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Le "shutdown" le plus long de l'histoire des Etats-Unis, provoqué par un conflit budgétaire entre Donald Trump et la Chambre des représentants à majorité démocrate, est entré lundi dans sa quatrième semaine sans qu'une issue soit en vue. /Photo prise le 7 janvier 2019/REUTERS/Brendan McDermid .

Quatrième semaine de « shutdown » : des conséquences désastreuses pour l’économie américaine

Parce qu’elle a dépassé le précédent record de 21 jours de shutdown enregistré sous la présidence de Clinton, et faute d’accord budgétaire pour financer les dépenses gouvernementales de 2019, l’administration fédérale est immobilisée. Quelque 800 000 employés fédéraux sont ainsi au chômage forcé ou travaillent sans solde.

Près de quatre semaines de fermeture partielle des administrations fédérales aux Etats-Unis, l’impasse politique est toujours présente : le shutdown, catastrophe pour les finances de nombreux fonctionnaires non payés, semble loin de se résoudre.

Différend autour de la question du « mur » à la frontière avec le Mexique

Le président Donald Trump réclame que soient inscrits dans le budget fédéral 5,7 milliards de dollars pour financer le mur à la frontière avec le Mexique, cheval de troie du président américain, qui le présente comme la seule manière de lutter contre l’immigration illégale, ce que l’opposition démocrate refuse. Ce désaccord profond contraint depuis plus de trois semaines quelque 800 000 employés fédéraux au chômage forcé, ou à travailler sans solde pour ceux dont les emplois sont jugés essentiels.

Il y a deux jours, le président et ses opposants démocrates ont continué à s’accuser mutuellement d’être responsables du blocage. « Il est de plus en plus évident que les démocrates radicaux sont le parti des frontières ouvertes et de la criminalité. Ils ne veulent pas entendre parler de la crise humanitaire majeure à notre frontière sud », a martelé le chef de la Maison Blanche sur Twitter.

Une angoisse pour les fonctionnaires

Les fonctionnaires affectés par ce blocage doivent continuer à payer leurs factures et à rembourser leurs prêts. Des initiatives solidaires se multiplient pour leur venir en aide. Le célèbre chef américano-espagnol Jose Andres, très critique de la politique Donald Trump, a ouvert mercredi une « cuisine » non loin de la Maison Blanche et du Congrès pour nourrir « tous les employés dans le besoin et leurs familles ». Cette opération « ChefsforFeds » doit durer jusqu’à la réouverture des administrations. Une longue file a été constatée dès l’ouverture devant le petit restaurant qui sert sandwiches, salades et soupes. Des fonctionnaires se tournent aussi vers les banques alimentaires.

« Environ une personne sur trois disait être un employé fédéral en congé » lors de la distribution organisée mardi par Bread for the City, a indiqué George Jones, le responsable de la structure. « Ce sont des gens qui ne viennent pas normalement chez nous. »

La situation est encore plus compliquée et injuste pour les salariés de sous-traitants des établissements publics qui, au contraire des employés fédéraux, ne recevront aucune compensation à la réouverture des administrations.

« Je vais bientôt perdre ma voiture car je suis en retard (sur les remboursements), je vais bientôt perdre mon assurance santé, mon assurance auto et mon permis de conduire car j’ai un échéancier avec le Département des véhicules à moteur (DMV) et si je manque un versement, je perds mon permis », a affirmé à l’AFP Yvette Hicks, 40 ans, qui travaille pour l’institution culturelle Smithsonian.

Face aux dettes qui s’accumulent, les grandes banques ont mis en place des facilités de paiement sous la forme de prêts sans intérêt ou de crédits à la consommation à intérêts très faibles. Les fournisseurs d’accès à internet et compagnies de téléphonie mobile ont également annoncé des facilités de paiement. En Virginie et dans le Maryland, plusieurs foires à l’emploi sont organisées cette semaine pour ceux qui recherchent un travail rémunéré pendant le shutdown, explique le média économique français La Tribune.

Un impact économique important sur le pays

Le blocage a aussi un coût pour l’économie américaine. Selon le New York Times, le gouvernement a estimé qu’il ferait perdre en janvier 0,5 point de pourcentage de croissance trimestrielle.

Affectée par le shutdown qui paralyse en partie le gouvernement américain, une brasserie de la capitale Washington a attaqué l’administration Trump en justice, au motif qu’il lui était maintenant impossible de distribuer ses produits. La brasserie Atlas Brew Works a porté plainte cette semaine contre le ministre de la Justice par intérim, Matthew Whitaker, alors que le shutdown est à sa quatrième semaine.

Les employés du TTB, l’Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau, un petit bureau affilié au ministère du Trésor et chargé d’approuver la vente de produits alcoolisés, sont également en difficulté. Aux Etats-Unis, le commerce de nombreux produits dont l’alcool entre les différents Etats est conditionné à l’approbation du TTB. Et pendant le shutdown, ses employés, qui ne sont pas jugés essentiels pour le bon fonctionnement du pays, ne travaillent pas.

N.B., avec AFP et La Tribune

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