passé colonial
Sculpture de l'artiste belge Tom Frantzen montrant le roi Léopold II entouré d'animaux et des guerriers africains. La statue est située devant l'African Museum à Bruxelles. Photo prise le 22 janvier 2014. (FRANCOIS LENOIR / X01164).

Selon des experts de l’ONU, la Belgique doit présenter des excuses pour son passé colonial

« Nous exhortons le gouvernement à présenter des excuses pour les atrocités commises pendant la colonisation. » Le Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine a enquêté sur la position de la Belgique face à son passé colonial. Les conclusions de leur pré-rapport sont sévères, le royaume lutte peu contre le racisme, rapporte France Info.

« Le gouvernement belge doit adopter un plan d’action national complet contre le racisme », a affirmé Michal Balcerzack, le président polonais du groupe de travail. Il a ajouté lors de son discours : « C’est une évidence que la discrimination raciale est endémique dans les institutions belges. » Le groupe a indiqué dans ses recommandations que la Belgique doit « reconnaître l’ampleur réelle de la violence et de l’injustice de son passé colonial afin de s’attaquer aux causes profondes du racisme actuel auquel sont confrontées les personnes d’ascendance africaine », explique de son côté le Centre régional d’information des Nations unies pour l’Europe occidentale.

Programmes scolaires biaisés

Le travail de mémoire belge est insuffisant en regard du passé colonial du pays et de l’ampleur des violences commises lors de la période coloniale. Les rapporteurs pointent par exemple du doigt des programmes scolaires biaisés qui « ne reflètent pas de manière adéquate l’histoire de la colonisation ». « Là où le programme existe, il semble récapituler la propagande coloniale, y compris la suggestion que le développement économique est venu en Afrique à la suite de la colonisation », poursuit le rapport cité par France Info.

« Pour clore le chapitre sombre de l’Histoire, la réconciliation et la guérison, il est impératif que les Belges doivent enfin affronter et reconnaître le rôle joué par le roi Léopold II et la Belgique dans la colonisation et son impact à long terme », disent les experts.

Le tout nouveau Africa Museum de Bruxelles s’est lui aussi attiré les critiques des rapporteurs. « L’ancien Musée royal de l’Afrique centrale n’avait pratiquement pas évolué depuis les années cinquante et subissait des critiques de tous horizons. Désormais rénové et renommé, il revendique un regard critique sur la période de la colonisation », explique France Info. En effet, « le grand défi de la rénovation était d’exposer une vision contemporaine et décolonisée de l’Afrique », lit-on sur le site du musée. Toutefois, ce musée doit « supprimer toutes les expositions racistes offensantes » et veiller à « garantir des explications détaillées et un contexte permettant d’informer et d’éduquer les visiteurs sur l’histoire coloniale de la Belgique et son exploitation de l’Afrique », pointent les rapporteurs.

Enfin, ces derniers s’en sont pris aussi à Tintin, héros national. France Info explique que la republication de Tintin au Congo « ne trouve pas grâce aux yeux des experts », car elle perpétue « les stéréotypes négatifs et devrait être supprimée ou contextualisée ». Ce rapport est un « appel à se réveiller » lancé à la société belge, selon les mots d’une des expertes de l’ONU, l’Américaine Dominique Day.

Le Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine a été créé le 25 avril 2002 par la Commission des droits de l’homme à la suite de la Conférence mondiale contre le racisme qui s’est tenue à Durban (Afrique du Sud) en 2001. Il est composé de cinq experts indépendants : M. Michal Balcerzak (Pologne), président-rapporteur actuel ; M. Ahmed Reid (Jamaïque) ; Mme Dominique Day (Etats-Unis) ; M. Sabelo Gumedze (Afrique du Sud) et M. Ricardo A. Sunga III (Philippines). Ce groupe de travail a séjourné en Belgique pendant une semaine en février 2018. Son étude l’a mené dans les grandes villes du pays.

N.B.

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