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JORGE GUERRERO / AFP

Plus de 300 migrants secourus en mer par une ONG

Plus de 300 migrants secourus il y a une semaine au large de la Libye par une ONG espagnole ont débarqué vendredi dans le sud de l’Espagne, alors que l’Italie et Malte les avaient refusés.

Après être restés une semaine en mer à bord du navire de Proactiva Open Arms, les migrants ont applaudi à leur arrivée dans le port de Crinavis, dans la commune de San Roque, dans la baie de Gibraltar.

« Mission accomplie »

« Mission accomplie », s’est réjoui sur Twitter le fondateur de l’association humanitaire, Oscar Camps, peu avant l’accostage de ces 311 migrants, dont 139 mineurs, d’une vingtaine de nationalités provenant notamment de Somalie, de Côte d’Ivoire, du Mali, du Soudan, du Nigeria et de Syrie.

A la mi-journée, tous avaient débarqué et reçu vêtements, nourriture et assistance médicale de la part de la Croix-Rouge. « De manière générale, ils sont en bonne santé », seule une personne souffrant de vomissements ayant dû être évacuée, a expliqué Inigo Vila, le responsable des urgences de l’organisation en Espagne.

Secourus le 21 décembre, ces migrants avaient été autorisés le lendemain à débarquer en Espagne par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, après le refus de l’Italie et de Malte de les accueillir. Selon Madrid, la Libye, la France et la Tunisie n’avaient quant à elles pas répondu à la demande de l’ONG. « Nous parlons de vies en danger, de personnes qui avaient besoin d’aide. Et il est vraiment déplorable d’avoir dû faire huit jours de mer pour les emmener dans un port sûr, alors que les règles internationales disent d’aller au port sûr le plus proche », a ainsi dénoncé Oscar Camps cité par l’AFP.

Si Malte a refusé au navire l’accès à ses ports, une femme et un bébé, né sur une plage libyenne quelques jours avant la traversée, ont en revanche pu être évacués samedi sur l’île en hélicoptère. Un mineur a par ailleurs été emmené vers l’île italienne de Lampedusa.

Proactiva Open Arms avait repris fin novembre, avec les ONG allemande Sea-Watch et italienne Mediterranea, ses missions de sauvetage au large de la Libye. Elle avait auparavant décidé de les suspendre fin août en dénonçant la « criminalisation des ONG », en particulier par l’Italie et son ministre de l’Intérieur d’extrême droite Matteo Salvini.

Le navire de Sea-Watch, le Sea-Watch 3, navigue quant à lui toujours au large de la Libye avec à son bord 32 migrants, secourus le 22 décembre et toujours sans perspective de débarquement. Il a remis le cap au sud jeudi après avoir reçu le signalement d’une embarcation en détresse transportant 75 personnes.

Dans le même temps, un membre de la police des douanes italienne a secouru jeudi 43 migrants dont 42 ont débarqué en Sicile. Le dernier a été évacué d’urgence vers l’île de Pantelleria. Si les autorités sont restées très discrètes sur ce débarquement, qui contrevient à la politique des « ports fermés » de Matteo Salvini, la Croix-Rouge italienne en a diffusé des photos sur les réseaux sociaux.

L’accostage de l’Open Arms en Espagne est le premier d’un navire d’ONG avec des migrants à son bord en près de cinq mois dans ce pays. Arrivé au pouvoir début juin à Madrid, Pedro Sanchez avait frappé un grand coup quelques jours plus tard en accueillant l’Aquarius, refusé par l’Italie et Malte et au centre de fortes tensions au sein de l’Union européenne, déchirée sur la question migratoire.

L’Espagne avait ensuite accepté à trois reprises l’Open Arms, en juillet et août, avant de rechigner à laisser de nouveau débarquer des passagers de l’Aquarius. Le gouvernement avait alors préféré négocier avec d’autres Etats européens la répartition des migrants.

L’Espagne est devenue depuis cet été la première porte d’entrée des migrants clandestins en Europe, devant la Grèce et l’Italie. Plus de 56 000 migrants sont arrivés dans ce pays par la mer depuis le 1er janvier, tandis que 769 sont morts au cours de leur traversée, selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais la route de la Méditerranée centrale reste la plus meurtrière, avec 1306 migrants ayant péri dans la traversée vers les côtes italiennes et maltaises depuis le début de l’année.

N.B., avec AFP

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