Le FTDES regrette l'absence de débats sur l'ALECA dans le cadre de la campagne présidentielle

Présidentielle 2019 : Le FTDES appelle les candidats à rendre publiques leurs positions sur l’ALECA

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) appelle les candidats à l’élection présidentielle à faire connaître aux électeurs leurs positions concernant l’Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) et les questions liées à la migration. Ces deux thématiques, faisant régulièrement l’objet de négociations entre la Tunisie et l’Union européenne (UE), ne sont pas suffisamment débattues, selon le Forum.

Le FTDES estime que la question cruciale de l’ALECA n’est pas en train de suffisamment peser sur cette campagne électorale, au sein de laquelle la thématique identitaire et les questions liées à la politique intérieure l’emportent sur l’aspect économique des programmes électoraux.

Le Forum appelle ainsi les différents partis politiques et les candidats aux élections législatives et présidentielle à « répondre au questionnaire publié sur le site électronique du FTDES et à intégrer leurs positions dans leurs programmes électoraux », lit-on dans un communiqué du FTDES publié sur le site Bilaterals. « Afin d’aider les électeurs à choisir [leur candidat], nous recueillons [par le biais de ce questionnaire] les positions des candidats à la présidence sur les enjeux internationaux, notamment [ceux relatifs au] projet d’accord de libre-échange complet et appronfondi et aux questions liées à l’immigration », écrit le Forum sur son site Internet.

Parmi les thèmes faisant l’objet de questions posées aux candidats figurent la libéralisation des investissements étrangers et du secteur de l’énergie, la libre concurrence telle que définie par les normes européennes, l’ouverture des marchés publics aux opérateurs étrangers, la coopération sur la circulation des personnes ou encore la protection de l’environnement.

Respect du timing et de la souveraineté nationale

Le FTDES souligne par ailleurs la nécessité de suspendre les négociations entre la Tunisie et l’UE portant sur l’ALECA, estimant qu’elles exigent, en premier lieu, le respect du timing, du processus démocratique et la mise en place de conditions facilitant une « négociation équilibrée ». L’organisation recommande de prendre le temps de définir un projet de coopération qui puisse renforcer les droits économiques et sociaux des citoyens et protéger la souveraineté nationale, mettant en garde contre les répercussions de cet accord, tel qu’il est actuellement élaboré, sur l’économie et la souveraineté du pays.

« Les aides financières de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI) pousseront la Tunisie à céder en acceptant les modifications réglementaires qui lui seront imposées », a estimé le FTDES, soulignant que le déséquilibre des négociations est dû à la dépendance du pays et à sa situation économique difficile.

Le gouvernement tunisien a entamé, depuis 2015, des négociations sur l’ALECA, suite à une proposition officielle de l’UE lancée en 2011, a rappelé le Forum, précisant que le FTDES figure parmi les parties opposées à cet accord.

N.B.

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