PISA 2015: TUNISIE 65ème

PISA 2015: TUNISIE 65ème

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Le Classement PISA (Program for International Student Assesment ou « Programme international pour le suivi des acquis des élèves », en français) est un ensemble d’études menées par l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) évaluant les performances des systèmes éducatifs des pays à travers les compétences acquises par leurs élèves en fin d’obligation scolaire, c’est-à-dire vers l’âge de 15 ans. En d’autres termes, c’est un rapport qui permet de dire « ce que les élèves de 15 ans savent et ce qu’ils peuvent faire avec ce qu’ils savent » L’évaluation s’opère sur 3 domaines jugés significatifs (en compétences) : les sciences, lecture/compréhension de l’écrit, et les mathématiques. C’est le score en « sciences » qui sert de valeur de base indicative. Elle prend en compte plusieurs paramètres comme les facteurs de succès, notamment le milieu socio-économique et culturel dans lequel se développe l’élève, ou encore les programmes éducatifs des différents pays concernés par l’étude. L’accès à l’éducation et à l’instruction de tous les enfants quels que soient leur origine sociale ou leur sexe est également examiné. C’est une évaluation triennale sur 540.000 élèves, censés représenter un panel significatif des 29 millions d’élèves scolarisés à travers 72 pays (dont 34 membres de l’OCDE).

Ce sont les pays asiatiques qui sont classés parmi les premiers : Singapour avec un score en sciences de 556 (et 535 pour la lecture et 564 pour les mathématiques), le Japon avec 538 en sciences, 516 en lecture, et 532 en mathématiques, puis arrive en 5ème position la Finlande avec respectivement 531, 526, et 511 ; puis le Canada avec 528, 527, 516. La valeur moyenne des pays de l’OCDE est de 493 pour les sciences et la compréhension de l’écrit et de 490 pour les mathématiques, c’est-à-dire relativement en-dessous des pays les mieux classés. Les Etats-Unis sont classés 25ème (496/497/470), la France 26ème (495/499/493). La Tunisie arrive classée 65ème, avec un score référence de 386 (sciences), et 361/367 pour la lecture et les mathématiques, devant l’Algérie, classée 69ème (376/350/360), et loin devant le Maroc qui se situe parmi les derniers, à la 73ème position. Selon l’OCDE, 60% des élèves tunisiens sortent de l’école sans avoir acquis les compétences de base. Les connaissances acquises en mathématiques des élèves tunisiens ont connu un léger progrès depuis 2003, les compétences scientifiques restent relativement stables, tandis que celles de la lecture sont en chute presque continue et leur taux se rapproche du zéro. Toutefois, la Tunisie est 3ème du classement du taux de scolarisation en secondaire, derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Par ailleurs, il est intéressant de souligner que les taux de scolarisation des garçons et des filles à égalité, sans discrimination et le taux de scolarisation des élèves issus des milieux défavorisés de la Tunisie sont supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Les pays qui ferment la marche de ce classement sont le Honduras, le Ghana et l’Afrique du Sud dont près de 90% des élèves n’ont pas acquis les compétences de base au sortir de l’école. Cette évaluation a donc pour objectif de fournir un état des lieux de l’éducation et de l’instruction à travers 72 pays dans le monde, et le niveau des élèves à la fin d’un enseignement fondamental. Ce classement des pays a pu susciter diverses réactions de la part du corps enseignant ou des spécialistes de l’éducation de certains pays concernés, partagés entre son utilité et ses potentielles dérives. Il faut veiller bien sûr à relativiser tous ces résultats, à ne pas tomber dans les conclusions hâtives qualifiant les moins bien classés de « cancres » ou d’ « incompétents », les causes peuvent avoir plusieurs origines, autant politiques que sociales ou économiques et sont parfois le reflet de certaines réalités qui peuvent changer et rééquilibrer les résultats. Pour autant, cet état des lieux peut attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités en les invitant à engager d’éventuelles réformes pour améliorer leurs performances. A ce propos, Angel Gurria, Secrétaire Général de l’OCDE a affirmé dans la préface du rapport 2015 que « tous les pays peuvent s’améliorer, même les plus performants. »

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