Ons Mamai Hamdi Hached et Chokri Cherif, trois profils de tunisiens qui...

Ons Mamai Hamdi Hached et Chokri Cherif, trois profils de tunisiens qui ont excellé à l’étranger après que la Tunisie les ait délaissé

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Du conseiller au gouvernement allemand à la lauréat d’un prix scientifique à Washington, en passant par le jeune inventeur de biocarburant en Malaisie, il s’agit de tunisiens qui ont en commun leur talent, leur ambition et leur dévouement dans leur domaines de recherches respectifs. Toutefois, ces qualités ne sont pas les seuls points à les réunir, tous en effet ont été rejetés par la Tunisie.
Ons Mamai, docteur en biologie, primée à Washington
Récemment, les tunisiens ont appris l’existence d’une certaine Ons Mamai, docteur en Biologie et lauréat du prix Ibn Khaldoun 2017 à Washington. Au sein d’une équipe Singapourienne aux USA, Ons est parvenue à découvrir le gène responsable d’une maladie génétique de la peau. A son retour avec son prix, aucun responsable n’était là pour l’accueillir. Dans une interview accordée à Attessia TV, elle nous a expliqué qu’une fois sa thèse est finalisée, elle a cherché un poste de professeur, partout, et qu’à chaque fois, la réponse était non, car « elle était sous-qualifiée ». La jeune doctorante dans sa détresse, a cherché à contacté les universités étrangères. Un email puis un entretien par Skype de 30min, lui a valu une place à l’Université de San Francisco. Depuis, sa carrière a décollé.
Chokri Cherif, conseiller auprès du gouvernement allemand dans la recherche
Chokri Cherif, invité de l’émission « Dhaif wa Hkeya » diffusé sur DW Arabia (chaîne allemande), est un chercheur qui s’est trouvé dans le même cas. En effet, après avoir fait ses études supérieures en Allemagne, il décida de contacter les ministères et sociétés tunisiennes afin de trouver un poste et revenir s’installer au pays. Le mutisme et l’indifférence de ces derniers ont fini par le convaincre qu’il fallait rester en Allemagne. Des entreprises du calibre de Mercedes, Pirelli et BMW l’ont hautement sollicité pour qu’il intègre leurs équipes, il a fini par choisir un laboratoire de hautes recherches technologiques où il a enregistré 230 brevets. Ses compétences lui ont valu le poste de conseilleur en matière de recherche au sein du gouvernement allemand.
Hamdi Hached, inventeur d’un biocarburant à base d’algues maritimes
Venant enfin au cas de Hamdi Hached, ingénieur tunisien particulièrement créatif qui a obtenu son brevet en 2009 pour son invention d’un biocarburant à base d’algues maritimes. Comme pour les cas précédents, les autorités tunisiennes ont ignoré ses découvertes et son potentiel, ce qui l’a poussé à partir. Il a d’ailleurs déclaré à ce sujet : « je n’ai eu aucun encouragement pour faire de mon rêve une réalité et pour valoriser mon exploit scientifique ». Son passage à une émission dédiée à la science « Noujoum Ouloum » (qui se traduit par Stars de la science) et sa participation avec un projet de transformation des déchets animaux en énergie lui ont permis de s’ouvrir. Son rêve initial a fini par se réaliser, mais en Malaisie, où la compagnie aérienne Malysia Airlines effectue des vols expérimentaux en utilisant le biocarburant de Hached. Un hectare d’algues est en effet capable de produire 2700 litres de biocarburant.
Que ça soit Ons, Chokri ou Hamdi, il s’agit de tunisiens qui ont excellé à l’étranger, après que les autorités du pays leur ont presque montré la porte de la sortie. Aucun d’entre eux n’envisageait de partir à la base, mais l’absence d’intérêt et d’encadrement pour leurs compétences ne leur a pas laissé le choix. La fuite des cerveaux davantage accentuée devrait sonner l’alarme sur la situation des jeunes en Tunisie, toujours relégués au second plan, comme s’il ne s’agissait aucunement de l’avenir du pays.

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