Photo : France 24

Présidentielle en Algérie : qui sont les cinq candidats retenus ?

Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a dévoilé samedi 2 novembre lors d’une conférence de presse les noms des cinq candidats retenus (sur 22 postulants) pour l’élection présidentielle du 12 décembre. Parmi eux figurent quatre anciens ministres.

A quelques jours de l’élection présidentielle en Algérie, qui se tiendra le 12 décembre, la colère populaire reste forte. Les manifestants dénoncent une élection dans laquelle les candidats sont tous en quelque sorte liés à l’ex-président Bouteflika. En effet, parmi les cinq, on retrouve Ali Benflis, 75 ans, ancien chef du gouvernement et deux fois candidat malheureux à l’élection présidentielle. Et Abdelmadjid Tebboune, ministre à plusieurs reprises, ancien wali (préfet) et éphémère Premier ministre – en 2017 – du président Abdelaziz Bouteflika, indique Jeune Afrique. Et ce n’est pas tout. Azzedine Mihoubi, ex-ministre de la Culture et secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), y figure également. « Sa candidature est une première pour cette formation, traditionnel soutien du président déchu », explique encore Jeune Afrique.

Malgré les manifestations qui continuent en Algérie, l’élection présidentielle du 12 décembre aura ainsi bien lieu, suite à de multiples reports. Les cinq candidats retenus « déplaisent au peuple qui manifeste sa colère dans les rues d’Alger. Les Algériens rejettent en masse ce scrutin, trop lié à leurs yeux au régime d’Abdelaziz Bouteflika », indique l’Internaute. Le média rappelle que l’ancien chef de l’Etat algérien, qui a démissionné en avril dernier, n’a abandonné le pouvoir qu’après avoir tenté de rester en poste en « reportant sine die les élections ».

Une élection reportée plusieurs fois

L’armée avait finalement donné raison aux manifestants en organisant ces élections, d’abord en avril, puis en juillet, et maintenant en décembre. « L’élection de juillet avait été annulée faute de candidats », précise l’Internaute. La colère populaire ne s’apaise pas, car les candidats sont tous assimilés à l’ancien chef de l’Etat aux yeux des citoyens qui manifestent, ainsi qu’au pouvoir qu’ils ont contesté. Ainsi, Oran connaît une forte mobilisation dans ses rue. « La foule réitère son rejet des élections du 12 décembre et réclame un vrai changement démocratique », souligne le média TSA Algérie. « Makanch intikhabat maa el aissabat, ouel Djazair teddi listiqlal (il n’y aura pas de vote et l’Algérie accédera à l’indépendance) », « Ya Ali La pointe ethawra welat (Oh Ali La Pointe, la Révolution est de retour) », scandait la foule en colère.

https://twitter.com/TSAlgerie/status/1202949608986558466

France 24 précise qu’un unique débat télévisé sera organisé, vendredi soir, entre les cinq candidats en lice pour l’élection présidentielle algérienne. « C’est la première fois qu’un tel débat est organisé. Un échange unique entre les cinq candidats en lice pour l’élection présidentielle algérienne est organisé vendredi 6 décembre tel qu’annoncé par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) », indique la chaîne d’information française.

Les candidats à l’élection présidentielle

L’Internaute propose une description exhaustive des cinq prétendants pour succéder à Abdelkader Bensalah, lequel assure un intérim à la tête du pays depuis la démission de Bouteflika. Ali Benflis est le candidat le plus connu de cette élection présidentielle. Après avoir été ministre de la Justice, il a été le directeur de campagne de Bouteflika en 1999, et est devenu à son élection Premier ministre. Une fonction qu’il a exercée durant trois ans, avant une rupture, puisqu’il est devenu ensuite la figure de l’opposition à Bouteflika. Néanmoins, il conserve encore aujourd’hui l’image de l’éternel second de l’ex-président algérien, qui pourrait l’éloigner de la victoire à l’élection présidentielle, analyse le média français.

Abdelmadjid Tebboune a lui aussi été Premier ministre, pendant seulement trois mois, en 2017. Egalement contesté en raison de sa proximité avec Bouteflika, il avait occupé de nombreuses fonctions de haut fonctionnaire. Il a notamment été ministre de l’Habitat et l’Urbanisme, et ministre de la Communication.

Azzedine Mihoubi a quant à lui été ministre de la Culture sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika, jusqu’en mars dernier. Il est désormais secrétaire général du Rassemblement National Démocratique, un parti associé au Front de Libération National, présidé par Bouteflika.

Abdelkader Bengrina est pour sa part associé à la mouvance islamiste, qu’il représente. Il dirige le parti El-Bina (Construction), membre d’une coalition islamiste. Il a toutefois lui aussi été ministre, chargé du Tourisme, au sein du gouvernement de Bouteflika de 1997 à 1999. Il s’était déjà présenté en avril, avant la démission de l’ancien chef de l’Etat et le report des élections.

Enfin, Abdelaziz Belaïd est quant à lui « rattrapé par son engagement auprès d’associations de jeunes soutenant Abdelaziz Bouteflika, même si dès 2012, il fondait son parti, le Front de l’avenir (Front El Moustakba). C’est probablement le candidat le moins connu des cinq », souligne encore l’internaute.

La bévue du ministre de l’Intérieur algérien

Le ministre algérien de l’Intérieur, Salah Eddine Dahmoune, s’en est pris violemment mardi aux opposants à la présidentielle contestée du 12 décembre en Algérie. Diffusés par des chaînes de télévision privées, les propos du ministre, qui s’exprimait devant le Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, ont été immédiatement été fortement contestés sur les réseaux sociaux où ils suscitent encore des réactions « très majoritairement scandalisées », indique Le Parisien.

Dans l’extrait concerné, il dénigre notamment le mouvement de contestation du Hirak, qui, comme une très large partie de la population, refuse de participer au scrutin. « Aujourd’hui, il subsiste une pensée colonialiste qui utilise une partie des Algériens ou plutôt pseudo-Algériens, des traîtres, des mercenaires, des homosexuels. Nous les connaissons. Ces derniers se sont rangés derrière ces gens-là. Ils ne sont pas avec nous et nous ne sommes pas avec eux », a déclaré le ministre, sans nommer explicitement les personnes visées.

Le ministre a par la suite tenté de clarifier ses propos en écrivant, dans un post Facebook, qu’ils n’étaient destinés qu’à « quelques-uns des semi-agents, traîtres et [tenants] de pratiques honteuses dont toutes les descriptions sont méritées et qui ont internationalisé les affaires intérieures de notre pays au Parlement européen et aux ONG étrangères et leur ont donné l’occasion d’interférer dans nos affaires intérieures souveraines ».

#توضيح.نظرا لما بدر من بعض وسائل الإعلام و مواقع التواصل الإجتماعي من تحوير للتصريح الذي أدليت به اليوم بمجلس الأمة، و…

Publiée par ‎Saleh Eddine Dahmoune صلاح الدين دحمون‎ sur Mardi 3 décembre 2019

L’ANIE sera chargée de superviser la campagne électorale, et d’assurer aussi une répartition équitable du temps de parole entre les différents candidats. La course à la présidentielle se déroule dans un « contexte marqué par le rejet populaire d’une élection organisée sous la houlette du système actuel », analyse Jeune Afrique.

La présidentielle du 12 décembre doit aboutir à la désignation d’un successeur à Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par un mouvement (« Hirak ») populaire et inédit de contestation du régime, qui revendique désormais le démantèlement total du « système » au pouvoir depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Avec L’Internaute et AFP

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