pizzeria Basile
La pizzeria Basile

[Interview] La pizzeria Basile se développe en ouvrant un nouveau point de vente à Menzah 6

On connaît bien la pizzeria Basile qui s’est installée il y a deux ans dans un petit local au cœur de la Marsa, et qui a très vite connu un grand succès grâce à ses pizzas gastronomiques, ses salades composées, ses pâtes gourmandes et ses hot-dog délicieusement préparés à base de produits frais et de qualité, mais on connaît moins sa petite sœur, dont le local est toutefois bien plus grand, puisqu’elle n’a ouvert ses portes qu’il y a à peine un mois et demi en face du lycée d’el-Menzah 6. On a rencontré quelques membres de l’équipe dirigeante du groupe CMK – dont le nom est composé des initiales de ses fondateurs : Cyrille, Mehdi et Karim – dont fait partie Basile. Parmi eux, le Franco-Tunisien Mehdi Hamouda, fondateur et associé au sein de ce groupe qui détient également le célèbre Carpe Diem, le restaurant la Bohëme de la Goulette et le bar Baboca situé sur une plage à Gammarth.

Le Diplomate Tunisien : Avant d’en venir à la genèse de ce projet d’agrandissement de la pizzeria Basile, quel a été votre parcours dans le monde de la restauration ?

Mehdi Hamouda : J’avais en effet, avant d’ouvrir les pizzerias Basile, déjà un pied dans le monde de la restauration grâce au parcours assez atypique que j’ai eu lorsque je vivais en France, en région parisienne. Inscrit dans une agence d’intérim, j’ai très vite compris en rencontrant des assistants sociaux, en me rendant dans des bureaux d’orientation, que si je ne faisais pas d’études, il ne me serait pas possible de faire ce que j’avais en tête alors : ingé son ou chef opérateur, entre autres métiers permettant d’intégrer le monde du spectacle en tant que professionnel. J’ai alors essayé, et été obligé, de trouver un plan B, pour m’immerger dans le milieu artistique : tournages, lieux de concerts, etc. J’ai alors décidé, car j’avais en parallèle envie de faire de la route et d’aller partout dans le pays, de passer un diplôme pour devenir chauffeur de poids-lourd et ainsi pouvoir intégrer des équipes travaillant dans le monde du spectacle et à la recherche de profils de ce type.

En me formant seul grâce à divers partenariats et missions, j’ai vite gravi les échelons, travaillé dans des bureaux, et en sept ans d’expérience dans l’intermittence du spectacle, entre l’événementiel et le cinéma, dans le domaine de la lumière et du son, de la régie, de la logistique, ou encore de l’électricité, etc., j’ai développé une envie d’entreprendre des projets en toute indépendance. Ayant mis de l’argent de côté, un ami franco-libanais m’a proposé de monter une boîte de déco en France, spécialisée dans l’édition de stickers, et on a assez rapidement commencé à être référencés dans les meilleurs concept-stores de Paris. On a ensuite décidé, pour plusieurs raisons liées notamment à nos expériences de l’expatriation et à notre connaissance du fonctionnement des sociétés off-shore, de mettre sur pied une autre structure, une centrale de fabrication et de sourcing pour les grosses commandes, en Tunisie, d’où mon retour dans ce pays à la fin 2007. Au bout de deux années de ce qu’on pourrait bien appeler des déboires et des erreurs de jeunesse (rires), on décide de dissoudre cette entreprise, mais ça a été une bonne chose puisque ça m’a orienté vers un autre monde, celui de l’entrepreneuriat local, en Tunisie, dans la restauration, les bars, le divertissement, que j’ai au bout de quelques années appris à maîtriser.

 

Comment se sont passées vos premières années dans le monde de la restauration en Tunisie ?

J’ai commencé à jouer de la musique, en tant que DJ, dans plusieurs bars dont celui qui a bien marché dans les années 2010, le Blanko à Gammarth, où j’étais en même temps chargé de la programmation musicale et barman. Au bout de trois ans, j’ai ouvert, avec mes amis Karim Latrous et Cyrille Milad qui sont aujourd’hui mes associés au sein de la holding CMK, le Carpe Diem, au Relais de la Marsa, sur le même modèle que le Blanko, car j’ai estimé qu’il était grand temps que je crée un lieu qui soit le reflet de mes propres aspirations et de ma vision de l’entertainment. On l’a fait avec peu d’argent, à peine 8000 dinars, mais on y a mis toute l’énergie qu’il fallait ! Ça a été rentable assez rapidement, ce qui nous a permis de réinvestir dans le développement du local et de la programmation, aujourd’hui plus variée.

Par la suite, il y a maintenant trois ans, on a décidé de monter un autre projet : l’ouverture du restaurant le Bohëme, à la Goulette, dont le lieu, au départ vierge, m’avait fasciné lorsque je l’ai découvert pour la première fois et vu son immense potentiel.

En 2017, c’est la pizzeria Basile, à la Marsa, que nous entreprenons d’inaugurer en collaboration avec Baptiste Gueraud, graphiste lyonnais de 32 ans qui vit en Tunisie depuis 2010 et qui tenait auparavant à la Marsa, avec deux associés français, une pizzeria, Art’Taio, qui n’existe plus aujourd’hui mais qui était parvenue à pouvoir se targuer d’un grand succès, notamment auprès des expatriés. De notre côté, nous avions, grâce aux autres bars et restos que j’avais déjà contribué à ouvrir, déjà une centrale d’achat, des locaux, des connaissances, des fournisseurs, toute une structure. Lui maîtrisait à fond le processus de fabrication du type de plats qu’on voulait proposer et avait également des connaissances dans ce milieu-là et surtout, une clientèle fidèle à son ancienne pizzeria et qui était toujours là.

Dans le cadre des activités de CMK, l’ouverture de la pizzeria Basile a aussi été décidée afin qu’on puisse assurer nos arrières après le fléchissement de la fréquentation qu’ont connu nos bars en raison des couvre-feux à répétition qui ont marqué la période de la révolution. Il a donc fallu penser à diversifier nos activités afin de ne pas rester tributaires du seul domaine du divertissement des jeunes. On a eu beaucoup de chance, on a obtenu un local extrêmement bien situé, à côté de l’illustre Joseph, de seulement 23 mètres carrés au départ (il en fait le double aujourd’hui). Ce petit local a servi de cobaye : avec des charges minimes, on l’a exploité de la meilleure des façons puisque le Relais nous a servi de laboratoire de fabrication des pizzas (préparés au Relais, tous les ingrédients des pizzas sont ensuite acheminés au Basile, où a lieu la cuisson), d’unité de production, ce qui nous a permis d’explorer calmement la viabilité du projet. Voulant avoir plusieurs points de vente et concevoir Basile comme une franchise, on a en quelque sorte utilisé le Basile de la Marsa comme un laboratoire d’étude, mais différents modèles nous paraissaient par ailleurs envisageables : vente en magasin, mais également le pop-up, c’est-à-dire le fait d’installer la marque dans un autre point de vente. On a essayé cette approche au Carpe Diem et au Baboca, où on a installé des points de vente de pizzas Basile, et ça a cartonné.

C’est donc aussi en vous basant sur ce succès que vous avez décidé d’ouvrir la deuxième pizzeria à el-Menzah 6 ?

Tout à fait. Celle d’el-Menzah, ouverte depuis un mois et demi, est installée dans un local plus spacieux et comprend un menu plus varié (pizzas, pâtes, salades composées, mais aussi sandwichs, burgers, desserts…). Dirigée par un membre devenu associé à Basile Menzah 6, Mehdi Turki, cette pizzeria commence à se faire une clientèle, mais la grève du lycée d’en face est toutefois en train de freiner le processus d’implantation et de fréquentation de la marque. De surcroît, on a opté pour un soft opening, sans grosse communication autre que celle, intimiste, que l’on mène sur nos comptes personnels sur les réseaux sociaux, donc à l’endroit des plus empathiques de nos connaissances !

Vous êtes plutôt Salade Gourmande ou Pizza ? Hot-Dog ou Panuzzo ? Giant Cookie ou Brownie ? Mais surtout : Êtes-vous…

Publiée par Basile sur Lundi 28 janvier 2019

Depuis dix jours, l’équipe est prête, et les tarifs bien ficelés. Il y a des offres à prix réduits dédiées aux étudiants, comme ce qu’on fait déjà à la Marsa, des formules midi… Et pour dix dinars il est possible d’avoir un menu complet. On a conçu tout ça après une veille concurrentielle. Il y a en gros pour le moment trois différences fondamentales entre les deux Basile : la pizzeria d’el-Menzah ne comprend pas encore l’offre de livraison, source de chiffre d’affaires importante, ni ne bénéficie de communication sponsorisée dédiée à cette zone géographique. Enfin, on n’a pas encore lancé pour les étudiants tout ce qu’on voudrait concevoir pour eux : flyers aux lycées, tractage, affichage, etc., car on en attend encore le matériel nécessaire. On veut prendre le temps pour bien faire les choses. On attend aussi la fin de la grève pour avoir plus de visibilité sur les chances de succès de ce projet. Pour l’instant, ça cartonne le week-end, et on est assez confiants.

Propos recueillis par N.B.

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