Tunisian Think Tank
PARIS, 20 janv 2019 (TAP)- L'association « Tunisiens d’Europe » a organisé, samedi après-midi, la première édition du Tunisian Think Tank (TTT) à Paris.

Première édition du Tunisian Think Tank à Paris

L’association  » Tunisiens d’Europe  » a organisé, samedi 19 janvier à Paris,  la première édition du Tunisian Think Tank (TTT) à Paris, a rapporté une dépêche TAP.

Créée en 2018 par des jeunes tunisiens nés en France ou en Europe, l’association s’est donnée pour objectif de mettre en place un espace de réflexion sur la situation en Tunisie et de contribuer à la résolution des problèmes auxquels le pays est confronté.

Cette rencontre a été une occasion de présenter des interventions traitant des difficultés économiques en Tunisie et des alternatives à mettre en place.

Tarak Bouacida, économiste, a comparé la crise économique actuelle en Tunisie à celle du 19ème siècle qui a mené à la faillite et la colonisation du pays :  » La crise qui a commencé en 1800 provoquant l’augmentation des dettes et des impôts a conduit à la fin de la souveraineté financière de la Tunisie, d’où la banqueroute en 1869  » a-t’il déclaré, en ajoutant :  » Les dettes et la corruption sont les points communs entre la situation actuelle en Tunisie et celle du 19ème siècle, que la situation n’est pas aussi grave et que des réformes courageuses doivent être mises en place « .

Anis Marrakchi, fonctionnaire au ministère français de l’économie et des finances, a quant à lui présenté l’économie de rente en Tunisie basée sur le monopole des secteurs économiques détenu par une minorité proche du pouvoir :  » Il s’agit de toutes les économies qui sont protégées et des autorisations de création d’entreprises accordées aux amis et aux proches marquées par le monopole des cartels protégés « .

Il a mis en exergue le secteur bancaire, dans lequel plusieurs groupes familiaux détiennent des parts, tout en énumérant les conséquences de ce système de monopole sur le secteur, notamment  » l’absence de concurrence réelle entre les banques, la très faible innovation et la faible internationalisation des entreprises tunisiennes « , selon Marrakchi.

Pour mettre un terme à ce système, il a recommandé de « mener une vraie lutte contre les ententes et les cartels à travers une autorité de concurrence très largement renforcée, le désinvestissement de l’Etat dans le secteur, où il joue un rôle d’agent économique concurrentiel, de libéraliser au maximum les activités protégées à travers des licences et des autorisations administratives « . Et d’insister :  » Plus généralement il faut casser les verrous non obligatoires à l’initiative privée, plus particulièrement, ceux imposés ou maintenus par des monopoles « .

L’expert en numérique Mohammed Adnene Trojette a, pour sa part, rappelé les difficultés administratives auxquelles sont confrontées les jeunes investisseurs.  Il a estimé qu’une réforme de l’Etat et des changements devaient être effectués et que l’enjeu actuel en Tunisie  » est de recréer un débat citoyen et de fédérer les initiatives isolées « .

Quant à la présidente de l’Association tunisienne de permaculture, Rym Mathlouthi, elle a présenté un aperçu sur l’activité de l’association qui vise à revaloriser l’agriculture en Tunisie pour contribuer au développement économique et humain.

 S.N

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