Omar al-Bachir
Sudan’s President Omar Al Bashir addresses the nation during the 62nd Anniversary Independence Day at the Palace in Khartoum, Sudan December 31, 2017. REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah.

Omar al-Bachir : « Les manifestants tentent d’imiter les soulèvements du printemps arabe »

Les manifestants soudanais tentent de reproduire les soulèvements du printemps arabe qui ont secoué la région en 2011, a déclaré dimanche le président Omar al-Bachir lors d’une visite en Egypte, a rapporté hier l’agence Reuters.

Le président al-Bachir fait face à ce qui semble être plus lourd des défis qui se sont imposés au Soudan depuis son arrivée au pouvoir à l’issue d’un coup d’Etat en 1989. Des manifestants se sont presque quotidiennement rassemblés dans tout le pays pour demander la chute de son pouvoir.

La visite d’al-Bachir en Egypte voisine est son deuxième déplacement à l’étranger depuis le début des troubles qui sévissent dans le pays depuis le 19 décembre. Il s’était également rendu au Qatar auparavant. S’exprimant aux côtés de son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, le dirigeant soudanais a accusé des « organisations nuisibles » et occultes de s’être employées à déstabiliser la région.

« Nous ne prétendons pas qu’il n’y a pas de problème, mais ces derniers ne sont pas de la taille ou des dimensions décrites par certains médias. C’est une tentative de copier le mouvement du printemps arabe au Soudan car ce sont les mêmes slogans, les mêmes appels et la même très large utilisation des médias sociaux », a-t-il notamment affirmé, ajoutant que « le peuple soudanais est alerte et ne permettra aucune intrusion ou tentative de déstabilisation de la sécurité du Soudan ».

A Khartoum, les autorités ont tenté de disperser un certain nombre de sit-in qui ont eu lieu sur les places publiques en réponse à un appel à manifester lancé par une association de professionnels. Les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur les manifestants réunis au cours d’au moins quatre sit-in, tandis que dans d’autres rassemblements, les manifestants ont tenté de bloquer les rues secondaires menant aux principales places.

Les manifestations secouent les villes soudanaises, un mort de plus

L’un des slogans utilisés par les manifestants soudanais, « Le peuple veut la chute du régime », avait été rendu célèbre par les soulèvements en Tunisie, en Egypte et dans d’autres Etats arabes. « Les forces de sécurité soudanaises ont déployé des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles réelles pour disperser les manifestations, et ont arrêté des centaines de personnes », explique l’agence Reuters.

Selon les autorités, au moins trente personnes sont mortes dans les troubles, tandis que des groupes de défense des droits de l’homme et des représentants de l’opposition ont déclaré qu’au moins 45 ont été tuées. Al-Sissi, président de l’Egypte depuis 2014, a déclaré qu’il travaillait à rétablir la stabilité après les troubles provoqués par le soulèvement dans le pays il y a huit ans. Il a par ailleurs déclaré que la visite de Omar al-Bachir était « l’aboutissement des nombreux efforts que nous avons déployés au cours de l’année écoulée pour renforcer les relations bilatérales ».

La plupart des pays arabes n’ont pas signé les accords de la Cour pénale internationale qui a lancé deux mandats d’arrêt contre le président soudanais pour « crimes contre l’humanité » et « génocide » au Darfour. La visite du président soudanais apparaît comme une quête d’un « soutien symbolique dont [il] a besoin pour tenter de faire face à la violente contestation qui réclame son départ au Soudan », commente pour sa part le média français RFI.

Selon le journaliste soudanais Rashid Saeed, le président soudanais cherche des soutiens régionaux. « En Egypte, je pense que le président Bachir cherche surtout un soutien politique. Il cherche aussi à demander à l’Egypte d’intervenir auprès des Emirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite qui, pour le moment, n’ont pas voulu prêter main forte au régime d’Omar al-Bachir et accorder une aide financière, malgré le fait que le général el-Bachir a envoyé des troupes au Yémen », a-t-il expliqué à RFI. « Ce nouveau déplacement d’Omar al-Bachir à l’étranger depuis le début de la contestation – après le Qatar la semaine dernière -, est la preuve que le président soudanais ne craint pas d’être lâché par l’armée », a-t-il ajouté.

N.B., avec Reuters

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