Depuis la révolution, les tunisiens ont doublé leur demande de crédits bancaires...

Depuis la révolution, les tunisiens ont doublé leur demande de crédits bancaires et l’endettement familial est en hausse

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En décembre 2010, le montant total des crédits bancaires accordés aux familles tunisiennes était de 10.7 milliards de dinars. Fin mars 2017, il est passé à 20.8 milliards de dinars, soit près du double dans l’espace de six ans.

Ces chiffres publiés par la BCT (Banque Centrale de Tunisie) dévoilent l’ampleur du phénomène de l’endettement familial et les répercussions de l’inflation et de la hausse des prix sur le mode de vie des tunisiens.

En effet, les chiffres indiquent que près de 2.6 milliards de dinars, soit 12.8% des crédits demandés sont des crédits de consommation. Les crédits finançant l’achat d’une voiture sont estimés quant à eux à 2.93 millions de dinars, tandis que 17.7 milliards de dinars, soit 85% des crédits des familles tunisiennes financent généralement l’acquisition, la construction ou l’amélioration d’un logement.

Dans une déclaration accordée à la TAP, Tarek Ben Jazia, DG de l’INC (Institut National de la Consommation), a indiqué que les crédits orientés vers des besoins de consommation ont augmenté de 7% par an depuis 2010, indiquant un changement du mode de consommation tunisien et le développement de l’endettement familial. “Une part importante des crédits est désormais consacrée à la consommation quotidienne surtout ces dernières années”. A-t-il précisé.

Ainsi, le tunisien, tout en souffrant de la hausse des prix et de l’inflation, tend à améliorer ses conditions de vie et réserver une bonne part de ses biens aux loisirs et à la consommation, quitte à s’endetter. D’ailleurs, les sources d’emprunt familial sont diverses selon Ben Jazia, allant des caisses sociales aux amis et proches en passant par les fonds sociaux des entreprises. Les modes d’achat par facilité sont aussi en vogue et, dans les régions reculées, on parle d’achat à crédit de chez l’épicier du village ou les petits marchands.
En gros, 800 000 familles tunisiennes ont des crédits sur un total de 2.7 millions de famille, selon les statistiques de l’INC. Une étude réalisée par l’INC en 2015 sur un échantillon de 1022 familles a démontré que 36% des familles tunisiennes, comptent au minimum un membre qui rembourse un crédit.

L’achat ou l’acquisition d’une maison reste par ailleurs le souci numéro un du tunisien, reflétant son besoin de sécurité et la nécessité du point de vue social et économique à être propriétaire. En contrepartie, une baisse a été constatée du taux d’épargne qui est passé de 11.3% en 2010 à 8.8% en 2014.

Notons enfin que le DG de l’INC a suggéré à la BCT et son département spécialisé de traiter en profondeur ce phénomène d’endettement sur la base de données et d’une étude exhaustive afin de prévenir des risques liés aux facilités bancaires, aux ventes par facilité et aux crédits de consommation.

N.B

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