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Le président de l’UTAP considère la mise en œuvre de l’ALECA comme un pas risqué pour le secteur agricole en Tunisie

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Récemment interviewé par oxfordbusinessgroup.com, Abdelmajid Ezzar, président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) a répondu à une série de questions concernant la situation agricole en Tunisie en particulier dans la perspective de l’ouverture du marché tunisien à la zone de libre-échange approfondi et complet (ZLEAC) en cas de parachèvement de l’accord ALECA (accord de libre-échange complet et approfondi).

Les questions étaient concentrées sur l’avenir du secteur en Tunisie et les moyens de le dynamiser en cas d’entrée en vigueur de la zone de libre-échange approfondi et complet avec l’UE. Dans ce contexte, Ezzar a indiqué que la plupart des agriculteurs tunisiens cultivent entre cinq et dix hectares et qu’ils ont besoin de structures et de soutien gouvernemental pour concourir à l’échelle internationale.

Il a expliqué que l’ALECA pourrait créer des risques « allant de la diminution de la rentabilité du secteur à la disparition d’une classe entière de professionnels ». Il a indiqué la nécessité de subventionner les agriculteurs et les aider par l’Etat et l’UE pour rendre le secteur compétitif, le moderniser et développer son industrie.

Pour lui, il n’est pas raisonnable d’exiger de la Tunisie et des pays du sud de restructurer leur agriculture en un temps record alors qu’il a fallu à l’Europe plusieurs décennies pour accomplir le changement. « La réalisation du libre-échange entre l’UE et la Tunisie ne peut être effectuée qu’après la mise en œuvre d’un programme de modernisation de cinq à dix ans, au cours duquel des études d’impact peuvent guider les réformes liées à l’irrigation, à la formation, à l’infrastructure et au renforcement des coopératives agricoles. »

Concernant les bénéficiaires de l’accord, ça serait selon lui le consommateur tunisien qui aura droit à des « produits alimentaires plus abondants et diversifiés » ainsi que certaines « entreprises agro-industrielles tunisiennes, comme celles du secteur de l’huile d’olive ». Toutefois, ces bénéfices dépendent aussi de la valeur du dinar face aux devises et du niveau de compétitivité du produit tunisien.

A ce stade, Ezzar indique que « l’intervention du gouvernement est essentielle » pour « améliorer la capacité des agriculteurs à concurrencer ». Selon lui, « le secteur agricole a besoin d’investissements publics et privés. » Une stratégie globale prenant en considération le moyen et le long terme ainsi que tous les « paramètres affectant la rentabilité du secteur, tels que la gestion, les techniques de culture, le marketing, la qualité, l’étiquetage et la promotion des produits » devraient aboutir à une valorisation du produit tunisien à l’échelle nationale et internationale.

Enfin, concernant l’export, le président de l’Union agricole tunisienne a confié que la Tunisie est en mesure de profiter de « son offre excédentaire » de biens agricoles en s’ouvrant davantage au marché africain et russe, en augmentant la production et surtout en modernisant « l’infrastructure du transport » et « les réseaux logistiques du pays ».

N.B

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