personnes sont directement touchées par les conditions climatiques extrêmes, a déclaré le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), qui a assuré distribuer du matériel de réparation, des matelas et des couvertures. En plus de détruire les tentes des exilés, la tempête a inondé l’autoroute au nord de Beyrouth, entraîné la fermeture des écoles et celle de la route principale menant en Syrie.

Face aux intempéries, les agences d’aide aux réfugiés ont dû relocaliser des familles qui se sont retrouvées encore une fois sans abri. Parmi eux, Fatima, jeune réfugiée de 20 ans originaire d’Alep, qui a été contrainte d’abandonner avec sa famille la tente qu’ils occupaient. Les voisins leur ont fait une petite place sous la leur. « La tente était complètement inondée, on ne pouvait plus y vivre. Alors on a pris nos affaires et on est parti. Que pouvons-nous faire d’autre ? », dit-elle à l’AFP.

 

N.B., avec AFP

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