conflit en Libye

Quelle diplomatie pour le conflit en Libye ?

Certes, les observateurs suivent les tractations menées ici et là avec l’espoir qu’elles aboutissent à une solution acceptable. Les principes auxquels des participants libyens à la réunion de Tunis du 6 Décembre 2015 sont parvenus ont brièvement donné l’illusion d’un ralliement des deux organes législatifs libyens à une telle solution avant que les réactions venant de l’intérieur et de l’extérieur ne ramènent tout le monde à la réalité. Les conclusions de la réunion tenue à Rome le 13 Décembre, préparée également à Tunis, et la signature de l’accord de compromis le 17 Décembre, auront -elles plus de chance de conduire vers une entente nationale et internationale sur la Libye et ce en dépit des divisions devenues évidentes à l’intérieur même des deux parlements rivaux et de l’incertitude qui entoure toujours la position des factions armées et des tribus qui détiennent la réalité du pouvoir sur le terrain, sans parler de la position des forces dirigées par le général Haftar? En cas de poursuite de ces dissensions et incertitudes qu’adviendrait-il du gouvernement qui sortirait de l’accord parrainé par les Nations Unies? Doit-il attendre pour s’installer les dispositions sécuritaires prévues, dont les contours restent vagues et la durée indéterminée, et devenir ainsi un gouvernement fictif, voire un gouvernement en exil? Si l’entente devait s’avérer tout de même réelle, ce que tous les amis de la Libye ne peuvent que souhaiter, cela irait dans le sens du premier « cas de figure » mentionné ci-dessus. Toutefois, la Communauté Internationale devrait faire preuve de vigilance, car combien de fois n’a-t-on pas vu des accords conclus pour la Libye remis en cause plus tard par l’une ou l’autre des parties, ce qui a fait perdre plus de temps et donné aux terroristes la possibilité de gagner davantage de terrain? Le temps est ce qui manque le plus dans ce pays et il ne faut pas en dilapider davantage. Nous parlons de quelques jours et peut être de quelques semaines, certainement pas de mois ou d’années, avant que les mouvements du terrorisme international n’achèvent leur mainmise sur le pays et ne rampent sur les pays limitrophes et au-delà en faisant la jonction avec les cellules extrémistes qui y sont déjà positionnées. Ne dit on pas que les chefs de ces mouvements viennent de déplacer leurs quartiers généraux des déserts de la Syrie et de l’Irak vers des villes côtières libyennes? Ce ne serait sûrement pas pour y pratiquer le tourisme balnéaire ou culturel….C’est pourquoi, et même en cas de consensus sur l’accord et d’une entrée effective en fonction à Tripoli d’un gouvernement d’union nationale, cela ne serait pas de nature à convaincre les groupements terroristes de baisser les bras. L’opération militaire de nettoyage décrite plus haut resterait donc nécessaire. Dans tous les cas, la Communauté Internationale devrait garder à l’esprit le deuxième cas de figure pour le cas où la situation devait revenir au point de départ en Libye. La sagesse exigerait aussi que des mesures prévisionnelles soient discutées et envisagées pour le cas où des pays voisins viendraient à subir des pressions militaires directes de la part de ces groupements.
La diplomatie tunisienne et celles des pays voisins, qui se sont employées, souvent en ordre dispersé, à concilier les positions des parties libyennes devraient aujourd’hui unir leurs forces pour pousser la Communauté Internationale représentée par l’ONU et son Conseil de Sécurité à sortir rapidement de l’expectative.

A.H

 

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