République démocratique du Congo
En pleine période électorale, les autorités congolaises ont coupé tous moyen de communication et d'information depuis plusieurs jours. (LUIS TATO / AFP).

République démocratique du Congo : « colère et frustration » après la coupure des accès à internet et à l’information

Les autorités congolaises ont coupé tous les moyens de communication et d’information depuis le matin du 31 décembre, créant un climat de suspicion dans ce pays en pleine période électorale.

Les habitants de la République Démocratique du Congo sont de plus en plus inquiets. Depuis maintenant quatre jours, le réseau internet est bloqué et l’émetteur de Radio France Internationale (RFI) a été coupé par les autorités congolaises, qui ont également enlevé l’accréditation à la correspondante de la radio. Pendant ce temps, aucun résultat de la présidentielle n’a encore été communiqué, explique France Info.

Climat de suspicion

« Selon des opérateurs de téléphonie, cette mesure a été prise sur instruction du gouvernement, qui n’a pas donné pour le moment de justification officielle. Elle intervient au lendemain des élections générales et suscite des réactions de suspicion de la part de l’opposition et de la société civile congolaise. Par ailleurs, RFI n’est pas audible sur sa fréquence habituelle dans la capitale Kinshasa », explique la radio concernée, RFI.

Les Congolais se sont rendus aux urnes pour un scrutin historique, censé mettre fin au régime du président Kabila au pouvoir depuis presque deux décennies. « Mais à Kinshasa, Michel Kambale en a assez de ces coupures et se montre fataliste », explique France Info. « Les gens avaient déjà un peu anticipé le problème de coupure d’internet. Cette méthode avait déjà été utilisée plusieurs fois, quand le gouvernement était en difficulté », a-t-il déploré en s’adressant au média français.

Trafics de cartes SIM

Une situation qui a incité les Congolais à s’organiser pour rester joignables et connectés. Et « déjà des revendeurs de cartes SIM sont venus de Brazzaville et se sont installés près du port. Les habitants tentent de capter le réseau de l’autre Congo, séparé seulement par le fleuve », indique France Info.

Mais ces démarches coûtent cher aux Congolais. Ange Goyi ne peut pas se le permettre. « Ils ont limité notre liberté d’expression » explique-t-elle à France Info. « On ressent de la colère et de la frustration. On n’a pas pu communiquer avec nos proches pour le nouvel an, ni leur souhaiter une bonne année. C’est vraiment inquiétant et on ne sait pas quand ça va se rétablir », dénonce-t-elle.

« Empêcher un dépouillement en toute transparence »

RFI rapporte que les candidats de l’opposition estiment que le gouvernement aurait pris cette décision pour empêcher un dépouillement en toute transparence. « Compte tenu de l’impraticabilité des routes en RDC, surtout en cette saison de pluies, Internet est indispensable pour la collecte des données », déplore Abraham Lukabuanga, porte-parole du candidat Félix Tshisekedi, cité par RFI.

Les autorités de Kinshasa justifient elles cette mesure par la nécessité de maintenir l’ordre public.

Même son de cloche du côté du candidat de l’opposition Martin Fayulu. Eve Bazaïba, sa porte-parole, rappelle que l’application WhatsApp et les SMS restent les moyens les plus simples pour les observateurs de communiquer les résultats provisoires des bureaux dans lesquels ils effectuent leur mission.

Le huis clos s’installe ainsi peu à peu en RDC et les résultats des élections semblent de plus en plus s’éloigner. Initialement prévus dimanche, ils pourraient être reportés à la semaine prochaine.

N.B. avec France Info et RFI

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