New York Times signale la relance progressive du secteur touristique en Tunisie

New York Times signale la relance progressive du secteur touristique en Tunisie

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Récemment, le fameux quotidien américain The New York Times, a consacré tout un article à la Tunisie, plus précisément à la relance de son secteur touristique, en recueillant les témoignages de touristes d’origines différentes, qui ont décidé de visiter la Tunisie et d’y passer leurs vacances.

Simon Marsov, consultant en gestion âgé de 25 ans, venant de Moscou, s’est rendu à la station balnéaire de Sousse parce qu’il voulait faire l’expérience d’un séjour à l’étranger à petit prix.
Lalioui Faouzi, dentiste de 26 ans originaire d’Alger, a déclaré quant à lui qu’il faisait 11 heures de route pour se rendre à Hammamet, car les hôtels là-bas étaient moins chers que ceux en Algérie, les plages plus agréables et pour lui en tant qu’algérien, nul besoin de visa.

En 2016, le nombre de visiteurs en provenance de l’Algérie et de la Russie a explosé. Ils ont contribué à sauver la saison touristique après les attaques terroristes en logeant dans les hôtels riverains de la Tunisie.
Les Européens quant à eux ont continué à fuir en grande partie la Tunisie. Toutefois, maintenant, ils ont commencé à revenir suscitant l’espoir de ce secteur vital et apportant la preuve de la sécurité du pays.

Les principaux tours opérateurs Thomas Cook et TUI Group affirment qu’ils connaissent un nombre croissant de réservations en provenance de la France et de l’Allemagne pour la destination tunisienne, qui sont traditionnellement les plus grandes sources européennes de touristes. Certains hôtels, à l’instar du Golden Tulip Carthage, disent qu’ils sont aussi occupés qu’ils ne l’étaient avant la révolution de 2011. La situation sécuritaire s’est de même améliorée, et le nombre de touristes a augmenté de plus d’un tiers durant ce premier trimestre, comparé à l’année dernière.

L’année dernière, le nombre total de visiteurs étrangers de la Tunisie, carrefour de cultures arabes, africaines et européennes, n’a pas dépassé les 4.5 millions. Cette année, on s’attend à 6.5 millions selon les estimations du ministère du Tourisme, on s’approche ainsi des 6.9 millions qui ont visité la Tunisie en 2010, un an avant la révolution.

Entre 2013 et 2014, le tourisme a repris. Cependant, les croisières ont cessé de faire des escales en Tunisie lorsque leurs passagers ont été parmi les 21 victimes de l’attaque de Bardo survenue en mars 2015. Trois mois plus tard, 38 baigneurs dont 30 d’entre britanniques – ont été abattus un seul assaillant dans une station balnéaire près de Sousse.

Depuis, la Grande-Bretagne a imposé une interdiction de voyage toujours en vigueur, les États-Unis quant à eux, ont mis en garde contre les voyages dans certaines parties de la Tunisie, comme la région du sud-est, frontalière avec la Libye.
« Ce fut un coup dur », a déclaré Zouhair Mbarek, de Batouta Voyages & Events qui organisait des visites culturelles pour les touristes occidentaux et japonais.

Dans ce contexte, Mbarek a déclaré que son entreprise était en crise jusqu’à la fin de l’été dernier, lorsque les touristes chinois ont commencé à venir. Aoujourd’hui, Batouta reçoit des groupes de de 20 à 30 touristes par semaine qui passent leurs vacances à Douz et visitent des villes comme Kairouan, réputée pour sa mosquée et ses monuments aghlabides. Par ailleurs, un agent de Hong Kong s’est engagé à envoyer sept groupes dans les mois à venir, une bonne nouvelle pour le professionnel tunisien du tourisme. Son business se redresse progressivement, mais pour lui : « Le tourisme ne se rétablira pas tout à fait en Tunisie jusqu’à ce que la Libye revienne au calme ».

La Tunisie a compté durant des décennies sur un tourisme classique low cost destiné aux occidentaux. Aujourd’hui, le pays apprend à exploiter d’autres ressources qu’il a longtemps ignoré comme le tourisme culturel, et s’ouvre à de nouveaux marchés comme ceux de l’Asie et de l’Europe de l’Est, sans oublier le recourt à la numérique dans la commercialisation de la destination tunisienne. Par ailleurs, la présence des officiers en uniforme dans les zones touristiques prouve le renforcement sécuritaire qui a réussi à stabiliser la situation. Les agents sécuritaires des hôtels sont aussi équipés de matériel haut de gamme pour assurer la sécurité des établissements touristiques.
La police surveille également les itinéraires des touristes qui se rendent dans des sites historiques comme les ruines romaines de l’ancienne ville de Dougga, au sommet de la montagne.

Les professionnels du tourisme ont mis davantage l’accent sur la promotion de sites comme Dougga et l’amphithéâtre bien conservé d’El Jem, l’un des plus grands de l’Empire romain et inspiré du Colisée à Rome. Ils cherchent à attirer plus de visiteurs internationaux à des événements comme le festival de musique annuel de Carthage celui de musique électronique au Sahara près de Tozeur, où l’un des films « Star Wars » a été tourné. Aussi, ils utilisent davantage les médias sociaux comme Instagram et Twitter pour faire connaitre la richesse culturelle et naturelle du pays.

Les efforts visant à attirer les Russes ont été particulièrement fructueux, avec une augmentation de plus de dix fois des touristes l’année dernière. Nous parlons de 623 000 russes ayant visité la Tunisie en 2016.

Au printemps dernier, Abdellatif Hamam, alors chef de l’Office national de tourisme en Tunisie, a amené 440 agents de voyages russes en Tunisie pour les choyer dans les hôtels de l’île de Djerba, leur montrer les nouvelles patrouilles armées et les persuader de commencer à organiser des visites. En 2015, la crise diplomatique de la Russie avec la Turquie et les problèmes avec l’Egypte ont joué en faveur de la Tunisie. Marsov, le touriste russe, a séjourné en Turquie quelques années auparavant, mais il a été tellement impressionné par la Tunisie qu’il envisage d’y revenir. Il a affirmé qu’il reste « comme une méduse sur la plage », profitant du forfait all inclusive. Pour 500$, Marsov passe neuf jours dans un hôtel à Sousse, et passe une journée au désert et une autre à Carthage, il voit la Tunisie comme un pays « un peu sauvage mais attrayant ». Comparé à Burkina Faso où il compte travailler pour un moment, « la Tunisie est comme la Suisse ».

Au Golden Tulip Carthage, les réservations ont débuté l’été dernier, en partie parce que le directeur général, Ghassan Jana, a poursuivi de nouveaux marchés, hébergeant des agents de voyages d’Irak et de sa Jordanie natale. Mais surtout, parce que «nous vendons de la sécurité et non des chambres».

L’hôtel, populaire auprès des hommes d’affaires internationaux, des diplomates européens et des dignitaires du Moyen-Orient, compte des installations de caméras de sécurité et des gardes privés, en plus des policiers stationnés tout au long de la route qui y mène.
Les réservations ont continué à s’améliorer au cours de l’automne dernier et sont maintenant de retour au niveau d’avant la révolution, avec 85 à 90% de chambres occupées.

N.B

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