Présidentielle 2019 : Abid Briki présente les grandes lignes de son programme électoral à Bizerte

Abid Briki, candidat de la formation « Tunisie en avant » aux élections présidentielles anticipées prévues pour le 15 septembre, a mis en avant vendredi à Bizerte l’importance du rôle du président de la République dans la résolution de la crise sociale, notamment en s’appuyant sur une modernisation l’éducation, et dans la lutte contre toutes les formes de criminalité et de corruption sur la base d’une structure institutionnelle solide.

Le président, un homme de sacrifice

« La Tunisie a besoin de mesures imminentes et ancrées dans le long terme », a-t-il déclaré à la presse lors de sa campagne à Bizerte. M. Briki, ex-ministre de la Fonction publique, de la Gouvernance et et de la Lutte contre la corruption (2016-2017), a estimé que le président élu devait faire des sacrifices personnels visant à rassurer le peuple sur la transparence de la gestion des deniers publics, notamment en s’engageant à réduire de 30 % son salaire mensuel ainsi que le budget général de la présidence de la République.

Rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie

Une initiative allant dans ce sens devrait être adoptée par les membres du gouvernement pour reconstituer les fonds de l’Etat, a affirmé Abid Briki. Le candidat de gauche a suggéré la nomination d’un expert à la tête du ministère de la Défense. Interviewé par la radio Shems FM le 5 septembre, Abid Briki a en effet assuré que « seul un spécialiste à la tête du ministère de la Défense peut lutter contre le terrorisme », le pays se trouvant « dans une situation exceptionnelle, qui nécessite des mesures exceptionnelles ». A Bizerte, l’ancien syndicaliste a par ailleurs fait part de son souhait de mettre en place des mesures destinées à résoudre durablement la crise libyenne et dit vouloir rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie.

En matière d’économie, M. Briki a indiqué que des prêts directs en faveur de projets de développement bénéficiant aux régions seraient mis en place.

Parcours politique

Abid Briki a joué un rôle important dans la fondation du Mouvement des patriotes démocrates aux côtés de Mohamed Hedfi, Chokri Belaïd, Sofiane Ben Farhat et d’autres militants universitaires. Lors de la légalisation de ce parti en 2011, il a préféré se consacrer au syndicalisme, mais a néanmoins présidé le congrès unificateur du parti (Mouvement des patriotes démocrates, Parti du travail patriotique et démocratique et indépendants) tenu en 2012.

Le 27 août 2016, il est nommé ministre de la Fonction publique, de la Lutte contre la corruption et de la Gouvernance au sein du gouvernement de Youssef Chahed. Six mois plus tard, dans le cadre d’un remaniement ministériel, Chahed démet Briki de ses fonctions. Celui-ci a alors affirmé qu’il avait eu connaissance de plusieurs dossiers de corruption qui auraient été passés sous silence.

Dans une interview donnée à Assabah News en septembre 2017, Briki avait appelé à l’unification de la gauche tunisienne afin qu’une opposition « organisée » puisse être porteuse d’un projet répondant aux multiples défis sociaux à relever, tout en alliant les idéaux historiques de la gauche à la réalité socioéconomique du terrain. Il devra faire face à un fractionnement de l’électorat de gauche, Mongi Rahoui et Hamma Hammami étant également dans la course à la présidentielle.

N.B.

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