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Nouvelles sanctions américaines contre l’Iran

Après un premier volet de sanctions économiques entrées en vigueur le 6 août, qui visaient notamment certaines transactions financières et le secteur automobile, Washington s’attaque désormais au pétrole iranien. Les Etats-Unis ont ainsi décidé le rétablissement, ce lundi 5 novembre, de sanctions sévères contre le secteur pétrolier de Téhéran, afin de contraindre l’Iran à s’engager dans des négociations sur l’arrêt de ses programmes d’énergie nucléaire et de missiles balistiques, et à mettre fin à son soutien aux groupes armés chiites qui prennent part à différents conflits au Moyen-Orient. « Ces sanctions ont un but évident, a expliqué le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo. Empêcher le plus grand soutien du terrorisme au niveau mondial de faire ce qu’il a fait ces dernières semaines, comme ces tentatives d’attentat au cœur de l’Europe. Ces sanctions ont déjà eu un énorme impact. Nous avons déjà fait baisser la production de pétrole brut iranien de plus d’un million de barils par jour, et ce nombre va encore augmenter. »

La majeure partie des sanctions internationales contre l’Iran, troisième exportateur mondial de pétrole, ont été levées au début de 2016 dans le cadre de l’accord de Vienne, conclu en juillet 2015, par lequel l’Iran avait accepté de revoir à la baisse son programme d’enrichissement d’uranium, considéré par beaucoup comme destiné à doter l’Iran de l’arme atomique. Mais Donald Trump estime que l’accord de 2015, conclu sous la présidence démocrate de Barack Obama, est biaisé en faveur de l’Iran. Les autres signataires, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine, ont pour leur part souhaité rester parties prenantes.

La Chine, l’Inde, la Corée du Sud, le Japon et la Turquie, tous importateurs de pétrole iranien, font partie d’une liste de huit pays qui seront pour le moment exemptés de sanctions afin que les prix du pétrole brut ne s’effondrent pas.

Les autres pays qui bénéficient d’une dérogation sont la Grèce, la Turquie et Taïwan, a annoncé, lundi, Mike Pompeo, promettant une pression « implacable » tant que le régime iranien n’aura pas pris « un virage à 180 degrés » dans son comportement « déstabilisateur » au Moyen-Orient.

« L’Iran est un pays très différent aujourd’hui »

Lors d’un déplacement dans le Tennessee dimanche, le président américain Donald Trump a estimé que sa politique de pression contre l’Iran était une réussite. « L’Iran est un pays très différent aujourd’hui qu’il ne l’était lorsque j’ai pris mes fonctions […] Ils voulaient mettre la main sur tout le Moyen-Orient. Aujourd’hui, ils veulent juste survivre », a-t-il déclaré lors d’un rassemblement, à quelques jours des élections de mi-mandat.

Le président iranien, Hassan Rohani, a assuré que son pays allait « contourner avec fierté » la nouvelle salve de sanctions économiques américaines. « J’annonce que nous allons contourner avec fierté vos sanctions illégales et injustes car elles vont à l’encontre du droit international », a ainsi affirmé le président iranien dans un discours télévisé.

Plus tôt dans la journée, des milliers d’étudiants iraniens ont manifesté leur colère lors d’un défilé à Téhéran en criant « mort à l’Amérique ! », pour marquer à la fois l’anniversaire de la prise de l’ambassade des Etats-Unis lors de la révolution islamique de 1979 et protester contre le rétablissement des sanctions.

Flambée des prix

L’économie du pays est déjà fortement ébranlée par les premières sanctions américaines qui ont fait chuter la valeur de la monnaie iranienne. Un dollar américain valait près de 40 000 rials en début d’année, il vaut aujourd’hui environ quatre fois plus, une dépréciation monétaire qui a fortement impacté le prix des produits de première consommation, explique RFI.

Le média français, interrogeant un jeune peintre de bâtiment, explique que celui-ci, comme beaucoup d’autres citoyens, craint une aggravation de la situation avec les nouvelles sanctions. « Durant cette période, les choses ont beaucoup changé. Le prix a été multiplié par deux ou trois. Les gens touchent le même salaire qu’avant, mais tout a augmenté par trois ou quatre. C’est difficile. Si on gère correctement les affaires, cela n’aura pas beaucoup d’effet, mais si on continue comme ça, ce sera beaucoup plus difficile qu’aujourd’hui », a-t-il expliqué à RFI.

Globalement, les Iraniens craignent que leur pays soit victime d’un arrêt total des exportations de pétrole, ce qui réduirait considérablement les moyens financiers du gouvernement, rapporte le correspondant à Téhéran de RFI, Siavosh Ghazi. « L’objectif des Etats-Unis est de réduire à zéro les exportations de pétrole et les rentrées pétrolières de l’Iran, qui représentent une grande partie des revenus du gouvernement », indique-t-il.

Une autre jeune Iranienne a elle expliqué que « beaucoup de [ses] amis ont quitté l’Iran ». « J’ai plus d’amis à l’étranger qu’ici. Je le vis comme un drame. Mais moi personnellement je crois que quitter l’Iran ne résout aucun problème. J’aime l’Iran, je reste ici et je prône le changement. J’invite les gens à s’occuper davantage des questions environnementales, à mieux respecter les lois, à se cultiver… Je fais de mon mieux. Durant plusieurs années, beaucoup ont essayé d’améliorer les choses mais ils ont perdu espoir et finalement ils sont partis, ils ont quitté le pays. On ne peut pas les empêcher de partir, ici l’avenir est incertain », regrette-t-elle.

N.B., avec agences

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