Plus les pays sont pauvres, plus ils souffrent du changement climatique

Dans le nouveau rapport spécial du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), rendu public le jeudi 8 août 2019, des scientifiques et représentants gouvernementaux évoquent la question du lien entre sécurité alimentaire et changement climatique.

https://twitter.com/IPCC_CH/status/1159392694868856834?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1159392694868856834&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.slate.fr%2Fstory%2F180504%2Fpays-insecurite-alimentaire-changement-climatique-injustice-co2

Le site d’information Slate indique qu’avant même la sortie de ce rapport et des recommandations qui en découleront, « l’organisation caritative Christian Aid a réalisé une étude démontrant les impacts disproportionnés du changement climatique sur les systèmes alimentaires des pays qui émettent le moins de CO2 ». On retrouve dans le classement des pays en crise alimentaire comme le Burundi, la République démocratique du Congo, Madagascar, le Yémen, la Sierra Leone, le Tchad, le Malawi, Haïti, le Niger et la Zambie, poursuit Slate. Or selon l’étude, ces dix pays génèrent moins d’une demi-tonne de CO2 par personne chaque année et représentent, au total, seulement 0,08 % des émissions mondiales. Les chercheurs de Christian Aid ont montré que les changements climatiques ont maintenant un impact disproportionné sur les systèmes alimentaires des pays qui ont le moins contribué à la réduction des émissions de dioxyde de carbone, souligne de son côté BBC.

Le Burundi est ainsi le pays le moins bien classé en matière d’insécurité alimentaire et aussi celui qui produit le moins de CO2 par personne et par an (0,027 tonne). « Ainsi, une personne vivant en Arabie saoudite émet la même quantité de dioxyde de carbone que 718 » Burundais.

Injustice climatique

« Nos recherches montrent que l’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère réduit la qualité nutritionnelle des aliments que nous consommons et que les personnes les plus vulnérables à ces conséquences sont les moins responsables de cette augmentation », a déclaré le Dr Samuel Myers, chercheur principal au département de santé environnementale de l’université Harvard.

Et ces pays sont ceux qui subissent le plus violemment les conséquences du changement climatique. « Pour reprendre l’exemple du Burundi, la sécurité alimentaire, déjà largement précarisée par les conflits et les crises politiques, se retrouve encore plus menacée par les longues pénuries de précipitations, les inondations, et l’érosion des sols. Les scientifiques dénoncent ainsi une injustice climatique », commente encore Slate.

« Le rapport Christian Aid et celui du GIEC nous montrent à quel point cette menace est grave et qu’il est urgent d’agir », a affirmé Doreen Stabinsky, professeure de politique environnementale mondiale au College of the Atlantic, à la BBC.

N.B., avec Slate

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