Qui est Rihab Ammar, l’étudiante tunisienne la plus appréciée à l’Université de...

Qui est Rihab Ammar, l’étudiante tunisienne la plus appréciée à l’Université de Fort Lewis aux Etats-Unis?

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Rihab Ammar, 23 ans, est une jeune étudiante originaire de Gafsa (gouvernorat de Béja) qui est partie aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme d’échange d’étudiants. A l’université de Fort-Lewis à Durango (Colorado), elle fait ses études avancées en génie énergétique, tout en menant des recherches dans le cadre de son stage à la Plata Electric Association.
Récemment, la jeune fille a découvert l’Utah et la neige abondante, après un voyage de 63 heures en bus de Durango à l’Utah, où elle a campé avec des amis.
Rihab Ammar, via son apprentissage intensif, espère pouvoir retourner en Tunisie et appliquer ses connaissances.
« Je veux essayer d’appliquer les connaissances que je reçois ici, » avoue-elle. «Les inventions comme la grille intelligente et les moyens de réduire la consommation – tout ce qui concerne l’énergie non polluante. »
Rihab Ammar se distingue particulièrement par son intelligence et ses capacités énormes à mémoriser et reproduire ce qu’elle a appris. Elle parle couramment quatre langues – l’arabe, le français, l’anglais et l’espagnol – et ses résultats comptent parmi les meilleurs résultats d’examens en Tunisie. Elle bénéficie d’une bourse complète pour assister aux cours du Collège Fort Lewis cette année. Elle est arrivée en août et prévoit partir fin avril, quand l’année scolaire s’achèvera.
En juillet, la jeune femme prévoit de se marier. Par la suite, elle ira au Japon avec son mari, où ils devront passer deux ans. Pendant son séjour au Japon, Ammar est déterminée à apprendre l’allemand en vue d’un déménagement en Allemagne, où elle compte poursuivre un mastère et se spécialiser dans les énergies renouvelables.
Pour son ambition future, l’étudiante fait un stage dans son domaine académique, elle travaille ainsi environ trois jours par semaine à l’Association électrique de La Plata, où elle récolte des données sur des projets liés aux énergies renouvelables.
« Comme beaucoup de stagiaires, Ammar est arrivé aux USA avec des idéaux élevés dans son domaine d’étude et a dû se heurter aux défis liés à la subtilité de son domaine », a déclaré Dan Harms, directeur de la technologie et de la politique énergétique à LPEA. Il a ajouté : «Nous aimerions tous être 100% vert, mais il y a des choses à accomplir avant ».
Concernant Rihab, le professeur Harms l’a décrit en ces termes: «Elle est pleine d’enthousiasme et nourrit l’ambition de tout apprendre sur l’énergétique et les énergies renouvelables, sa capacité de mémorisation est phénoménale, une vraie éponge. Elle est certainement à la hauteur de tout défi, c’est une jeune fille très intelligente. »

Aux USA, les étudiants sont libres de choisir leurs carrières futures, en Tunisie, il y a la contrainte du passage par les examens nationaux dont les résultats déterminent les pistes académiques possibles à chaque étudiant. Pour Ammar, qui fait partie des meilleurs 1%, soit l’élite, toutes les portes étaient ouvertes. «J’avais de très bonnes notes et un score excellent, j’étais de ce fait libre de choisir et d’obtenir ce que je voulais», a-t-elle expliqué.
Pour la jeune étudiante, la Tunisie, avec son climat méditerranéen, a un bon potentiel pour les énergies renouvelables, et la politique du pays s’oriente vers les énergies vertes. De plus, le pays est un producteur de premier plan d’un certain type de silicium utilisé dans la production de panneaux solaires, Rihab espère favoriser le développement des panneaux solaires et de les fabriquer en Tunisie à partir de matériaux locaux.
Le point fort de la jeune étudiante, c’est son ouverture à la culture d’autrui.
Pendant la pause hivernale, elle a sauté dans un autobus pour Washington, D.C. pour découvrir la campagne américaine et son étendue.
Elle est allée faire du camping avec des amis dans l’Utah, allé à la fête des ballons d’Albuquerque, a visité le Dakota du Nord et effectué une excursion d’une journée à Vallecito. Dans les prochaines semaines, elle envisage de faire du ski au Purgatory Resort.
A propos de la neige, son avis était mitigé. Même si ses premières impressions étaient positives, après avoir tombé quelques fois sur la glace, elle a changé d’opinion.
En Tunisie, Rihab a un frère plus jeune au lycée qui s’intéresse à la mécanique, aux mathématiques et à l’ingénierie, et une sœur cadette qui n’est pas encore au lycée.
Sa mère est enseignante de français et son père est infirmier.
« Je pense qu’ils sont la raison de mon succès, » a-t-elle affirmé.
Laurie Williams, professeure de physique et d’ingénierie au Collège Fort Lewis, a déclaré qu’Ammar était le genre d’étudiante que tout prof souhaitait avoir dans sa classe- polie, travailleuse, sérieuse et suffisamment mature pour gérer son potentiel et diriger son apprentissage.
«Elle a toujours son écharpe sur la tête, mais personne ne semble la traiter différemment», a déclaré Williams, comme pour affirmer l’intégration de la jeune femme malgré son attachement à ses origines et sa culture.
Depuis la révolution, les jeunes tunisiens et tunisiennes ne cessent de cultiver l’optimisme, conscients de leur pouvoir de changement. Les énergies renouvelables, les hautes technologies, l’économie numérique et l’informatique sont tous des domaines qui les attirent particulièrement, à cause de leur potentiel futur. Partir à l’étranger tout en envisager de revenir, ne peut que changer progressivement la réalité de la Tunisie dans quelques années.
Andy Burns, directeur des admissions au collège, a déclaré que le programme de bourses d’études de l’IREX Tunisie contribue à améliorer les capacités des étudiants à travers le monde tout en leur offrant la possibilité de comprendre les points forts de la culture américaine.
Notons que Fort Lewis participe pour la première fois à l’accueil d’étudiants étrangers, son excellente collaboration avec la tunisienne Rihab Ammar « toujours souriante », a décidé l’administration de l’université à renouveler l’expérience l’année prochaine, et s’engager à être l’hôte de plus d’étudiants.
N.B

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