Présidentielle 2019 : Moncef Marzouki fait campagne à Tataouine

Le candidat à la présidentielle Moncef Marzouki s’est rendu hier lundi 9 septembre à Tataouine dans le cadre de sa campagne électorale. Retour sur ses principales déclarations ainsi que sur son parcours politique.

Une fois élu, le fondateur du Congrès pour la République s’est engagé à supprimer la zone tampon créée sur ses instructions il y a cinq ans pour lutter contre la contrebande et le trafic d’armes frontalier. Marzouki a également promis, lors d’une réunion tenue dans le centre ville de Tataouine, de lutter contre la pauvreté, de conquérir les marchés africains et de relancer des projets économiques dont la concrétisation a jusqu’ici été bloquée.

Il a par ailleurs promis de s’attaquer de nouveau aux « problèmes majeurs » sur lesquels il avait auparavant travaillé, tels que la « récupération des fonds volés placés à l’étranger », la pauvreté et la marginalisation des régions périphériques, les questions environnementales et les relations entre la Tunisie et certains Etats en guerre tels que la Libye. « Ces questions ont été mises de côté tout au long des cinq dernières années », a-t-il regretté, cité par l’agence TAP.

L’ancien président de la République a estimé qu’était « de son devoir » de reprendre les rênes du pouvoir afin de « remettre le pays sur les rails » avant de « laisser la place aux jeunes » et a promis de mettre en échec toute « tentative visant à saper l’unité du peuple ».

Parcours et prises de position

Moncef Marzouki a perdu les élections présidentielles de 2014 au profit de Béji Caïd Essebsi. Les partisans de ce dernier accusent jusqu’à aujourd’hui M. Marzouki d’avoir implicitement été soutenu par le parti islamiste Ennahdha, qui n’avait alors pas présenté pas de candidat. Le 25 mars 2013, lors d’un entretien à al-Jazeera, il met en garde « les extrémistes laïcs », déclarant que « si un jour ils réussissaient à prendre le pouvoir, de n’importe quelle manière », par un coup d’Etat par exemple, ils feraient face à « une nouvelle révolution, plus importante que la première » et risqueraient par conséquent d’avoir affaire à des extrémistes plus redoutables que les politiciens d’Ennahdha.

Le candidat, auparavant favorable à l’égalité de l’héritage, a opéré une « volte-face » sur cette question en faisant état de son intention de « jeter ce projet de loi à la poubelle » en indiquant vouloir respecter « la foi des Tunisiens », comme l’explique Nawaat.

En septembre 2015, il prend position contre le recours au test anal sur les homosexuels, faisant valoir son rejet de toute « agression contre l’intégrité physique et la dignité humaine de n’importe quelle personne et quelles que soient nos positions envers elle ».

Il juge indispensable de reconsidérer la question du développement économique en Tunisie en lui assignant une forte dimension locale et régionale. Il a par ailleurs exprimé sa volonté de voir l’Instance vérité et dignité poursuivre ses activités dans le cadre de l’achèvement de la transition démocratique.

En annonçant la création du Mouvement du peuple des citoyens le 23 décembre 2014, le médecin et militant des droits de l’homme entend « empêcher le retour de la dictature » qu’il a toujours soupçonné. Selon lui, la victoire de Nida Tounes s’explique par les erreurs commises par le pouvoir durant la période de transition (2011 – 2014), au cours de laquelle il était président. Pour lui, un « retour de l’ancien régime aux mécanismes de la tyrannie » et à la « culture de la désinformation » et de « l’argent politique » nécessite une opposition basée sur la « défense de l’indépendance de la décision et de l’unité nationale » et des « droits de l’homme et des libertés individuelles » acquises après la révolution.

N.B.

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