Le New York Times met le point sur la situation de la...

Le New York Times met le point sur la situation de la femme dans le monde arabe et le combat de la Tunisie pour l’égalité homme-femme

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Récemment, Le New York Times, inspiré par le débat qui a éclaté en Tunisie autour de l’égalité des sexes, l’héritage et le mariage de la femme musulmane avec un non-musulman, a tenté de mettre le point sur la situation générale de la femme dans le monde arabe et le défi qui attend les défenseurs des droits de la femme dans le monde arabo-musulman.


ELe New York Times met le point sur la situation de la femme dans le monde arabe et le combat de la Tunisie pour l’égalité homme-femme
Récemment, Le New York Times, inspiré par le débat qui a éclaté en Tunisie autour de l’égalité des sexes, l’héritage et le mariage de la femme musulmane avec un non-musulman, a tenté de mettre le point sur la situation générale de la femme dans le monde arabe et le défi qui attend les défenseurs des droits de la femme dans le monde arabo-musulman.
En effet, le célèbre journal américain a d’abord évoqué les progrès récents réalisés dans certains pays à l’instar de la Tunisie, de la Jordanie et du Liban en faveur de la femme. Ces progrès sont essentiellement en rapport avec l’abolition de la loi qui permettait aux violeurs d’échapper aux poursuites judiciaires en épousant la victime. En Jordanie, qui a connu en une année 36 meurtres dits « d’honneur », les législateurs ont renforcé les sentences qui étaient jusque là bien légères, comme c’est le cas dans plusieurs pays arabes.
Le New York Times a accordé une attention particulière au modèle tunisien, dont la loi adoptée récemment par le Parlement contre la violence à l’égard des femmes a été qualifiée d’ « historique » dans la région du MENA. La Tunisie a en effet renforcé les pénalités contre la violence sexuelle, tout en exigeant dans certains cas une indemnisation, un suivi pour les victimes surtout parmi les mineurs, qu’ils soient garçons ou filles.
Toutefois, le quotidien newyorkais a attiré l’attention sur le fait que les gouvernements de la région sont plus enclins à criminaliser la violence qu’à protéger les libertés. Cependant ajoute le journal,, le discours du président tunisien Béji Caied Essebsi en faveur de l’égalité et des libertés individuelles se distingue. Il a touché la partie la plus sensible du problème, notamment en appelant à l’égalité dans l’accès à l’héritage familial et en exhortant le ministère de la justice à abroger la loi interdisant aux femmes musulmanes de se marier avec des hommes non musulmans, en vigueur dans une grande partie du monde islamique.
Par ailleurs, selon le journal,l’adoption de lois révolutionnaires ne signifie pas automatiquement leur mise en application puisqu’une grande partie des juges, des policiers et des responsables de l’application de ces lois sont conservateurs. « Vous pouvez avoir les plus belles lois », a déclaré Khadija Moalla, une avocate tunisienne qui défend les droits de l’Homme, « mais si vous ne changez pas la culture, rien ne changera ».
Le défi de pays comme la Tunisie, le Liban et la Jordanie est grand dans une région où l’honneur familial prime sur les droits individuels et où le mariage est le pilier de la société, en plus d’être le seul cadre accepté pour avoir une vie commune.
L’auteur jordanien Fadi Zaghmout du best-seller « The Bride of Amman » a évoqué dans son roman la question de la pression sociale autour du mariage et ses conséquences sur les jeunes hommes et femmes.
Durant les deux dernières années, des études menées par New York Times en partenariat avec des organisations dans certains pays arabes ont révélé à quel point le conservatisme et le scepticisme à l’égard des droits des femmes sont étendus. Des entretiens avec près de 10 000 personnes âgées de 18 à 59 ans en Egypte, au Liban, au Maroc et en Palestine révèlent que plus des trois cinquièmes des hommes pensent que toute femme doit tolérer la violence au sein de la famille pour préserver l’union. Même si plus de 60% des hommes sont contre le crime d’honneur, plus de 70% indiquent que la femme, son comportement et sa façon de s’habiller affectent directement l’honneur masculin et que tout homme doit agir comme gardien des valeurs de la masculinité.
Par ailleurs, les femmes aussi soutiennent le patriarcat. Les études ont montré qu’elles sont dans certains cas plus conservatrices que les hommes. Près de la moitié des femmes de l’enquête en Egypte, au Maroc et en Palestine pensaient qu’une victime de viol devait se marier avec son agresseur. Ces attitudes minent les efforts des militants des droits des femmes et empêchent de s’attaquer à des problèmes plus complexes comme le viol conjugal et l’égalité d’accès à l’héritage que la Tunisie a pourtant abordé.
D’après l’enquête, les générations nouvelles d’hommes ne semblent pas plus ouvertes que les générations d’avant, au Maroc, en Egypte et en Palestine, contrairement à celles des femmes qui sont bien plus ouvertes et éduquées que leurs mères. Salma Nims, secrétaire générale de la Commission nationale jordanienne pour les femmes a déclaré que cela est dû essentiellement à la mauvaise éducation et à « comment les idées de masculinité sont en train d’être construites ». Elle a aussi évoqué le chômage et l’incapacité de se marier pour des raisons essentiellement financières comme des facteurs cultivant le souci des hommes pour leur honneur.
Aujourd’hui, très peu d’associations dans le monde arabe tentent de sensibiliser les hommes à la mutation de la société. L’effort demeure restreint à quelques groupes qui permettent de se sentir en communauté plutôt que d’agir sur la société.
La Tunisie fera ainsi face à un double problème pour faire valoir les droits des femmes, celui du conservatisme d’une partie de la société et celui de son contexte régional, défavorable à ce genre d’initiative.
N.B

En effet, le célèbre journal américain a d’abord évoqué les progrès récents réalisés dans certains pays à l’instar de la Tunisie, de la Jordanie et du Liban en faveur de la femme. Ces progrès sont essentiellement en rapport avec l’abolition de la loi qui permettait aux violeurs d’échapper aux poursuites judiciaires en épousant la victime. En Jordanie, qui a connu en une année 36 meurtres dits « d’honneur », les législateurs ont renforcé les sentences qui étaient jusque là bien légères, comme c’est le cas dans plusieurs pays arabes.


Le New York Times a accordé une attention particulière au modèle tunisien, dont la loi adoptée récemment par le Parlement contre la violence à l’égard des femmes a été qualifiée d’ « historique » dans la région du MENA. La Tunisie a en effet renforcé les pénalités contre la violence sexuelle, tout en exigeant dans certains cas une indemnisation, un suivi pour les victimes surtout parmi les mineurs, qu’ils soient garçons ou filles.

Toutefois, le quotidien newyorkais a attiré l’attention sur le fait que les gouvernements de la région sont plus enclins à criminaliser la violence qu’à protéger les libertés. Cependant ajoute le journal,, le discours du président tunisien Béji Caied Essebsi en faveur de l’égalité et des libertés individuelles se distingue. Il a touché la partie la plus sensible du problème, notamment en appelant à l’égalité dans l’accès à l’héritage familial et en exhortant le ministère de la justice à abroger la loi interdisant aux femmes musulmanes de se marier avec des hommes non musulmans, en vigueur dans une grande partie du monde islamique.

Par ailleurs, selon le journal,l’adoption de lois révolutionnaires ne signifie pas automatiquement leur mise en application puisqu’une grande partie des juges, des policiers et des responsables de l’application de ces lois sont conservateurs. « Vous pouvez avoir les plus belles lois », a déclaré Khadija Moalla, une avocate tunisienne qui défend les droits de l’Homme, « mais si vous ne changez pas la culture, rien ne changera ».

Le défi de pays comme la Tunisie, le Liban et la Jordanie est grand dans une région où l’honneur familial prime sur les droits individuels et où le mariage est le pilier de la société, en plus d’être le seul cadre accepté pour avoir une vie commune.

L’auteur jordanien Fadi Zaghmout du best-seller « The Bride of Amman » a évoqué dans son roman la question de la pression sociale autour du mariage et ses conséquences sur les jeunes hommes et femmes.

Durant les deux dernières années, des études menées par New York Times en partenariat avec des organisations dans certains pays arabes ont révélé à quel point le conservatisme et le scepticisme à l’égard des droits des femmes sont étendus. Des entretiens avec près de 10 000 personnes âgées de 18 à 59 ans en Egypte, au Liban, au Maroc et en Palestine révèlent que plus des trois cinquièmes des hommes pensent que toute femme doit tolérer la violence au sein de la famille pour préserver l’union. Même si plus de 60% des hommes sont contre le crime d’honneur, plus de 70% indiquent que la femme, son comportement et sa façon de s’habiller affectent directement l’honneur masculin et que tout homme doit agir comme gardien des valeurs de la masculinité.


Par ailleurs, les femmes aussi soutiennent le patriarcat. Les études ont montré qu’elles sont dans certains cas plus conservatrices que les hommes. Près de la moitié des femmes de l’enquête en Egypte, au Maroc et en Palestine pensaient qu’une victime de viol devait se marier avec son agresseur. Ces attitudes minent les efforts des militants des droits des femmes et empêchent de s’attaquer à des problèmes plus complexes comme le viol conjugal et l’égalité d’accès à l’héritage que la Tunisie a pourtant abordé.

D’après l’enquête, les générations nouvelles d’hommes ne semblent pas plus ouvertes que les générations d’avant, au Maroc, en Egypte et en Palestine, contrairement à celles des femmes qui sont bien plus ouvertes et éduquées que leurs mères. Salma Nims, secrétaire générale de la Commission nationale jordanienne pour les femmes a déclaré que cela est dû essentiellement à la mauvaise éducation et à « comment les idées de masculinité sont en train d’être construites ». Elle a aussi évoqué le chômage et l’incapacité de se marier pour des raisons essentiellement financières comme des facteurs cultivant le souci des hommes pour leur honneur.
Aujourd’hui, très peu d’associations dans le monde arabe tentent de sensibiliser les hommes à la mutation de la société. L’effort demeure restreint à quelques groupes qui permettent de se sentir en communauté plutôt que d’agir sur la société.

La Tunisie fera ainsi face à un double problème pour faire valoir les droits des femmes, celui du conservatisme d’une partie de la société et celui de son contexte régional, défavorable à ce genre d’initiative.


N.B

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