Pourquoi les loups solitaires utilisent-ils des voitures pour effectuer leurs attaques terroristes...

Pourquoi les loups solitaires utilisent-ils des voitures pour effectuer leurs attaques terroristes ?

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Des attaques terroristes qui impliquent des véhicules fonçant à toute allure à travers les rues des villes européennes massacrant les piétons, nous commençons à nous y habituer.
En effet, de Nice à Londres en passant par Berlin, le scénario est le même. Un radicalisé conduit une voiture ou un camion, cible une foule de gens dans un endroit qui jouit d’une certaine notoriété et de préférence durant une période de fête ou de célébration d’un évènement religieux à l’instar de Noël. Le but est de créer un impact médiatique qui fait l’effet d’une bombe dans le monde entier. La suite est bien connue, une revendication de la part de l’EI et une condamnation internationale du terrorisme.
Le 22 mars 2017, Khalid Masood, 52 ans, fonce à une vitesse folle au cœur de Londres en roulant sur le pont de Westminster, écrasant plusieurs piétons avant de sortir du véhicule et poignarder Keith Palmer, un policier non armé, chargé de la sécurité du parlement, décédé peu après. Au total, l’attaque a fait quatre morts et quarante blessés. Il est à noter que le jour même, Bruxelles a commémoré le 1er anniversaire des attentats sanglants de l’aéroport et de la station du métro qui ont fait 32 morts et plus de 300 blessés.
Le 23 mars 2017, une voiture immatriculée en France fonce dans une rue commerçante des plus populaires à Anvers, avant de prendre la fuite sans faire de blessés. Son conducteur est arrêté une heure plus tard, un franco-tunisien âgé de 39 ans, somnolant, dans un état d’ébriété extrême et sous l’emprise de plusieurs drogues. Les analyses ont prouvé qu’Anis Amri, l’auteur de l’attentat de Berlin était de même sous l’emprise de stupéfiants divers. Les points communs sont flagrants entre les différents attentats et les circonstances de leur déroulement.
Nous parlons d’extrémistes originaires pour la plus part du nord de l’Afrique radicalisés en Europe, des loups solitaires ayant commis leurs attaques à bord de véhicules.
Cette méthode a été qualifiée par le FBI de pratique, efficace et ne nécessitant pas de haute technologie. Elle date de très longtemps, de l’époque quand Al-Qaïda incitait ses adhérents à tuer dans des endroits surpeuplés à l’aide de voitures. L’EI a développé cette technique macabre en utilisant les technologies modernes notamment en mettant en ligne des vidéos « pédagogiques » qui donnent des conseils concernant le choix du couteau, de la cible ou de la voiture.
Dans un article paru au Magazine Rumiyah, publié par Daech en 2016, on a indiqué que « plus l’attaque est horrible, plus on se rapproche de l’objectif souhaité… », avant d’ajouter : « Le but commun de toutes les opérations est de semer la terreur parmi les ennemis d’Allah et leur rappeler que leur guerre menée contre l’Islam est vaine et que les musulmans entraineront davantage de moudjahidins prêts à frapper sans pitié sur leur propre sol ».
L’ex-analyste au sein de la CIA, Paul Pillar, nous rapporte des éclaircissements intéressants. Dans une déclaration à Reuters, il a précisé que de manière générale, les attaques ne nécessitant pas une technologie développée et un degré sophistiqué d’élaboration sont souvent les plus meurtrières, et leur effet de surprise est dévastateur.
Car il est difficile pour les services de renseignements dans le monde entier y compris en Europe de détecter quoique se soit concernant ces attaques de loups solitaires avant qu’elles ne se produisent.
A propos du choix du lieu, Pillar note : «Cela inclut de tondre les gens avec un véhicule dans une rue bondée de la ville. On pourrait choisir des endroits ayant une autre symbolique politique ou religieuse – comme un marché de Noël ou un parlement national -, mais il y a toujours des lieux publics vulnérables avec beaucoup de monde ».
Un autre fait important a été signalé par l’ancien analyste : le lien étroit entre la perte de territoire de l’EI en Syrie et en Irak, comme avant elle Al-Qaïda, avec le rétrécissement du pouvoir du « Califat » et l’intensification du nombre et des proportions des attentats à l’Etranger. La raison est toute simple : « lorsque des groupes terroristes sont battus sur le champ de bataille, l’éclatement de leurs cellules et réseaux alimentent les attentats ailleurs. »
Mansour al-Turki, porte-parole du ministère de l’Arabie Saoudite, n’a pas caché son inquiétude concernant les conséquences de la guerre contre Daech : «Lorsqu’ils seront battus en Syrie et en Irak, nous allons tous faire face à des désastres et personne ne saura où sont allés les combattants restants de l’EI… nous allons vers une phase où le terrorisme se manifestera essentiellement via les loups solitaires et la mobilisation par les réseaux sociaux ». Sa déclaration a été faite lors d’une rencontre avec des responsables français à Paris dans le cadre de la lutte commune contre le terrorisme.
N.B

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