Déconfinement : la prudence est de mise, estime le représentant de l’OMS en Tunisie

L’évolution des indicateurs de la situation épidémiologique en Tunisie au cours de la seconde quinzaine de mai doit être suivie avec la plus grande prudence afin d’évaluer les risques d’une éventuelle seconde vague du nouveau coronavirus dans le pays, a déclaré le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Tunisie Yves Souteyrand.

Dans une interview accordée à l’agence TAP, le responsable de l’OMS en Tunisie, Yves Souteyrand, a indiqué qu’il était encore difficile à ce stade de prévoir si une deuxième vague de l’épidémie du nouveau coronavirus pourrait toucher la Tunisie. « Si les gestes barrières incluant la distanciation sociale recommandés par l’OMS ne sont pas respectés, le risque d’une nouvelle propagation du virus va évidemment augmenter. Il faudra entre 7 jours et 2 semaines pour faire état du nombre de cas d’infection confirmés, si un système de dépistage opérationnel est en place », a-t-il mis en garde.

« Nous ne sommes pas à l’abri »

« Nous ne sommes pas à l’abri d’une seconde vague plus forte », a-t-il encore prévenu, et si elle advenait, celle-ci aurait des « conséquences graves, notamment pour le système de santé, si les efforts déployés jusqu’à présent ne sont pas poursuivis ». Pour lui, faute de moyens, le système de santé tunisien ne pourra pas faire face à une forte épidémie, d’où la nécessité de continuer à « briser les chaînes de transmission du virus » et de développer les capacités de dépistage pour identifier les cas positifs.

M. Souteyrand a toutefois estimé que la Tunisie pourrait largement relever le grand défi du déconfinement si les mesures prises par le gouvernement continuaient d’être respectées et si le travail de traçage, d’identification et de recherche des cas de contamination était pleinement assuré. Les porteurs du virus et les personnes ayant été en contact avec eux « doivent accepter l’auto-isolement dans des structures dédiées pour rompre les chaînes de transmission du virus dans leur environnement familial », a-t-il poursuivi.

Le représentant de l’OMS a par ailleurs salué les indicateurs de la situation épidémiologique en Tunisie, rappelant que le pays « a eu la chance » d’opposer très tôt une réponse à la propagation du covid-19 dans le monde. Il a ainsi rappelé que depuis le 2 mars 2020, date d’enregistrement du premier cas en Tunisie, « un large processus d’identification, d’isolement et de prise en charge a été mis en place en Tunisie ». Pour lui, il s’agit simplement de se rendre compte que la réussite de la première phase de déconfinement ciblé entamé le 4 mai « ne doit pas être considérée comme la fin de l’épidémie ». Nous passons par « un moment très critique dans la gestion du coronavirus », a-t-il tenu à souligner.

Rassurants, les chiffres mettent en relief un nombre d’infections relativement bas, environ un millier, mais selon lui, « il existe certainement des cas non signalés » et des porteurs asymptomatiques.

Accepter de change de mode de vie

La courbe des cas de contamination, au lieu d’être exponentielle comme elle l’a été dans de nombreux pays, a été « linéaire en Tunisie », et prend maintenant une forme de léger aplatissement, malgré les préoccupations que suscitent certaines régions comme le Grand Tunis, Kebili et Médenine, où « il existe des grappes épidémiques », a-t-il ajouté. L’enjeu est surtout, souligne le représentant de l’OMS, de comprendre que la pandémie du Covid-19 « laissera une forte empreinte sur le système sanitaire et la situation socio-économique » en Tunisie. Elle devra aussi amener à modifier, au moins temporairement, le mode de vie des personnes, celles-ci étant plus que jamais appelées à respecter la distance sociale pour éviter le risque de contracter le virus.

N.B., avec TAP

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