Missions diplomatiques

Rétrospective : La 36ème Conférence annuelle des Chefs de Missions diplomatiques et consulaires et les prochaines échéances

Comme il a tenté de le faire l’année dernière à cette même époque, (voir la rétrospective du 03 août 2017), ce journal se propose dans les lignes qui suivent de tirer des conclusions, fruit d’un cumul d’expériences longues et variées, de la dernière conférence annuelle des Chefs de Missions diplomatiques et consulaires tunisiens.
Cette Conférence marathon, tenue du 23 au 31 juillet 2018 au milieu d’une actualité politique particulièrement dense, n’a certes pas attiré l’attention qu’elle méritait parmi les organes d’information nationaux, hormis les organes officiels et autres organes « officieux » bénéficiant d’un traitement particulier. Ce journal, qui s’est donné pour unique mission d’accompagner la diplomatie tunisienne et de contribuer à promouvoir le « label Tunisie », sous la conduite d’une jeune association d’anciens chefs de postes tunisiens (ATAACG) ayant contribué au succès d’événements similaires les années passées, croit malgré tout de son devoir de s’arrêter sur cet événement qu’elle juge de dimension nationale.
En effet, le sujet de cette conférence a été d’une importance particulière puisqu’il s’agissait de préparer trois échéances cruciales pour la Tunisie, à savoir le prochain Sommet arabe en 2019, le prochain Sommet de la Francophonie en 2020 et l’adhésion de la Tunisie à un siège non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU pour la période 2020-2021. Cette mission a-t-elle été remplie ? Le doute est permis à en croire les informations qui ont filtré à ce sujet et les discours délivrés à l’ouverture et à la clôture de l’événement. La préparation de ces échéances a été en fait confiée à une « série de commissions» qui se réuniront ultérieurement. Dans quels délais, à quel niveau, quel y serait le rôle du Ministère des Affaires Etrangères…? Un effort associatif avait été fourni pour clarifier certains des aspects liés à ces échéances et pour présenter des suggestions. Ont-elles été ne serait-ce que considérées ? Il est toutefois heureux d’apprendre que M. Hafedh Béjar, ancien Ambassadeur et membre du Comité Directeur de l’ATAACG ait été chargé, à titre personnel, par la Présidence de la République de la préparation du prochain Sommet arabe !
Au cours de cette Conférence il semble en revanche qu’il a été beaucoup question de la « diplomatie économique » (ayant déjà fait l’objet central de la conférence de l’année dernière !), au même moment où plusieurs postes importants pour le succès de cette diplomatie restent sans titulaire. Il est vrai que ce problème « peut attendre » puisqu’on est apparemment à la recherche des meilleurs candidats dans la profession… ou en dehors. En effet, on semble vouloir revenir à la vieille tradition de nommer une proportion (devenue petit à petit une majorité) des chefs de postes diplomatiques et consulaires parmi les « politiques compétents qui sont tout aussi tunisiens que les autres… ».
Si, dans le passé, plusieurs de ces « politiques » étaient effectivement compétents et ont été d’un apport considérable à la diplomatie tunisienne, d’autres, plus nombreux, n’étaient en fait que des rescapés de remaniements ministériels qui leur avaient coûté leurs postes ou des « alliés » que l’on voulait récompenser ou éloigner pour quelque temps et qui voyaient la nomination à l’étranger comme un répit dans l’attente de jours meilleurs… Les critères d’une nomination à un poste aussi important de représentant plénipotentiaire de la Tunisie à l’étranger ne peuvent être seulement la compétence dans un domaine particulier ou l’appartenance à notre beau pays, mais plutôt la maîtrise du métier de la diplomatie dans sa complexité et sa polyvalence qui ne viennent qu’au bout d’une longue formation académique et pratique ainsi que d’une expérience prouvée dans des fonctions diplomatiques multiples à l’intérieur et à l’extérieur. La fonction d’ambassadeur est l’aboutissement d’une carrière et ne peut être son début ou un accident de l’histoire, sauf dans les cas très limités et très rares de spécialités pointues dont la Tunisie aurait besoin dans un pays donné et pour une période donnée. Faire fi de ces considérations, pour accommoder peut être la situation politique particulière qui règne actuellement dans le pays, ne rendrait pas service à notre diplomatie ni à ses objectifs, y compris en matière de coopération économique et financière !

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