Faten Ghriss

Qui est Faten Ghriss, la Tunisienne sélectionnée par la Fondation Obama pour une formation spéciale ?

Faten Ghriss est une jeune ingénieure tunisienne qui a été sélectionnée, aux côtés de deux autres Tunisiens, par la Fondation Obama pour intégrer une formation destinée à 200 « futurs leaders africains ». Elle a rencontré il y a un mois l’ex-président américain Barack Obama à Johannesburg lors du lancement du programme. Une sélection méritoire qu’elle doit à un dur labeur et plusieurs années d’études et de contributions diverses à la vie associative des établissements qu’elle a fréquentés.

Inaugurée le 31 octobre 2017 à Chicago, la fondation Obama est au centre des activités post-présidentielles du 44e dirigeant des Etats-Unis. Ses nombreuses activités sont centrées sur le mentorat, l’éducation et la formation professionnelle. En février 2018, la Fondation a ainsi annoncé le lancement d’un programme de bourses à l’Université de Chicago. Celles-ci sont décernées à des étudiants américains et internationaux dans le but de promouvoir le leadership, et couvrent les frais de scolarité et de subsistance des étudiants pendant leur cursus et les travaux qu’ils mènent au sein de la fondation.

Dans un entretien accordé à Femmes de Tunisie, la jeune femme, qui fait désormais partie des bénéficiaires des programmes de la fondation, a expliqué avoir entamé un parcours classique, avec des études à l’Insat, dans le but de devenir ingénieure en télécommunications. Mais une inscription à un programme d’échange d’une année aux Etats-Unis a opéré un revirement important dans son parcours. « Une année qui m’a ouvert de nombreuses portes », dit-elle. « Le programme, intitulé ‘Thomas Jefferson Scolarship’, est ouvert à des étudiants de différents domaines. Je suis donc partie une année durant au Minnesota », a-t-elle expliqué au magazine tunisien.

« C’est là que j’ai pris conscience de ce que je suis réellement capable d’accomplir, de mon potentiel, a-t-elle encore expliqué. On attend souvent que le gouvernement, les parents, les amis, les employeurs etc., nous donnent des choses, alors que le déclic vient lorsqu’on se décide à se donner ce dont on a besoin soi-même. C’est ce que j’ai appris durant mon année d’échange. »

L’importance de la vie associative

Avant d’en arriver là, Faten Ghriss a aligné les expériences au sein de clubs et d’associations. Elle raconte ainsi que durant ses premières années de fac à l’Insat, elle a intégré un club de télécom dont elle est devenue vice-présidente l’année suivante. « En 4e année, j’ai postulé pour le programme d’échange aux Etats-Unis et j’ai intégré l’Aisec [Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales]. J’ai essayé d’améliorer mon CV, de me concentrer sur mon développement personnel. Dans ces clubs, on apprend qu’on est là pour échanger des connaissances et non pour gagner de l’argent. C’est là que la vraie carrière se met en place. »

A l’issue de son programme d’échange, la jeune femme a eu la possibilité de lancer en Tunisie un projet grâce à un programme de bourses pour lequel elle a brillamment postulé. « C’est ainsi que des amis et moi avons pensé à mettre en place l’association Young Tunisians Coders Academy », dit-elle, précisant que cette structure était destinée à délivrer des programmes d’apprentissage en informatique à des jeunes et des enfants. « Pour ce projet, nous avons été choisis parmi trente candidatures tunisiennes. L’association a bien évolué en trois ans. Aujourd’hui, nous organisons des ‘summer camp’, des compétitions régionales et nationales, et nous avons même des conventions avec des écoles privées pour partager notre programme avec des élèves. »

Vers la fondation Obama

La jeune femme a ensuite été recrutée au sein d’une société américaine basée en Tunisie, la même qui a hébergé son projet de fin d’études ou PFE. « C’est là que j’ai appris la culture d’entreprise à l’américaine. On m’a responsabilisée dès le départ. » Depuis quelques mois, elle travaille au sein de la startup Instadeep. Lancée par un jeune auto-entrepreneur originaire de Tataouine, la startup « a réussi en quelques années à s’installer à Londres, à Paris et au Kenya. Une vraie et belle expérience que j’ai le plaisir d’explorer au quotidien », raconte-t-elle encore au magazine tunisien.

Grâce à son réseau, Faten Ghriss affirme également avoir intégré ‘Facebook For Developers’, « une communauté de développeurs créée par Facebook » dont l’objectif est de les mettre en contact dans une optique de synergie. « Aujourd’hui, nous travaillons selon les besoins de la communauté tunisienne. Nous avons des ‘conference call’ tous les mois et organisons ensemble des événements sponsorisés par Facebook. On nous considère comme un pays pionnier dans le cercle des développeurs. »

Evoquant sa sélection pour la formation délivrée par la célèbre fondation Obama, la jeune femme explique que ce qui l’a attirée, « c’était la formation adressée aux Africains. Ils allaient choisir 200 ‘futurs leaders’ sur tout le continent. J’ai eu le plaisir d’être choisie avec deux autres Tunisiens ».  « C’est une année de formation que nous avons entamée à Johannesburg pendant une semaine, en juillet. Je ne savais pas qu’Obama allait venir nous voir. Nous avions un programme chargé, auquel prenaient part nombre de personnalités, dont des ministres et des hommes d’affaires. C’est durant cette semaine que j’ai appris que j’avais été choisie avec seulement deux autres bénéficiaires parmi les 200 participants pour rencontrer le président Obama ! », s’est-elle réjouie dans la même interview.

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