Aramco
REUTERS/Ahmed Jadallah/File Photo

Saudi Aramco, entreprise la plus rentable du monde en 2018

Un bénéfice de plus de 111 milliards en 2018 a fait de la compagnie nationale saoudienne du pétrole l’entreprise la plus rentable au monde. Elle l’est deux fois plus qu’un géant de l’électronique comme Apple. La publication des résultats de cette entreprise saoudienne, une première de la part d’Aramco, vise à « attirer les investisseurs, quelques jours avant le lancement d’un emprunt obligataire », explique la radio française RFI.

Un bénéfice à relativiser

« Pour les premiers résultats de son histoire, Aramco fait très fort, avec en 2018, plus de bénéfices que les cinq géants privés du pétrole réunis : ExxonMobil, Chevron, BP, Shell et Total », explique RFI. Pourtant, estime Philippe Sébille-Lopez, docteur en géopolitique, il faut relativiser la rentabilité de cette grande entreprise saoudienne. « Les bénéfices d’Aramco, dans la mesure où ces bénéfices sont directement corrélés aux prix du pétrole, n’étaient que de 10 milliards de dollars il y a deux ans, contre 111 milliards en 2018. L’Aramco a une production qui fait presque quatre fois celle de Total, mais à l’arrivée sa rentabilité est moindre à volume égal. »

Les chiffres globaux dévoilés demeurent tout de même impressionnants et tombent au bon moment : Aramco va en effet lancer un emprunt de 10 milliards de dollars sous forme d’obligations auprès des investisseurs, une formule préférée à celle de l’entrée en bourse et jugée moins contraignante par les spécialistes. « Il y a deux ans, les cours du baril étaient très bas donc l’Aramco avait besoin de beaucoup d’argent. Aujourd’hui les cours sont remontés et donc les besoins financiers immédiats du royaume, comme de l’Aramco, sont beaucoup moins importants, analyse Philippe Sébille-Lopez. D’où la formule choisie, une formule qui est aussi beaucoup moins contraignante. »

Rachat de Sabic

Cet emprunt obligataire a pour but, selon RFI, de compléter le financement nécessaire au rachat du leader saoudien de la pétrochimie Sabic, qui est l’une des dix premières entreprises mondiales de la chimie. Il s’agit d’un moyen pour Aramco de se diversifier dans l’aval pétrolier. La vente d’obligations à des investisseurs internationaux pour financer l’acquisition de ce rival, Sabic, sera opérée dans le cadre d’une transaction de 69,1 milliards de dollars, indique pour sa part le quotidien britannique The Guardian.

Si la taille d’Aramco dépasse de loin toutes les autres entreprises du monde, elle est également l’une des plus secrètes, sous la propriété de l’Etat saoudien, souligne encore The Guardian. C’est le plus grand fournisseur de pétrole de la planète, disposant d’un accès exclusif à la quasi-totalité des vastes réserves d’hydrocarbures de l’Arabie saoudite, qui comptent parmi les plus grandes du monde.

N.B., avec RFI et The Guardian

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