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BART MAAT / AFP

Aux Pays-Bas, émergence d’un nouveau parti populiste et anti-immigration

Le populisme poursuit sa percée en Europe. Aux Pays-Bas, le Forum pour la démocratie (FvD), parti nationaliste qui décrie les « élites » politiques, a fait jeu égal et risque même de dépasser les centristes au pouvoir lors des élections provinciales et sénatoriales tenues hier mercredi 20 mars.

Les élections provinciales et sénatoriales qui se déroulaient mercredi 20 mars aux Pays-Bas, au lendemain de l’attaque contre un tramway à Utrecht, « ont livré un résultat inattendu avec l’irruption du Forum pour la démocratie (FvD), parti lancé récemment par le juriste et historien Thierry Baudet », explique ainsi Le Monde. Selon les premiers dépouillements des votes jeudi matin, cette formation de droite nationaliste, europhobe et anti-immigration risque même de l’emporter en nombre de voix (14,4 %) sur le Parti populaire libéral et démocrate (VVD), de Mark Rutte, le premier ministre.

« La coalition centriste que dirige ce dernier, et qui comprend trois autres partis, perd, en tout cas, sa majorité à la première Chambre, le Sénat. Cette assemblée élue indirectement par les représentants des provinces compte 75 sièges et M. Rutte n’en obtiendrait que 31. Le FvD rafle 12 sièges pour sa première participation à ce scrutin et égale la performance du VVD », précise le journal français.

La redistribution des cartes implique aussi un net repli du Parti pour la liberté de Geert Wilders. Le VVD, parti du premier ministre, limite la casse en ne perdant qu’un élu, mais ses alliés sont sanctionnés. Le parti pro-européen D 66 perd 4 de ses 10 sièges et les chrétiens-démocrates passent de 12 à 9. Seule la formation protestante ChristenUnie progresse légèrement (4 élus, + 1). La gauche travailliste continue à décliner (8 sièges, – 1 pour le PVDA) et la gauche radicale s’effondre (4 sièges, – 5 pour le Parti socialiste). C’est le parti écologiste GroenLinks qui en profite : il est le deuxième vainqueur du scrutin et fait plus que doubler sa représentation (9 sénateurs, + 5), détaille Le Monde.

Supporteur de Donald Trump

Supporteur de Donald Trump, M. Baudet n’en dénonce pas moins « l’hystérie anti-Poutine » et est un « adversaire résolu » de l’Union européenne. Celle-ci, ainsi que ses institutions, affaiblissent selon lui la souveraineté des Etats et met en danger la démocratie.

Prônant un nationalisme « modéré », « inclusif et tolérant », il dénonce aussi l’islam comme « un danger », avec toutefois moins de virulence que Geert Wilders, juge le quotidien français. Son discours, « plus policé », s’adresse à un public plus éduqué, plus jeune et plus tolérant. Comme d’autres représentants européens de la droite radicale, il se distingue par sa dénonciation des élites politiques, « auxquelles il reproche leur ‘incompétence et leur arrogance’, avec Bruxelles comme cible principale. Il reproche aussi à l’UE d’avoir aboli les frontières intérieures et a évoqué, un temps, un ‘Nexit’, une sortie de son pays de l’Union », analyse encore Le Monde.

Thierry Baudet est aussi un détracteur de la société multiculturelle incarnée et promue selon lui par l’Union européenne. Ces éléments de discours de M. Baudet auraient, selon Le Monde, « le plus porté auprès d’une partie de l’électorat qui, depuis une vingtaine d’années, manifeste, à intervalles réguliers, sa volonté d’un retour aux ‘valeurs traditionnelles’ ».

Ces élections ont pris « des allures de référendum » sur la politique de Mark Rutte, dont la fin de la campagne électorale a été marquée par une fusillade sanglante à Utrecht, indique par ailleurs France 24. Possible attaque terroriste, cette fusillade dans un tramway qui a fait trois morts a encouragé des partis de droite à se saisir plus fortement du sujet de l’immigration lors des derniers débats.

N.B.

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