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© FG Trade/Getty Images

Selon l’UNESCO, une langue disparaît toutes les deux semaines

Le constat de l’Organisation des Nations unies est amer : une langue disparaît toutes les deux semaines, mettant en danger la diversité linguistique et culturelle dans le monde. C’est pourquoi l’ONU célèbre les langues autochtones à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle. Une Journée qui trouve son origine au Bangladesh, il y a près de 70 ans.

« Nous devons protéger notre patrimoine, notre culture et notre existence », a plaidé l’ambassadeur et représentant permanent du Bangladesh aux Nations unies Masud Bin Momen. C’est son pays qui a « exercé avec succès des pressions sur l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1999 en vue de créer la Journée internationale de la langue maternelle », rappelle ONU Info. L’Assemblée générale des Nations unies a officiellement reconnu cette Journée en 2008.

« Les origines de la Journée datent de bien avant le 21 février 1952, mais ont été renforcées ce jour-là lorsque des étudiants de l’Université de Dacca et d’autres militants ont protesté contre une ordonnance du gouvernement déclarant l’ourdou comme seule langue nationale. Le Bangladesh à l’époque faisait partie du Pakistan. La manifestation meurtrière provoqua des troubles généralisés, qui aboutirent en 1956 à ce que le Bengali obtienne le statut officiel », rappelle l’ONU dans un communiqué publié hier.

Célébrer le multilinguisme

M. Momen a précisé que la Journée internationale de la langue maternelle célébrait également le multilinguisme dans le monde entier, et visait à promouvoir plus de tolérance et un monde où l’harmonie serait fondée sur la diversité, celle-ci n’étant « nullement préjudiciable pour les citoyens du monde », mais constituant au contraire « un puissant instrument ».

Un événement spécial a ainsi été organisé ce jeudi 21 février à New York, par le Bangladesh, le Guatemala, le Mozambique, le Nigéria et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en collaboration avec le Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences des Nations unies (DGACM), le Département de la communication globale (DCG), l’Administration postale des Nations unies et le bureau de liaison l’UNESCO à New York.

Disparition rapide des langues

La célébration de la Journée permet de rappeler, souligne l’ONU, que plus de 43 % des quelque 6000 langues parlées dans le monde sont menacées de disparition. Seules plusieurs centaines de langues sont véritablement valorisées dans le système éducatif et dans le domaine public, et moins d’une centaine sont utilisées dans le monde numérique, prévient l’organisation mondiale.

La diversité culturelle, la promotion de l’éducation pour tous et le développement de sociétés du savoir sont des éléments importants qui guident l’action de l’UNESCO, pour laquelle il n’est pas possible d’atteindre ces objectifs « sans un engagement de l’ensemble de la communauté internationale à promouvoir le multilinguisme et la diversité linguistique, et notamment de préserver les langues menacées de disparition ».

Les langues constituent les instruments « les plus puissants pour préserver et développer le patrimoine matériel et immatériel ». La promotion de la diffusion des langues maternelles ne sert pas uniquement à encourager la diversité linguistique mais aussi à « sensibiliser davantage aux traditions linguistiques et culturelles du monde entier et à inspirer une solidarité fondée sur la compréhension, la tolérance et le dialogue ».

40 % des habitants de la planète n’ont pas accès à un enseignement dans une langue qu’ils parlent ou qu’ils comprennent

Mais la diversité des langues est de plus en plus menacée à mesure que certaines d’entre elles disparaissent, avertissent les Nations unies. Et 40 % des habitants de la planète n’ont pas accès à un enseignement dans une langue qu’ils comprennent. L’ONU constate toutefois que des progrès ont été enregistrés dans le domaine de l’enseignement multilingue basé sur la langue maternelle et souligne un début prometteur de prise de conscience de son importance, « en particulier pour les enfants d’âge préscolaire ».

« Les sociétés multilingues et multiculturelles existent à travers leurs langues, qui transmettent et préservent les savoirs et les cultures traditionnels de manière durable », plaide encore l’ONU.

N.B., avec ONU info

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