Photo : Kapitalis

Présidentielle 2019 : Slim Riahi tient des propos choquants dans une interview à al-Hiwar Ettounsi

Alors que deux des candidats à la présidentielle, Nabil Karoui et Slim Riahi, sont soupçonnés de corruption, ce sont les révélations de ce dernier qui aujourd’hui même font l’objet de commentaires acerbes de la part des internautes tunisiens : ceux-ci sont choqués par une interview qu’il a accordée hier soir à la chaîne al-Hiwar Ettounsi, où il tire à boulets rouges sur l’un de ses ennemis jurés : Youssef Chahed, qu’il accuse de manipuler l’appareil de la justice tunisienne.

Slim Riahi a tenu des propos choquants dans une interview à al-Hiwar Ettounsi, des accusations visant en particulier le chef du gouvernement Youssef Chahed. Il est d’abord à rappeler que deux des 26 candidats à la présidentielle, Nabil Karoui et Slim Riahi, font l’objet de soupçons de corruption et de blanchiment d’argent. Le 28 juin 2017, un juge d’instruction au sein du pôle judiciaire, économique et financier décide le gel des avoirs de M. Riahi, se basant sur des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent.

Visé par un mandat de dépôt, l’homme d’affaires a néanmoins déposé sa candidature à la présidentielle, qui a été acceptée par l’Isie. Actuellement en exil « forcé » en France, dit-il, c’est son hologramme qui est apparu en août 2019 à ses partisans lors d’un rassemblement au Palais des congrès au cours duquel il a annoncé la naissance de sa nouvelle formation politique, « El Watan El Jedid ». Il est également en campagne pour les législatives du 6 octobre en étant tête de liste dans la circonscription France-nord pour les Tunisiens vivant à l’étranger.

Les Tunisiens choqués par une interview donnée par Slim Riahi à la chaîne el-Hiwar Ettounsi

Une interview controversée de Slim Riahi, menée par Sami Fehri et diffusée dans la soirée de mercredi 4 septembre 2019 sur al-Hiwar Ettounsi, a permis à ce candidat à l’élection présidentielle de revenir sur ses déboires avec la justice tunisienne, « provoqués », selon lui, par un autre candidat que l’ancien chef du Club africain a visiblement décidé de discréditer au moyen de toutes sortes d’accusations : Youssef Chahed. Au cours de cet entretien enregistré en France où M. Riahi est en exil, l’entourage de Youssef Chahed n’a pas non plus été épargné. Cité par Espace Manager, l’ancien président de l’Union patriotique libre a assuré que le chef du gouvernement « a ouvert des couloirs avec la justice » et qu’il dispose à la Kasbah « d’une cellule dirigée par un juge et qui est sous son autorité et qu’il active contre ses opposants ». Selon lui, le gel de ses biens, l’interdiction de voyager dont il est l’objet et les affaires judiciaires dans lesquelles il est impliqué ne sont rien de moins qu’une manœuvre politique destinée à l’évincer de la scène politique.

Le site tunisien estime que « si le déballage de ce linge sale est une manière de se livrer à une sorte de voyeurisme malsain », la diffusion de cette interview à une heure de grande écoute et en pleine campagne électorale « sans possibilité de débat contradictoire » compromet la liberté des médias. « A moins de permettre à Youssef Chahed de disposer d’un temps égal à la même heure pour se défendre sur la même chaîne, on va se retrouver dans une compétition inégale, ce qui est en contradiction avec le principe de l’égalité des chances et de la neutralité des médias », poursuit Espace Manager.

Sur les réseaux sociaux, les Tunisiens sont horrifiés par ces révélations jugées infondées et en appellent à une réaction forte de la part de l’ISIE et de la HAICA. D’autres, à l’instar du doyen de la Faculté des Sciences humaines et sociales de Tunis, Jamil Chaker, dénoncent l’absence d’impartialité de la chaîne al-Hiwar Ettounsi. Pour lui, le message qu’a essayé de faire passer Slim Riahi est simple : « quoiqu’il soit l’homme le plus ‘clean’ de Tunisie, il ferait l’objet de persécutions systématiquement organisées contre lui par le chef du gouvernement. Toute l’interview est conçue comme une diatribe exclusivement dirigée contre [Youssef Chahed], ainsi diabolisé ».

Slim Riahi et Sami Fehri : l’excessif est insignifiantLe décor de l’interview est d’entrée de jeu planté : un…

Publiée par Jamil Chaker sur Jeudi 5 septembre 2019

Le cas Karoui

En 2016, c’est l’ONG I Watch qui accuse le magnat des médias Nabil Karoui de blanchiment d’argent et de détournement de fonds vers l’étranger. Plus récemment, le 8 juillet 2019, il est inculpé pour blanchiment d’argent et interdit de sortie du territoire. Il est finalement arrêté le 23 août suite à un mandat d’arrêt émis à son encontre par la chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis. Sa formation politique a dénoncé via un communiqué « des pratiques fascistes » et demande la libération de ce candidat controversé. Le 3 septembre, la cour d’appel décide toutefois son maintien en détention.

Une plateforme pour aider les Tunisiens à choisir leur candidat

Mongi Rahoui, Mohamed Abbou, Abir Moussi, Nabil Karoui, Moncef Marzouki, Mohsen Marzouk, Mohamed Nouri, Hechmi Hamdi, Youssef Chahed, Kais Saïed, Elyès Fakhfakh, Slim Riahi, Hatem Boulabiar, Abid Briki, Seifeddine Makhlouf, Mohamed Lotfi Mraïhi, Mehdi Jomaâ, Hamadi Jebali, Hamma Hammami, Abdelkarim Zbidi, Abdelfattah Mourou, Omar Mansour, Selma Elloumi, Saïd Aydi, Safi Saïd, Neji Jalloul… Les 26 candidats retenus par l’Isie se sont lancés dans une âptre campagne électorale qui a officiellement débuté lundi 2 septembre.

Face à une telle profusion de candidats hétéroclites qui met les Tunisiens dans un état d’incertitude et les principaux mouvements politique dans une situation de fractionnement, le site chnowabarnemjek a élaboré un questionnaire destiné à ceux des Tunisiens qui n’auraient pas encore fait leur choix, et dont le résultat est censé les aider à identifier le candidat dont le programme correspond le mieux à leurs attentes. « Chnowa Barnemjek ? », première plateforme en Tunisie présentant à la fois un comparateur de programmes politiques et un quiz présidentiel et législatif, soumet ainsi aux électeurs 45 questions sur 10 thématiques. Selon l’équipe de Chnowa Barnemjek, ces questions sont le fruit d’un sondage réalisé auprès des Tunisiens pour cerner les thématiques qui les préoccupent le plus.

N.B.

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer