Quand les refugiés font le choix d’être connectés plutôt que rassasiés

Quand les refugiés font le choix d’être connectés plutôt que rassasiés

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Constant souvent l’existence de smartphones en possession des réfugiés, le journal britannique The Economist a mené son enquête afin de percer à jour le phénomène.
En effet, malgré la situation particulièrement difficile de certains camp de refugiés, plusieurs entre eux, sont équipés de smartphones. La raison ? il s’agit d’un marché florissant parmi les réfugiés qui sont prêts à se priver de nourriture, à dépenser un tiers de leurs économies afin d’acquérir un smartphone.
Depuis 2015, quand les photos des réfugiés ont commencé à faire le tour du net, tout le monde a dû remarquer ce phénomène, bien visible sur les clichés.
Mais pourquoi les réfugiés sont-ils près à braver la famine et sacrifier une bonne partie de leurs maigres réserves afin de prendre possession d’un téléphone connecté ?
The Economist confère au phénomène plusieurs justifications.
D’abord, d’ordre affectif et psychologique, sur une terre inconnue, très loin de son pays d’origine, le refugié développe le besoin naturel de retrouver ses repères, d’où la nécessité d’appeler ses proches. Aussi, se connecter à la famille lui permet d’avoir un sentiment de sérénité et de garder espoir.
A ce propos, un certain Hekmatullah, jeune réfugié afghan âgé de 32 ans, a confié : « Je dois être en contact avec ma femme, qui reste chez elle ». L’homme est basé au camp de migrants d’Oenophyta aux alentours d’Athènes. Même si le Wi-Fi y fonctionne rarement, le jeune afghan a préféré saisir l’opportunité au risque d’avoir parfois faim, lui, sa sœur, ses cinq enfants et son ami. Le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les refugiés), cette histoire ne constitue point une exception, quand ca vient à faire un choix, le refugié choisi d’être connecté plutôt que d’être rassasié.
La deuxième raison qui motive les migrants clandestins est d’ordre pratique. Le smartphone leur permet d’être informés de l’actualité, et par conséquent de leur situation. S’il y a une nouvelle loi qui les concerne ou encore une décision politique en rapport avec les réfugiés, la connexion leur permet d’être au courant.

Autre motif, le contact avec les passeurs. En étant connecté, le refugié pourrait entrer en contact avec un passeur ou même connaitre l’itinéraire en cherchant sur le net. Ce phénomène a d’ailleurs été baptisé « informational no-man’s-land » (no-man’s-land informationnel) par professeur de l’université de Pennsylvanie, en référence au rôle joué par le mobile connecté dans la vie d’un réfugié déconnecté du monde.
Toutefois, certains camps à l’instar de celui de Dunkerque an nord de la France, n’ont pas d’installation de réseau. Vu qu’il est provisoire, les autorités refusent de le connecter. Cela oblige les occupants à faire des kilomètres à pieds afin de trouver de la connexion gratuite et par extension, garder un lien indéfectible avec leurs porches, l’espoir de passer vers l’Angleterre et le sentiment d’appartenir à ce monde.

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