Opinion : A quoi faut-il s’attendre au cours des six prochains mois ?

Par Ali Hachani, ancien Ambassadeur
La guerre contre le Coronavirus n’est pas terminée que le monde commence déjà à craindre une autre guerre, classique celle-ci mais non moins virulente. Nous entendons de plus en plus d’observateurs avertis signaler l’intention prêtée à certains dirigeants et non des moindres de provoquer une conflagration armée avec un ou plusieurs ennemis réels ou présumés :Ce serait pour régler un vieux conflit idéologique, pour gagner ou regagner une place prépondérante sur l’échiquier des puissances mondiales, pour marquer un point dans la bataille commerciale et financière que le modèle traditionnel de mondialisation a engendré ou tout simplement pour améliorer les chances d’un dirigeant appelé à mener une bataille électorale rude après avoir dilapidé les chances qu’il avait par des décisions approximatives et un excès d’assurance.
Les pronostics vont bon train quant aux motifs exacts de cette avancée apparemment inexorable vers l’irréparable que certains voient pour un avenir proche. Doit-on prendre au sérieux ces pronostics et le monde doit-il se préparer à une nouvelle crise locale ou généralisée après la crise de la pandémie ? Difficile de l’affirmer avec certitude, mais des prémices inquiétantes existent. Qu’on en juge :
Deux grandes puissances nucléaires, l’une au point le plus extrême de l’Occident, l’autre au point le plus extrême de l’Orient se narguent depuis des mois sur les raisons de l’apparition du Coronavirus mortel : Le premier montre du doigt le deuxième pour être à l’origine du mal et de l’avoir longtemps caché au monde le menaçant des pires conséquences et envoyant ses navires de guerre se pavaner tout près de ses eaux territoriales. Le second réplique en jetant à l’autre des accusations allant de la négligence à l’arrogance et promettant une réaction violente à toute nouvelle incursion navale. Entre-temps le conflit commercial, un moment promis à une solution satisfaisante pour les deux parties est remis aux « calendes grecques » et les énormes avoirs financiers placés en toute confiance dans des bons de trésor risquent soudainement d’être expropriés. Autant d’ingrédients d’un paysage explosif qui risque de dégénérer dans les quelques mois à venir !
En outre, deux grandes puissances nucléaires, l’une au point le plus extrême de l’Occident, la même que celle visée ci-dessus, l’autre à cheval entre l’Europe et l’Orient échangent depuis des mois des propos aigres-doux qui s’apparentent à des démonstrations de force et dénotent des intentions belliqueuses allant jusqu’à la menace d’utilisation des capacités navales et balistiques de l’une contre l’autre, alors que les accords de limitation des forces entre les deux parties, conclus durant la guerre froide, tombent l’un après l’autre. Tout ceci au moment où les sanctions économiques continuent de faire des ravages dans les relations entre les deux puissances entrainant dans leur sillage l’Europe toute entière alors que la guerre des prix du pétrole vient s’ajouter à une situation précaire provoquant d’un côté une cascade de faillites dans tout un pan de l’économie Outre-Atlantique et de l’autre aggravant des difficultés économiques déjà palpables. Un autre paysage explosif qui n’annonce rien de bon !
Par ailleurs, deux puissances, l’une mondiale et nucléaire au point le plus extrême de l’Occident, la même que celle visée ci-dessus, l’autre régionale avec des capacités nucléaires évidentes au cœur de l’Orient, sont engagées depuis des années dans une confrontation idéologique, diplomatique et économique sans merci. Cette confrontation risque de devenir militaire à travers un Golfe qui n’est plus seulement la voie de passage pacifique des richesses mais surtout d’un foisonnement de navires et de porte-avions venant de loin pour faire régner la peur et l’intimidation. Le désir d’en découdre directement ou par procuration avec un pays qui dérange, dans une région qu’on veut le domaine réservé d’Israël et d’autres pays alignés, est si fort qu’une action d’envergure pourrait être perçue comme nécessaire pour réaliser ce que les sanctions économiques extrêmes n’ont pas pu faire et pour redorer un blason fortement terni avant des élections présidentielles cruciales.
Ainsi, l’humanité fait face à trois situations critiques dont l’une ou l’autre pourrait sortir de tout contrôle, situations qui ont pour dénominateurs communs des pays possédant des capacités nucléaires avérées ou fortement soupçonnées, la volonté d’avoir la main haute sur le monde de l’après-Corona et surtout un dirigeant convaincu de la supériorité de son pays et imbu de sa propre personne au point qu’il ne serait pas loin de penser qu’un deuxième mandat présidentiel vaut bien une « petite » aventure militaire loin de ses frontières.
Les six prochains mois pourraient réserver au monde des surprises et pas seulement du côté de la pandémie du Corona et ses conséquences économiques et sociales…

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