Plaidoyer pour une Tunisie dans la Méditerranée

Plaidoyer pour une Tunisie dans la Méditerranée

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Amin BEN KHALED
Secrétaire des Affaires Etrangères en formation à l’Institut diplomatique pour la formation et les études

Le jeune Amin Ben Khaled diplomate en formation à l’IDFE nous a confié cet excellent « plaidoyer » en faveur de la Tunisie en Méditerranée. Nous le publions avec beaucoup de plaisir et une certaine fierté. Nous sommes surtout heureux que nos jeunes diplomates portent un intérêt à notre site. Leur contribution sera pour nous un motif de satisfaction. Qu’ils s’approprient ce site qui leur est destiné c’est notre plus grande réussite. Nous ouvrons grands nos bras pour d’autres articles que nous publierons avec un plaisir toujours renouvelé.
Le Comité de rédaction

La Méditerranée souffre. La Méditerranée a mal. La Méditerranée se perd. Au moment où vous lisez ces lignes, des milliers de réfugiés, femmes, enfants et vieillards se trouvent égarés dans des barques funestes à la recherche d’un rivage qui refuse de surgir. Au moment où vous lisez ces lignes, des familles entières croupissent sous les décombres en Syrie et en Libye. Au moment où vous lisez ces lignes, des populations entières se déplacent sous un ciel indifférent tels des somnambules autour d’une Méditerranée hébétée par les caprices d’une géopolitique sourde et sibylline. Au moment où vous lisez ces lignes, les sociétés, les identités et les cultures méditerranéennes s’observent, se chamaillent, se querellent, s’opposent, guerroient, se mutilent comme dans une scène morbide et crépusculaire. Pourtant, au moment où vous lisez ces lignes, il y a une conscience qui gît en nous, un désir, un rêve, voire une utopie qui meuble notre esprit, nous (futurs) diplomates : celle d’une méditerranée paisible et prospère. Car la Méditerranée est un paradoxe : elle est à la fois une utopie (c’est-à-dire un non-lieu au sens étymologique du terme si cher à Thomas More) et un lieu de tous les lieux (au sens que lui donne Edgar Morin), c’est-à-dire l’endroit de tous les endroits … le cœur névralgique du monde.
En effet, nous nous trouvons, nous Tunisiens, de par notre géographie, de par notre histoire, dans ce nœud névralgique qu’est la Méditerranée. Nous sommes dans la Méditerranée et il faut rappeler cette réalité identitaire qui semble échapper à certains de nos politiciens, trop occupés par les nourritures terrestres, ne voulant ou ne pouvant jeter le regard vers les rivages.
Car si pour le géographe et le géophysicien, la Tunisie se trouve dans la Méditerranée, pour le citoyen lambda, la dimension méditerranéenne de la Tunisie demeure une dimension incompréhensible pour ne pas dire inexistante.
Certes, nous pouvons, en tant que diplomates, faire des démonstrations froides et chiffrées dans des séminaires interminables afin de mettre en évidence l’importance de la Méditerranée pour la Tunisie. Nous pouvons, en tant que diplomates, étaler des tableaux statisticiens, des prospectives géopolitiques, géoéconomiques et géostratégiques pour montrer à quel point la Méditerranée nous est indispensable, à quel point elle représente la quintessence même de notre être. Mais ces démonstrations trop empiriques, trop quantitatives, ne peuvent élever notre conscience méditerranéenne que si l’on procède selon une démarche dialectique inspirée du fondateur de la sociologie moderne, un certain Auguste Comte.
En effet, selon Auguste Comte, la conscience, pour appréhender l’environnement qui l’entoure, passe par trois étapes successives : le stade théologique, le stade métaphysique et le stade positif. Ce plaidoyer sera donc articulé autour de ces trois stades. Dans un premier moment, la Méditerranée sera perçue comme un espace théologique. Dans un deuxième moment, la Méditerranée sera représentée en tant que stade métaphysique. Dans un troisième moment, la Méditerranée représentera le stade appelé à devenir positif, c’est-à-dire, un espace institutionnel, normatif, producteur de normes qui allie à la fois le juridique, l’éthique et le politique.
Au final l’objet de ce plaidoyer sera celui de montrer que notre pays, la Tunisie, via sa diplomatie, pourrait devenir une plateforme de pensée et d’action au sein de l’espace méditerranéen en prenant en considération les impératifs géopolitiques actuels et futurs.
1. La Méditerranée, espace théologique :
Selon Auguste Comte, le stade théologique s’exprime par le fait que l’Homme explique son environnement en faisant prévaloir le religieux dans sa dimension extrême. L’Homme dira : le monde doit être à l’image du droit divin. S’il est juif, il dira que le monde est une alliance entre un peuple élu et un Dieu suprême. Un Yahvé, transcendant et transcendantal qui gère le monde en fonction d’une élite appelée à réaliser ses desseins. S’il est chrétien, il dira que le monde doit s’incorporer dans une Eglise appelée à gouverner l’ici-bas en vue d’un au-delà prometteur et éternel. S’il est Musulman, il dira que le monde est divisé entre « Dar-Al-Islam » (ou domaine de la soumission à Dieu) et « Dar-Al-Harb » (ou domaine qui reste à conquérir).
La Méditerranée, de par son histoire, a vécu ces tribologies théologiques. En témoignent les guerres, les conflits, les Croisades et les diverses colonisations sous fond religieux.
Or, Auguste Comte, nous enseigne que le passage du stade théologique vers le stade métaphysique ne peut se faire que par le biais d’une synthèse ou plus précisément par le biais d’une « dialectique ». Pour que la Méditerranée ne sombre pas éternellement dans ce stade conflictuel et sempiternel dans lequel les dieux et leurs hommes se confrontent dans un combat annihilateur, il faut qu’elle arrive à créer les conditions d’une dialectique métathéologique. Une dialectique qui intègre le théologique et qui le dépasse.
Il ne s’agit pas d’un vœu pieux, irrationnel et utopiste. Nous avons une expérience : celle de la Tunisie du XIXe siècle. Qu’est-ce que le Pacte fondamental de 1857, cette première Constitution des temps modernes, si ce n’est l’expression d’une coexistence à la fois politique, économique, commerciale et culturelle entre juifs, chrétiens et musulmans au moment même où la France et l’Allemagne, les Etats-Unis ou la Russie se préparaient, dès le milieu du XIXe siècle à des guerres identitaires qui seront sanglantes pour les générations successives ?
L’idée d’un pacte méditerranéen pour le dialogue entre les religions est une idée nécessaire, car il faut l’avouer, c’est l’abcès du conflit israélo-palestinien qui constitue l’obstacle à toute dialectique méditerranéenne. Ainsi, nous ne pouvons jeter les uns dans la mer, nous ne pouvons priver les autres de leurs terres. La Méditerranée, c’est la mer entourée par les terres. La mer et les terres doivent cohabiter. Cette cohabitation doit dans un premier moment prendre la forme d’un « pacte dialectique » qui permettra de s’élever, de franchir, de dépasser un stade théologique figé et figeant.
En effet, en janvier 2003 un groupe de sages sur le dialogue des peuples et des cultures a été créé à l’initiative du Président de la Commission européenne Romano Prodi. Il est vrai que ce comité des sages est resté lettre morte, mais ses recommandations demeurent toujours vivaces et d’actualité : parmi ses recommandations figure la création d’une fondation euro-méditerranéenne chargée d’accompagner le dialogue euro-méditerranéen au niveau des Etats méditerranéens et agissant aussi au niveau des sociétés civiles éclairées.
Il me semble à cet égard que la Tunisie, aujourd’hui, en tant que modèle de transition démocratique, en tant que modèle de dialogue national (et en témoigne le prestigieux Nobel obtenu l’année dernière) peut redonner vie à une telle structure en faisant appel, tout d’abord, à ses ambassadeurs chevronnés et à une certaine classe politique dévouée et ambitieuse afin de dépasser la malédiction théologique méditerranéenne.
C’est la condition sine qua none pour faire transiter la Méditerranée du théologique vers le métaphysique.
2. La Méditerranée, espace métaphysique :
Le terme « métaphysique » fait peur. Il ensorcelle. Il dégage l’odeur du mysticisme et du romantisme niais. Pourtant, le stade métaphysique est capital dans la pensée d’Auguste Comte. En réalité, le métaphysique pour Auguste Comte, c’est le stade de l’abstraction du monde. Le monde n’est plus perçu comme un rapport vertical avec le divin, mais plutôt l’objet d’un espace public abstrait, d’un contrat social dans lequel les Hommes laissent l’au-delà à Dieu et s’occupent de la Cité, de l’ici-bas, avec des instruments contractuels.
En réalité, le terme « métaphysique » remonte à Aristote. Ce qui est métaphysique, c’est ce qui vient une fois on a compris ce qui est physique. Le stade métaphysique, c’est le stade dans lequel on questionne le physique. Le physique est là. Il s’impose à nous. Que faire ? Le lien entre la sagesse des Anciens et la sagesse des Modernes devient ici plus clair et plus évident. Pour se rappeler de cette architecture des choses qui demeure fondamentale depuis la philosophie aristotélicienne, il convient de se mettre à l’esprit l’idée selon laquelle il y a trois grands cercles qui meublent notre vision du monde : le physis (le physique, le monde réel), le logos (la raison dans le monde), l’éthos (l’action éthique dans le monde). Le « métaphysique » représente ce deuxième stade : le dépassement de l’évidence et des fatalités physiques.
Que faire avec la Méditerranée ? C’est la question qui devra se poser nos diplomates et derrière eux, nos politiciens. Comment transformer la Méditerranée en un grand contrat social ? C’est ce questionnement qui nous permettra de dépasser le stade théologique et vertical pour créer un espace contractuel et horizontal.
La Tunisie encore une fois peut venir à le rescousse. La Révolution tunisienne, bonne ou mauvaise, candide ou « complotiste », peut mettre la Méditerranée sur la voie d’un contrat social entre les deux rives. Nous ne parlons pas ici de révolution au sens physique, des slogans « dégage ! », des routes coupées, des pneus enflammés, des grèves sauvages et aveugles, de la cacophonie médiatique et souvent terre-à-terre. Nous parlons ici de la Révolution dans l’esprit tunisien, cet esprit qui commence à comprendre que c’est par le dialogue horizontal, que c’est par le biais de l’espace public que nous pouvons gérer les conflits terrestres.
En effet, l’Union Européenne, n’arrête pas de citer le modèle tunisien, en témoigne la dernière résolution en date du Parlement européen. En réalité, à voir de près, le modèle tunisien est une réalisation concrète de la théorie de Jurgen Habermas, à savoir la théorie de l’agir communicationnel. Pour ce penseur planétaire, s’il y a conflit, c’est parce que les protagonistes ne sont pas arrivés à mieux exprimer leurs points de vue via un dialogue raisonnable et raisonné. Jurgen Habermas, dont l’école philosophique constitue l’un des plus puissants lobbies intellectuels européens, nous dit qu’au final, la démocratie, c’est le fait de consentir qu’il n’y a pas de vérité absolue et que seule la vérité relative doit faire office de repère. Cette vérité relative est le produit d’un débat sociétal dans lequel les protagonistes interviennent avec des rationalités différentes afin de trouver un prix d’équilibre profitable à tous. Ce prix d’équilibre se manifeste à travers le contrat social.
Pour revenir à l’exemple tunisien du dialogue national nous pouvons dire qu’il est temps de l’extrapoler … de le « méditerranéaniser ». Voyons de près ce quatuor chargé du dialogue national. Qu’est-ce que nous avons ? Nous avons ceux qui représentent le capital (le monde des affaires), nous avons ceux qui représentent le travail (le monde salarial) et nous avons ceux qui représentent la conscience morale et humaniste (la Ligue des droits de l’Homme et l’Ordre des avocats). Ce triangle « métaphysique » ou « abstrait » doit être intériorisé puis exporté. Pourquoi ne pas penser à créer une structure méditerranéenne qui engloberait les UTICA, les UGTT, et les Ligues humanistes des deux rives à l’instar de l’exemple tunisien ? Comment ne pas montrer à des pays comme la Grèce, l’Albanie, l’Italie ou le Portugal qui sont appelés à prendre en considération les directives du F.M.I et de la Banque Mondiale, que la sortie de la crise économique et sociale qui les menace ne peut se faire que par le biais d’un dialogue orchestré par un espace méditerranéen qui intègrerait la logique du capital, la logique du travail et la logique des droits de l’Homme ? C’est cette trinité métaphysique – et non pas théologique – qu’il convient de mettre en exergue afin de transformer le vertical qu’il soit divin ou capitaliste ou une horizontalité humaine à la fois productive et morale.
Cependant, le stade métaphysique, aussi nécessaire soit-il, doit nous ramener à terre. Comment institutionnaliser tout cela ? Comment transformer la dimension abstraite en une dimension positive ? La réponse est dans ce passage d’Auguste Comte tiré de son livre Discours sur l’esprit positif. L’auteur nous dit : « « Ainsi, le véritable esprit positif consiste surtout à voir pour prévoir, à étudier ce qui est afin d’en conclure ce qui sera. »
Qu’en est-il de la Méditerranée ? Qu’en est-il de la Tunisie ? C’est ce double questionnement qui nous permettra de jeter les jalons vers une Méditerranée en tant que stade positif.
3. La Méditerranée en tant que stade positif
Qu’en est-il de la Méditerranée ?
La Méditerranée souffre. Oui. La Méditerranée a mal. Oui. La Méditerranée se perd. Oui. Mais la Méditerranée ce sont tout d’abord 23 pays. La Méditerranée, c’est tout d’abord 2,5 millions de Km². La Méditerranée, c’est presque 4000 km de l’Est en Ouest. La Méditerranée, c’est 500 millions d’habitants. La Méditerranée, c’est l’huile d’olive, les agrumes, les dattes, le soleil. C’est aussi la conscience écologique et les énergies renouvelables. La Méditerranée a le cœur qui bat. Elle est vivante. Elle est aussi l’objet de tous les fantasmes : le Middle East and North Africa de Bush, c’est une Méditerranée. L’Union pour la Méditerranée de Sarkozy, c’est une autre Méditerranée. Syrte, le repaire de Daesh, c’est une toute autre Méditerranée. Voyez-vous, la Méditerranée est tiraillée, tiraillée mais elle existe.
Le grand philosophe Hegel, disait que c’est dans la déchirure extrême que l’esprit devient conscient. La déchirure extrême dans laquelle se trouve la Méditerranée aujourd’hui doit l’amener sur la voie de la conscience positiviste, c’est-à-dire, la conscience institutionnelle et normative.
Cette déchirure est tout d’abord économique. La rive nord est riche. La rive sud est pauvre. Elle est aussi politique : la rive nord baigne dans la démocratie, la rive sud dans l’incertitude institutionnelle. Elle est en outre culturelle. Mais peu importe, il convient aujourd’hui de repenser cette Méditerranée dans le cadre d’une institution qui vise à :
– Rapprocher les économies des deux rives en trouvant un moyen pour gérer les dettes des uns et les excédents budgétaires des autres. Il faudra en termes mercantilistes trouver les avantages comparatifs de chaque pays afin de faire profiter toute la zone de la croissance .
– Repenser l’espace public politique méditerranéen en créant un secrétariat visant à harmoniser les politiques publiques qui doivent se conformer aujourd’hui aux standards internationaux fixés par les organes onusiens.
– Donner une posture à la question écologique qui constitue l’un des thèmes fondamentaux qui vont accaparer le dialogue méditerranéen d’aujourd’hui et de demain en pensant, sérieusement, à créer les conditions d’une transition énergétique profitable à tout le bassin méditerranéen.
– Penser à créer une charte Méditerranéenne pour les droits économiques, sociaux et culturels en mettant l’accent sur la question des réfugiés.
Hegel, lorsqu’il a vu Napoléon dans la bataille d’Iéna, avait dit qu’il a vu l’esprit du monde. Pour Hegel, Napoléon représentait l’Etat. Il a dit que l’avenir c’est l’Etat. Aujourd’hui, lorsque nous voyons un Antonio Gutteres en passe de devenir le Secrétaire général des Nations Unies, aujourd’hui lorsque nous voyons le Haut-Commissaire pour les Réfugiés devenir le fonctionnaire international numéro 1, nous pouvons dire que cet homme représente la conscience universelle par rapport à la question des réfugiés. Celui qui a fait élire Antonio Guterres au poste de Secrétaire général ce n’est ni Washington, ni Moscou, ni Paris, ni Londres, ni Pékin. Celui qui a fait élire Antonio Guetteres c’est le petit Aylan Kurdi, cet enfant noyé dans une Méditerranée incomprise. Celui qui a fait élire Antonio Guetteres, c’est le drame des réfugiés dont une bonne partie se déroule à quelques kilomètres de nos côtes à proximité de nos frontières avec notre voisin libyen.
Qu’en est-il de la Tunisie ?
La Tunisie doit être consciente de ce moment dialectique fondamental. Malheureusement, notre constitution, comme l’a si bien vu Monsieur Ahmed Ounaies notre mentor à tous, a été compilée dans un moment de fougues identitaires. La Constitution nous a fait éloigner de cette Méditerranée. Pourtant, la Méditerranée tunisienne, c’est plus de 1300 km de côte. La Méditerranée tunisienne, c’est plus de 3000 ans d’histoire. La Méditerranée, Virgile, le grand poète de l’Antiquité, nous en donne un précieux éclairage : Enée, le fondateur de Rome, avant d’aller en Italie et fonder la ville éternelle, est venu à Carthage voir Elyssa pour la conseiller. Car force est de constater que c’est Carthage et sa constitution quasi-parfaite (selon le témoignage même d’Aristote) qui avait inspiré la République de Rome qui sera appelée plus tard à imposer sa Pax Romana sur le pourtour méditerranéen. Aujourd’hui, plus que jamais, il faut que les pouvoirs publics tunisiens inscrivent la dimension méditerranéenne dans la Constitution de la seconde république. L’affaire n’est pas impossible. Il faut un certain courage identitaire pour replacer la Tunisie dans son environnement naturel.

Replacer la Tunisie dans la Méditerranée. Il suffit d’ajouter un mot « constitutionnel » : Méditerranée. Un simple mot. Mais pour placer un tel mot, le chemin ne sera pas facile.
Du reste, en 2012, l’Union Européenne avait obtenu le prix Nobel de la paix accordé par le comité norvégien pour : « plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l’Homme en Europe ». Aujourd’hui, en 2016, nous avons deux prix Nobel qui s’observent, l’un à Bruxelles, l’autre à Tunis. Deux prix Nobel séparés par la Méditerranée. Cependant fidèle à l’esprit dialectique, le diplomate tunisien ne peut qu’œuvrer à créer un pont entre les deux rives. Telle sera notre mission : ériger la Tunisie dans une Méditerranée paisible et prospère !

A.B.K.

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