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Selma Feriani Gallery

Selma Feriani est « une voix pour l’art d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient », dit le New York Times

La galeriste tunisienne Selma Feriani gagne en notoriété aux Etats-Unis grâce au travail de valorisation de la production artistique arabe qu’elle mène cette année au sein de salon Art Basel Miami Beach, manifestation annuelle d’art contemporain qui se tient actuellement. Le New York Times explique que cette année, elle a choisi d’exposer l’artiste saoudienne Maha Malluh, dont le travail a porté au fil des ans un regard critique sur l’impact de la mondialisation et de la consommation sur la vie quotidienne en Arabie Saoudite et au Moyen-Orient.

« Selma est une personne vraiment fascinante qui a mis sur pied un programme artistique puissant, provenant principalement d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient », a ainsi déclaré Noah Horowitz, historien de l’art et directeur des Amériques pour le salon Art Basel à Miami Beach. « Alors que la majorité des artistes présentés à Miami viennent des Amériques, il est clair qu’avoir l’occasion d’accueillir une galeriste tunisienne travaillant avec une artiste saoudienne est vraiment intéressant. »

Le journal américain explique que cette manifestation artistique est l’occasion idéale pour que Mme Feriani, 38 ans, de présenter sa galerie basée à Tunis à un nouveau public à Miami Beach : « En plus de permettre à des artistes femmes de présenter leur travail, [Selma Feriani] présente également des œuvres liées au contexte politique et social du monde arabe, deux attraits particuliers pour elle. »

Promouvoir le travail artistiques des femmes

Née en Tunisie, Mme Feriani est devenue une cheffe de file mondiale dans la promotion d’artistes contemporains du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, non seulement en participant à des foires comme la FIAC (Foire internationale d’art contemporain) et l’Armory Show, mais également en collaborant avec des institutions lors d’expositions avec des artistes qu’elle représente. « J’aime les artistes qui travaillent réellement sur des moments historiques en proposant [de faire voir des choses cachées] ou à propos desquelles nous n’avons pas le droit de parler », a expliqué Mme Feriani au quotidien américain.

Des collectionneurs comme Adel Hamida, un dentiste de Tunis, ont été attirés par cette programmation. Ce qui l’intéresse chez elle, dit-il, c’est son approche particulière de la relation triangulaire entre la galerie, l’artiste et le collectionneur. Mme Feriani, a-t-il déclaré, « essaie toujours de me faire comprendre le mode de pensée des artistes et les différentes techniques qu’ils utilisent pour atteindre le mode d’expression idéal de leurs idées ».

Selma Feriani souhaite également créer une infrastructure artistique plus solide en Tunisie. Sans un musée d’art contemporain en Tunisie, et parce que de nombreux collectionneurs s’intéressent uniquement à l’art décoratif commercial, elle trouve essentiel de travailler étroitement avec les collectionneurs et les passionnés d’art sur l’éducation et l’engagement. « Elle a également œuvré à la formation d’une communauté artistique en proposant des résidences d’artistes et des espaces de studio gratuits où ils peuvent travailler sur différents projets », explique le New York Times. Et bien qu’elle ne travaille pas exclusivement avec des artistes femmes, Mme Feriani tient à les promouvoir. « Les artistes femmes ont moins de chance de montrer leurs œuvres que les hommes dans les expositions dans les musées et les galeries », a-t-elle déclaré. « Les femmes artistes proposent une interprétation critique mais poétique des choses. Elles ont leur propre façon de présenter les choses et de s’engager, mais aussi de traduire une situation en œuvre d’art », estime-t-elle.

Une passion transmise de mère en fille

Et c’est ce qui a animé la motivation de Mme Malluh de travailler avec Mme Feriani. « C’est une galeriste très compétente et expérimentée et qui sait très bien quel type d’art attirera ses clients », a expliqué Mme Malluh, citée par le média américain. Cet « œil » artistique qui convainc tant ses collaborateurs, elle l’a développé au fil des décennies, en grande partie grâce à sa mère, Essia Hamdi, une galeriste qui dirige la galerie Le Violon Bleu en Tunisie, où elle expose des pièces d’art moderne. « C’est elle qui m’a vraiment placée dans ce voyage, m’emmenant presque partout avec elle», a déclaré Mme Feriani.

Après avoir obtenu un diplôme en finance et travaillé dans la gestion d’actifs en Ecosse et à Londres, Mme Feriani a commencé à collectionner des œuvres d’art du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. « Mais elle a vite compris que les artistes qu’elle avait valorisés dans des expositions et dans ses ateliers n’étaient pas très bien représentés en dehors de leur région », explique le quotidien new-yorkais. « J’ai regardé autour de moi et j’ai réalisé que très peu de galeries montraient des artistes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord », a-t-elle déclaré. « Et j’ai alors pensé : ‘Pourquoi ne pas le faire?’ » C’est de ce constat qu’en 2009 est partie l’idée d’installer sa galerie à Londres, malgré le peu de contacts qu’elle avait alors en dehors du monde bancaire et financier.

« Hisser la scène artistique tunisienne à un autre niveau »

Au printemps 2013, elle décide de retourner en Tunisie pour être au plus près des attentes, des aspirations, mais également de la production des artistes tunisiens, et décide d’ouvrir une galerie dans la banlieue de Tunis. « L’idée pour moi d’ouvrir un espace d’exposition en Tunisie était de suivre les artistes afin de pouvoir faire progresser leur travail et le rendre universel », explique-t-elle encore au New York Times. « Je veux être une référence dans la promotion des artistes de notre région et, avec mes collaborateurs, hisser la scène artistique tunisienne à un autre niveau. »

N.B.

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