Pression grandissante de la part de l’Arabie Saoudite sur les pays africains...

Pression grandissante de la part de l’Arabie Saoudite sur les pays africains afin de rompre les liens avec le Qatar

0
PARTAGER

La guerre d’influence à déjà commencé entre l’Arabie Saoudite et le Qatar et par extension Riyad et Téhéran. En Afrique, l’Arabie Saoudite a déjà commencé ses manœuvres pour isoler le Qatar et le couper de l’espace africain.

Selon le chercheur Benjamin Augé, sept pays ont déjà répondu à l’appel. En effet, depuis le début de la crise le Niger, la Mauritanie, le Sénégal, le Tchad, l’Egypte et les Comores ont rappelé leurs ambassadeurs en poste à Doha. Djibouti de son côté, a réduit le personnel de son ambassade, notamment pour ne pas trop offenser le Qatar, qui joue un rôle de médiateur dans la crise avec l’Erythrée.

Ces sept pays viennent alors rejoindre les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Yémen et l’Egypte qui tentent d’organiser un blocus terrestre et aérien à l’encontre du Qatar. Pour cela, l’Arabie Saoudite a fait pression via ses ambassadeurs en Afrique et ses émissaires spécialement envoyés depuis le royaume. Selon le journal Le Monde, ce dernier a menacé ces pays d’arrêter les aides financières, même les plus modestes et de compliquer l’obtention des visas pour le pèlerinage à La Mecque.

Cependant, cette stratégie n’a pu être concluante qu’avec des pays en situation financière et économique délicate, et qui subissent depuis longtemps l’influence saoudienne notamment via des organismes de charité qui construisent des mosquées et subventionnent de petits projets.

La Tunisie, le Maroc et l’Algérie en plus du Soudan et de la Somalie n’ont pas souhaité prendre part au conflit et appellent toujours à une réconciliation entre les deux parties. Ce sont des pays plus indépendants et qui favorisent la paix aux conflits dans leurs stratégies diplomatiques. Le Nigeria, le pays le plus peuplé de l’Afrique, où cohabitent musulmans et chrétiens, semble plus penché vers le Qatar. Les deux pays ont des relations de longue date et un contact permanent via le Gas Exporting Countries Forum, dont le siège est au Qatar.

Fin mai, lors du sommet des Etats sunnites qui a eu lieu en présence du président américain Donald Trump en Arabie Saoudite, le Nigéria n’a envoyé que des ministres alors que la plupart des pays étaient représentés par le président ou le premier ministre.

De surcroît, Muhammadu Buhari, le président actuel du Nigéria, est à la base un général nationaliste qui tient à garder son pays loin des crises diplomatiques et de veiller à ne pas attiser les tensions entre musulmans et chrétiens au sein du pays.

En conclusion, cette crise du Golfe a montré la vulnérabilité de la puissance géopolitique du Qatar qui, malgré son empire médiatique Al Jazeera, les privilèges accordés aux ambassadeurs africains à Doha (voitures de luxes, emplacements stratégiques de leurs ambassades, etc.), ses efforts et ses investissements en Afrique depuis la fin des années 90, n’est pas parvenu à compenser son manque de territoire vital, ce qui fait qu’aujourd’hui, il manque de moyens de pression pour s’entourer d’alliés en Afrique.

N.B

Pas de commentaires

Laisser un Commentaire