Quebe’Quoi

Quebe’Quoi : un nouveau restaurant qui propose de délicieuses spécialités canadiennes à Tunis

C’est à el-Menzah 8 que Quebe’Quoi, un nouveau restaurant proposant des spécialités canadiennes, a ouvert ses portes le 20 septembre dernier. Le concept : faire connaître aux Tunisiens des mets qui leur sont inconnus mais qui font fureur au Canada, où l’un des deux frères qui sont aujourd’hui à la tête de Quebe’Quoi a vécu pendant plusieurs mois avant de revenir s’installer en Tunisie. 

Il s’agit d’Ahmed Mansour, 39 ans, qui a expliqué au Diplomate Tunisien qu’après des études au collège canadien LaSalle de Tunis, c’est naturellement vers le Canada qu’il s’est par la suite tourné en réfléchissant au lieu où il désirait s’installer en famille, avec son épouse, pour travailler en tant qu’infographiste et illustrateur. Un séjour qui n’aura finalement duré que quelques mois. « Un événement familial a changé mes plans et j’ai dû retourner en Tunisie. Là, avec mon petit frère, Wéjih, on a décidé de monter notre propre entreprise. Au début, on ne savait pas qu’on finirait dans le secteur de la gastronomie, qu’on connaît très peu. On voulait simplement monter notre propre projet à deux. Mais l’idée de l’ouverture d’un restaurant nous est venue car en me rappelant les plats fantastiques que j’avais goûtés pendant mon séjour, je me suis dit qu’ils pourraient beaucoup plaire aux Tunisiens », dit-il.

Faire connaître le plat-phare du Québec : la poutine

La mise à exécution du plan initial a été totalement auto-financée grâce aux économies que les deux frères ont réussi à faire pendant quelques années, et a pris pile un an. Une prouesse, lorsque l’on voit le soin avec lequel le local, aux dominantes noire et blanche et à l’aspect typique du fast-food américain branché et assez chic, a été conçu et décoré.

Au menu de ce petit restaurant niché dans la petite rue Ariha d’el-Menzah 8, divers plats et spécialités américaines sont proposés : hamburgers, hot-dogs, salades plus ou moins consistantes, mais surtout, la « poutine », le plat-phare de la cuisine québécoise que ces deux jeunes Tunisiens ont tenu à populariser ici. Dans sa version la plus classique, ce mets est composé de trois pièces maîtresses : des pommes de terre, du fromage cheddar et de la sauce brune, qu’ils importent du Canada. Car « la préparation de cette sauce brune composée de bouillons de bœuf et de légumes exige un temps fou et, comme nous ne pouvons pas encore en mesurer le succès potentiel en Tunisie, nous préférons pour le moment l’importer du Canada sous forme de poudre afin qu’il ne soit pas problématique d’en avoir en excès, la poudre pouvant être plus longtemps conservée », nous explique le petit frère de l’équipe, Wéjih, 31 ans, auparavant consultant juridique.

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L’idée de populariser la poutine en Tunisie est d’autant plus opportune qu’aujourd’hui celle-ci est très en vogue, bien au-delà des frontières du Québec. Alors qu’il a longtemps été considéré comme un plat quelconque, ce mets se voit aujourd’hui organiser des festivals à son effigie : Drummondville, Montréal, Québec… plusieurs villes canadiennes le célèbrent lors d’événements entièrement dédiés à lui. Et c’est également le cas en dehors de son lieu d’ancrage, comme à Chicago, au New Hampshire, à Toronto et à Ottawa. La multitude des variantes qui en sont aujourd’hui déclinées a fait que la poutine est devenue une nouvelle catégorie culinaire à part entière, au même titre que les dumplings ou les sandwichs. « Il était donc temps que les Tunisiens en fassent la découverte ! », ajoute Wéjih.

Touches personnelles

La fidélité aux recettes authentiques des mets canadiens qu’Ahmed et Wéjih ont instituée comme une règle inviolable (ils refusent en effet, contrairement à beaucoup, de mêler aux préparations d’origine des condiments comme la harissa) n’a toutefois pas empêché les deux acolytes de laisser libre cours à leur inventivité et à l’expression de leurs goûts personnels : en plus d’avoir élaboré de nouveaux dosages dans la conception de certains condiments afin de leur assurer une meilleure adaptation à la culture culinaire de leurs clients tunisiens (la sauce brune, par exemple, est servie dans une version légèrement plus adoucie que celle d’origine), les deux entrepreneurs ont doté certains des plats de noms de leur cru. A Quebe’Quoi, la poutine classique est ainsi appelée Vladimir (pas difficile à mémoriser !), et une autre variante de poutine dans laquelle s’ajoutent aux trois éléments de base des champignons, des saucisses de hot-dog et des oignons caramélisés a pris pour nom L’arsenal, en hommage au club de football anglais qu’affectionne Ahmed. Wéjih, amateur d’une équipe rivale, celle des Diables Rouges de Manchester, a lui décidé d’attribuer à l’un des hot-dogs proposés le nom de United hot-dog.

D’autres appellations de plats ont elles été inventées à partir d’alliages de mots qui leur sont chers. Ainsi, l’une des salades, composée de laitue, de noix concassées, de tomates cerises, de kiwi et de roquefort, a été affublée du nom de Ma Sonida, qui est le fruit d’une combinaison des prénoms des épouses de Wéjih et Ahmed, Aïda et Sonia, qui ont d’ailleurs elles aussi beaucoup contribué à la réussite du projet.

Les proprios sont eux-mêmes les serveurs

Les deux frères, dont se trouve toujours au moins un dans ce restaurant tout au long du service, ont pour le moment décidé de ne pas embaucher de serveurs. « On préfère servir nous-mêmes nos clients pour interagir avec eux, avoir leurs avis sur nos plats, voire recueillir auprès d’eux des idées d’adaptations culinaires qui ne nous seraient pas encore venues à l’esprit », explique Wéjih. Si le restaurant n’en est qu’à ses débuts et qu’il est encore trop tôt pour dire si les Tunisiens sont conquis, les Canadiens résidents à Tunis, eux, y sont déjà allés en masse depuis qu’ils en ont entendu parler. « Et ils adorent ! », lance Ahmed. Celui-ci explique qu’il mise aussi beaucoup sur les Tunisiens expatriés au Canada, de plus en plus nombreux, non seulement parce qu’ils pourraient constituer une future clientèle, mais également parce que connaissant la bonne cuisine canadienne, ils pourraient recommander l’adresse, si elle acquérait un peu de renommée, à leurs proches vivant en Tunisie.

 

Quebe’Quoi

La convivialité du lieu et la qualité des repas sont en tout cas au rendez-vous. Les prix, assez abordables (en moyenne, un plat coûte dix dinars tout en étant bien copieux et le prix du plat le plus cher est de vingt dinars, mais vu sa dénomination, la “poutine folle”, on en comprend vite la raison : son impressionnante consistance en fromage, bacon, viande hachée, hot-dog, etc.), pourraient également faire de ce nouveau venu dans le milieu florissant des fournisseurs de cuisines du monde une destination de choix pour découvrir la poutine et les autres préparations américaines et canadiennes goûteuses, et toujours riches en oignons brunis caramélisés dans l’huile. A tenter !

N.B.

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